SYLVANIE

 Comté de Sylvanie, attaché au Grand Comté de Stirland

WFB4 LA Mort-vivants p24 à 29 et Les maîtres de la nuit p80 et suivantes

Géographiquement, la Sylvanie est située à l'est de l'Empire, au sud de la rivière Stir, collée contre les Montagnes du Bout du monde.

Politiquement, la Sylvanie est généralement associé au Stirland dont elle forme les marches est.

Vous avez ci-contre une bannière de la Sylvanie selon Uniforms & Heraldry of the Empire (p57).

Il convient toujours de lire le background des "comtes vampires" avec une lunette réductrice en gardant à l'esprit que les vampires sont "très rares" (Bestiaire WFB2).

Le Stirland a annexé la Sylvanie en 2145 CI après avoir vaincu ses armées. En 2158, Gottlieb le Rigoriste y mena une grande purge et les répurgateurs fouillèrent la contrée de fond en comble. Enfin, Mannfred von Carstein n'est ressucité qu'en 2503 après plus de trois siècles de domination stirlandaise. On a du mal à croire que moins de 20 années plus tard, les vampires y pullulent.

"C'est un pays hostile, toujours plongé dans la brume et la pénombre, où des châteaux abandonnes vous toisent, pleins de haine, tels des ogres affamés le long d'une route lugubre, où des villageois menaçants, dont certains présentent les stigmates évidents de mutations, bafouillent de vagues conseils sur les dangers à se risquer dehors la nuit, et où, un soir, un homme à l'allure noble, au visage blafard et aux yeux rouges, nous avait étudié, comme l'aurait fait un épicurien bretonnien en examinant son prochain repas, cache par les rideaux de son carrosse noir. En le voyant, une étrange prémonition me traversa l'esprit, notre voyage risquait de mal tourner. Je fis part de mes préoccupations à mon compagnon mais, comme toujours, il se moqua de mes prémonitions désastreuses et en revint à ses classiques remontrances sur le courage de la race humaine. Je ne prends nul plaisir dans le fait que les événements, qui suivirent prouvèrent que mes craintes étaient fondées. De tous les terribles pays que j'ai traversé, je n'hésite pas un instant à affirmer que la Sylvanie est de loin le plus affreux."

Extrait de "Mes Voyages avec Gotrek Vol. IV " par Félix Jaeger. Presses d'Altdorf. 2505.

 

À la frontière orientale du Stirland, dans les brumes glaciales des contreforts des Montagnes du Bord du Monde, se trouve la Sylvanie, la région la plus mal famée de l'Empire. Ce pays de landes lugubres et de forêts brumeuses est redouté par tout voyageur sensé. Nul homme sain d'esprit ne s'y aventure après la tombée de la nuit et aucun chevalier se livrant à une quête, aucun pèlerin épuisé n'acceptera de passer la nuit dans un des châteaux lugubres qui jalonnent la campagne. La nuit, les paysans se barricadent chez eux, disposant des fagots mortuaires et des racines sorcières sur leurs volets dans le vain espoir que ces végétaux vont les protéger des créatures qui hantent la nuit.

Les sorciers affirment que les vents de la Magie Noire soufflent très fort en Sylvanie et que toutes les places fortes de la noblesse sont érigées sur des sites de triste renommée. Même les collecteurs d'impôts du comte électeur de Stirland, réputés pour leur brutalité, portent des amulettes bénies par les prêtres de Mórr et de Sigmar et se promènent en nombre lorsque leur seigneur les oblige à percevoir des taxes en ces lieux maudits.

Aussi loin que remonte la mémoire des hommes, on raconte d'horribles histoires au sujet de la Sylvanie et, lorsqu'un conteur de taverne raconte une histoire sinistre, il y a de bonnes chances pour qu'elle prenne place dans cette région de superstitions. Il y a ici plus de terribles légendes que dans toutes les provinces de l'Empire réunies et, pour la plupart, elles découlent de la sinistre vérité. C'est un pays où les esprits tourmentés, les vampires avides de sang et les sorciers maléfiques errent sous les pâles reflets de la lune. Seuls les plus braves osent parcourir cette région, et seulement pour des motifs impérieux.

À l’est, la Sylvanie est bordée par les Montagnes du Bord du Monde, mais dans les autres directions ses frontières sont beaucoup moins nettement définies. La ligne qui sépare la Sylvanie du Stirland, à l’ouest, a été redessinée à chaque nouvelle déclaration d’indépendance ; à certaines époques, elle s’étendait des contreforts des collines Hantées au village abandonné de Murieste. Actuellement, elle court des ruines de Mordheim à la limite du marais de Bylorhof. Au nord, le Stir constitue une frontière naturelle avec l’Ostermark. Au sud, la Sylvanie se termine en lisière d’une région stérile historiquement revendiquée par l’Averland mais qui est actuellement détenue par le Stirland ; cependant ces deux grandes provinces ne se préoccupent guère de ce territoire, du fait de la sinistre réputation de cette contrée, avec ses marécages puants et ses collines incultes et broussailleuses. Le coin sud-ouest de la Sylvanie s’enfonce dans le Mootland ; cette frontière, bien que courte, est surveillée jour et nuit par les sentinelles halflings.

L’ombre déchiquetée des montagnes s’étend sur cette terre ténébreuse, balayée par les vents glacés qui descendent de leurs sommets. C’est un pays où les hivers rigoureux recouvrent la terre d’un tapis d’un blanc éblouissant .En plein hiver, sortir après le coucher du soleil signifie presque assurément la mort mais, à vrai dire, il n’est pas beaucoup plus sûr de sortir de nuit durant l’été sylvanien.

Avec les vents et la neige, des tempêtes descendent fréquemment des montagnes.Tout ceci contribue à faire de la Sylvanie une contrée humide, parsemée de tourbières, de marécages et de landes désolées : la lande Funeste et la lande Ténébreuse en lisière sud du bois Sinistre, le marais de Bylorhof, les Morrfenn et les étendues putrides de Hel Fenn qui virent la défaite de Mannfred von Carstein. Durant des siècles, les Fennones de l’antiquité ont disposé de leurs morts dans ces étendues marécageuses et c’est de là que viennent un bon nombre des soldats morts-vivants des von Carstein. Malgré l’instabilité du terrain et la menace omniprésente des morts-vivants qui les rendent si dangereuses à visiter, les Sylvaniens sont bien obligés de s’y rendre périodiquement car ils y trouvent la tourbe qui leur permet de fertiliser leurs champs et d’alimenter leurs feux l’hiver. On y trouve également des baies comestibles, telles que l’airelle des bouviers au goût sucré.

En Sylvanie, les bois du sud de l’Empire deviennent des forêts denses, ombreuses, parcourues par de grandes meutes de loups énormes et perpétuellement affamés. Au nord-ouest, on trouve le Verhungern, aussi appelé bois de la Famine, aux frondaisons tellement entremêlées qu’il y règne une nuit permanente sous laquelle poussent quantité d’étranges champignons. Au nord-est, le bois Sinistre est hanté par un monstre invisible qui ne s’attaque qu’aux jeunes filles qui osent y pénétrer. Au sud, le bois des Goules serait sous le contrôle d’un vampire strigoi ayant décidé de s’allier aux von Carstein en leur prêtant le concours de ses mangeuses d’hommes.

Le pays présente également une chaîne de collines crayeuses dont le seul mérite est d’être propices à l’élevage des moutons, les tertres Chancreux au nord-est, qui descendent jusqu’aux collines Hantées à l’ouest.Toutefois, même quand elle n’est pas majoritairement constituée de craie, la terre de Sylvanie est généralement peu généreuse, pauvre, inféconde, et les paysans doivent lutter durement pour parvenir à lui extorquer de quoi survivre. 

HISTOIRE DE LA SYLVANIE

On ne sait pas grand-chose de la tribu Fennone qui vécut dans la région qui devait plus tard devenir la Sylvanie. C’étaient des gens étranges, secrets, qui parlaient leur langue propre et avaient très peu de contacts avec les autres tribus ou les nains de Zhufbar. Ils n’ont rejoint l’Empire de Sigmar qu’au moment de l’élargissement des frontières, des siècles après sa fondation, lorsque celui-ci a finalement empiété sur leurs territoires. Leur langage a subsisté jusqu’à nos jours, comme une seconde langue généralement utilisée par les autochtones en présence d’étrangers à l’allure suspecte.

À l’époque où la Sylvanie faisait partie du Stirland, les populations de ces deux provinces se sont mêlées, mais les Stirlanders ont coutume de dire que le sang fennone l’a emporté chez leurs austères cousins sylvaniens. De sombres rumeurs circulèrent : on disait que les Sylvaniens s’adonnaient à la magie. Les vents soufflent vigoureusement sur la Sylvanie et il ne s’agit pas uniquement de la bise glacée qui descend des Montagnes du Bord du Monde. Les demeures des nobles sylvaniens sont souvent bâties sur les sites d’anciennes pierres gardiennes marquant des points de focalisation d’énergie magique, mais on ignore au juste pour quel usage.

La peste de de 1111 CI et Frédéric van Hal

Les plus anciennes informations sur le caractère maléfique de cette région remontent à avant la grande peste de 1111, lorsque même les skavens n'osèrent s'aventurer dans les forêts de Sylvanie par peur des armées de morts-vivants qui y rôdaient. On dit que la nuit de Geheimnisnacht de 1111, Mórrsleib émit une lueur maléfique et qu'une pluie de météorites tomba sur la Sylvanie. Les astrologues et les devins avaient prédit cette catastrophe. Cette pluie de météorites était annonciatrice de sombres présages.

C'est en 1111 que les premiers morts vivants apparurent en Sylvanie. Des corps en putréfaction, marqués des stigmates de la peste refusaient de reposer dans leurs tombes. Des pères décédés venaient réclamer leurs enfants. Même les goules s'enfuirent des cimetières et des caveaux où les morts refusaient de se tenir tranquilles.

Bientôt des nuées de cadavres en décomposition arpentaient le pays, ne manquant que d'une volonté pour les guider. Ils la trouvèrent en la personne de Frédéric van Hal, plus connu par la suite sous le nom de Vanhal. Il imposa sa volonté à l'immense armée de morts-vivants et conquit le pays que l'on appela plus tard la Sylvanie. Il construisit une citadelle à Vanhaldenschlosse, site en ruines qui aujourd'hui encore est soigneusement évité.

À l'ère des morts, les skavens tenaient l'Empire vacillant dans leurs griffes et seule leur détermination permit de contenir l'expansion de Vanhal. Les morts vivants et les skavens passaient leur temps à se faire la guerre, ce qui allait causer la défaite des deux camps. Vanhal fut assassiné par son disciple jaloux Lothar von Diehl, qui fut lui-même chassé de Vanhaldenschlosse par des chevaliers noirs menés par le fantôme de son maître. Après la disparition de von Diehl, les armées de morts-vivants errèrent sans but, exterminant les vivants avant de finir mises en pièces par leurs ennemis successifs : humains, skavens et orques.

L'Empire mit plusieurs siècles à se remettre complètement de la terrible épidémie de Peste Noire. La Sylvanie, elle, ne s'en releva jamais véritablement. La population fut réduite à un dixième de ce qu'elle avait été et l'importance des mutations et des maladies y resta plus grande que n'importe où ailleurs dans l'Empire. De plus, après la Grande Peste, les morts de Sylvanie firent preuve d'une fâcheuse tendance à ne pas demeurer dans leurs tombes. De telles choses engendrèrent certaines coutumes célèbres de Sylvanie, dont l'une consiste à enterrer les morts face contre terre car s'ils se réveillent et se mettent à creuser, ils creusent vers les entrailles de la terre et ne sortent pas.

Dans les années qui suivirent la Grande Peste, la Sylvanie acquit une sinistre réputation. Les paysans devinrent célèbres pour leur caractère taciturne confinant à la stupidité. La terre, rare et pauvre, donne les plus faibles récoltes de tout l'empire. La famine et les fléaux y sont monnaie courante. Quelques marchands font du commerce dans cette région mais il n'y a pas beaucoup d'argent à faire. Seuls les hors la loi les plus fatalistes se réfugient dans ces forêts hantées.

Otto von Drak

La maison régnante des von Drak était génétiquement faible, fainéante et décadente, peu encline à l'accomplissement de son devoir féodal. On dit que c'est la seule famille de la noblesse impériale à ne pas avoir envoyé au moins un de ses fils en croisade contre l'Arabie. Les autres nobles de la région ne valaient guère mieux. Beaucoup étaient violents, corrompus et cruels, passant leur temps à se battre entre eux au mépris de toute autorité supérieure. Le reste était des couards invétérés sans aucun goût pour la guerre ou les autres tâches de la noblesse.

La Sylvanie devint une région maudite, fuie par le reste de l'humanité et où les êtres les plus démoniaques vaquaient sans obstacles à leurs occupations. Elle attirait les sorciers maléfiques comme un aimant et ils pouvaient ainsi continuer à étudier la Magie Noire sans crainte des autorités. Parfois, de sombres rumeurs attiraient l'attention d'un inquisiteur ou d'un ordre de moines soldats particulièrement virulents qui se décidaient à nettoyer la forêt, chose pour laquelle la noblesse locale n'éprouvait aucun intérêt. Le reste du temps la lente progression des pouvoirs du mal passait inaperçue. Le Grand Théogoniste Jurgen VI appela à la grande croisade contre la Sylvanie. Hélas, cela se passait à l'époque des trois empereurs, trois prétendants au trône, et l'Empire était par conséquent trop fragmenté pour répondre à cette croisade. Ainsi les von Drak gardèrent-ils leur suzeraineté négligente sur leur lugubre pays.

Le moment le plus sombre de cette période se produisit quelques siècles plus tard, lorsque Vlad von Carstein prit le pouvoir en Sylvanie. Les récits sur la façon dont le premier comte vampire arriva au pouvoir sont des plus cruels. Cela commença par une terrible nuit de tempête : Otto le Fou, dernier des von Drak, reposait sur son lit de mort, maudissant tous les dieux de ne pas avoir d'héritier mâle. Il jura qu'il était prêt à marier sa fille Isabella à un démon du Chaos plutôt que de laisser Léopold, son frère qu'il détestait, hériter du royaume. Il avait déjà refusé sa main à tous les nobles de Sylvanie dont il se méfiait et aucun noble de haute lignée de l'extérieur ne voulait épouser l'héritière de cette province maudite.

Otto était un homme cruel, enclin à empaler la tête d'un paysan sur une pique au moindre prétexte, et lorsqu'il était ivre, il était convaincu d'être Sigmar réincarné. Ses vassaux n'avaient aucun respect pour son autorité et faisaient peu de cas de ses ordres. Toute la province était en proie à la guerre civile et, sur son lit de mort, cet homme malfaisant ne se repentait pas et maudissait les dieux.

À l'extérieur, la tempête faisait rage et les éclairs déchiraient les ténèbres. Victor Guttman, le très vieux prêtre de Sigmar avait été appelé pour confesser le comte mourant. Soudain du cœur de la tempête, on entendit un bruit. Un carrosse s'arrêta devant le château, une puissante main frappa à la porte et une voix fière et glaciale demanda audience.

La porte s'ouvrit à toute volée avant même qu'un homme d'arme n'y touche et le visiteur apparut. Les chiens cessèrent d'aboyer et allèrent se cacher. L'étranger était grand, la mine sombre, l'air fier et le port altier. Nul n'osa l'empêcher de se diriger vers la chambre du comte. Son accent était étranger, peut-être de Kislev. Il déclina ses antécédents généalogiques et revendiqua la main de la fille d'Otto. Fixant les yeux froids de l'étranger, le comte regretta sans doute son serment hâtif mais il ne trouvait rien à reprocher à cet homme. Le prêtre célébra le mariage avant le décès du vieil homme, devant son lit de mort. Puis Otto expira, laissant sa fille à la charge de Vlad von Carstein. Le premier acte du comte fut de jeter Léopold, qui se plaignait, par la fenêtre de la plus haute tour du château Drakenhof.

Vlad semblait au moins aussi excentrique que le vieil Otto. Il ne mangeait jamais en présence des serviteurs. Il ne sortait jamais le jour. Personne n'avait revu Viktor Guttman. Bientôt, la plupart des vieux serviteurs du château furent congédiés et remplacés par de mystérieux étrangers venu de l'est. Malgré tout le nouveau comte semblait moins oppressif que son prédécesseur et le peuple continuait à vaquer à ses occupations, ignorant les étrangers encapuchonnés qui se rendaient souvent au château. Les années de règne des von Drak leur avaient appris à ne pas discuter les décisions des seigneurs. Au moins le comte ne faisait-il pas procéder à des exécutions iniques et ne réclamait aucune taxe exorbitante à ses sujets, comme le faisait trop souvent son prédécesseur.

En outre, personne ne doutait de la valeur du comte en combat. Lorsque la compagnie de Bernhoff le Boucher avait investi la ville en réclamant un tribut, le comte avait coupé le mercenaire en deux, comme un gringalet, alors que la fripouille était un guerrier renommé. Ensuite il entreprit d'exterminer seul tous les mercenaires de la bande tandis que sa garde le regardait faire, ne prenant pas part au massacre. La popularité du comte était désormais assurée. Dans son royaume, les lois étaient respectées, les coupables punis et les bandits emprisonnés.

Des rumeurs selon lesquelles Isabella aurait lentement succombé à une maladie incurable finirent par atteindre le village. Les praticiens qui s’étaient occupé d'elle prétendaient que son cœur s'était arrêté de battre et qu'elle était donc morte. Le comte prétendit qu'il n'en était rien et congédia les médecins, affirmant qu'il s'occuperait d'elle lui-même. Trois jours plus tard, elle apparut à son peuple à qui elle annonça qu'elle était parfaitement remise. Cela semblait vrai, même si par la suite elle conserva son teint pâle et ne sortit plus de sa chambre que la nuit.

Vlad von Carstein (1797 - 2051 CI )

Au début, aucun des nobles de Sylvanie ne prêta beaucoup d'attention au nouveau comte dont ils étaient néanmoins les vassaux. Ils étaient bien trop occupés par leurs propres querelles et rivalités pour écouter les édits de celui qu'ils considéraient comme un usurpateur. Si cela ennuyait Vlad von Carstein, il n'en laissait rien paraître. Il reconstruisait lentement un état qui avait souffert de longs siècles de négligence. Tel un fermier qui vient d'acquérir un troupeau de bétail, il ne prêtait attention qu'à la façon de s'occuper de ses terres. Il chérissait ses métayers, comme un paysan peut soigner un animal qu'il élève en vue d'un repas de fête. Après les décennies du règne d'Otto le Fou, tout cela était assez bien accueilli. Mais bientôt, des choses inquiétantes commencèrent à arriver.

Des jeunes habitants et habitantes des villages environnants commencèrent à disparaître. Des armées de morts vivants se formèrent peu à peu. Ce n'étaient au début que de petites bandes qui ne s'en prenaient à aucune des possessions du comte mais dévastaient les terres de quiconque osait bafouer son autorité. Les sylvaniens rebelles dont les morts vivants ne venaient pas à bout étaient victimes d'étranges accidents.

Le baron Heinz Rothermeyer fut dévoré par les loups. Le baron Pieter Kaplin fut retrouvé mort dans sa chambre, les yeux grands ouverts et les cheveux entièrement blancs, il était de toute évidence mort de peur. Sa femme devint folle et mourut peu après. Le seigneur brigand Boris Takenit fut retrouvé pendu à un arbre, le corps entièrement vidé de son sang. Seuls ceux qui avaient prêté allégeance au comte Vlad von Carstein semblaient à l'abri de ce genre de mésaventures. Bientôt, les nobles renégats vinrent faire la queue pour prêter serment. En moins d'une dizaine d'années, et apparemment sans le moindre recours à la force, von Carstein avait assuré sur la Sylvanie, réputée rebelle, un contrôle plus important que certains comtes électeurs sur leur propre province.

Les années passaient. Plusieurs générations de paysans étaient nées, avaient vécues et étaient mortes au pied de Drakenhof. Mais Vlad et Isabella von Carstein continuaient à régner, apparemment insensibles à l'empreinte du temps. Au début, très peu prêtèrent attention à leur exceptionnelle longévité. La vie des paysans avait toujours été courte, brutale, pénible et les nobles avaient toujours vécu plus vieux. Mais, lorsqu'un jour la plus vieille femme de Drakenhof clama que sa grand-mère n'était qu'une petite fille lorsque Vlad von Carstein était arrivé, même les paysans de Sylvanie les plus obtus finirent par comprendre qu'il y avait quelque chose de louche.

De plus en plus de chasseurs de sorcières arrivaient en Sylvanie. Ceux qui enquêtaient sur les von Carstein disparaissaient. Et le pire était à venir. Bientôt, tous les châteaux furent habités par des noctambules sans âge. Le nombre des vivants qui disparaissaient s'accroissait. Les temples de Sigmar étaient fermés. Des guetteurs étaient postés aux frontières et rares étaient ceux qui obtenaient le droit de passer. Plus que tout autre état de l'Empire, pourtant en pleine division, la Sylvanie vivait en retrait du monde.

À Geheimnisnacht de l'année 2010 après la naissance de Sigmar, la terrible vérité au sujet de Vlad von Carstein fut révélée, lorsqu'il se tint sur les remparts de la forteresse de Drakenhof et entonna une incantation sortie tout droit de l'un des Neufs Livres de Nagash. À travers tout le pays, les morts se levèrent. Les squelettes s'extirpaient du sol de Sylvanie, les zombies quittaient leurs cryptes, les goules accouraient au service de leur nouveau maitre. Von Carstein avait jeté le gant aux trois empereurs. Les guerres des comtes vampires commencèrent.

Les armées de Sylvanie se dirigèrent vers Talabheim, capitale d'Ottilia, prétendante au trône impérial. L'armée de morts vivants était immense. L'aristocratie des vampires de Sylvanie menait des hordes de squelettes et de zombies. Les paysans enrôlés marchaient aux côtés de leur seigneur, comme ils l'auraient fait pour n'importe quel suzerain. Ces dégénérés étaient accompagnés de goules, de revenants et autres créatures sinistres. A la bataille du gué d'Essen, ils écrasèrent l'armée d'Ottilia, mettant en déroute les humains. Avant la bataille, von Carstein avait promis aux humains la clémence s'ils se rendaient et aucune pitié s'ils résistaient. Il n'avait qu'une parole. Ses serviteurs exécutèrent tous les prisonniers et von Carstein réanima leurs cadavres.

En regardant ses hommes être exécutés, Hans Schliffen, le général des armées d'Ottilia, perdit la raison et céda à une rage incontrôlable. Se libérant de ses geôliers, il se saisit de l'épée du comte et lui trancha la tête avant d'être démembré par ses serviteurs. Les vampires se querellèrent pour savoir qui allait prendre la succession de von Carstein. Hermann Posner l'emporta sur les autres. Au cours de la nuit qui suivit, alors qu'il caracolait à la tête des armées de morts vivants, von Carstein revint. Posner prétendit qu'il s'agissait d'une ruse et von Carstein l'abattit d'un coup d'épée. Ce n'était pas la première fois que l'insaisissable comte revenait d'entre les morts.

À la bataille de Schwarthafen, Vlad fut abattu par Jerek Kruger, maître des chevaliers du Loup Blanc et les morts vivants furent mis en déroute par le comte électeur de Middenheim. Moins d'un an après, Vlad von Carstein menait une autre armée et le corps de Kruger fut retrouvé broyé et exsangue au pied de la tour de Middenheim. À la bataille de Bluthof, il tomba, percé de cinq lances et le Croc Runique du comte d'Ostland lui perça le cœur. Trois jours plus tard, il ordonnait la crucifixion de prisonniers devant les portes de la ville. Au pont de Bögenhafen, un coup de canon heureux décapita litérallement von Carstein. Dans l'heure qui suivit, les servants du canon furent tués et le village brûlé. Les impériaux étaient terrorisés par l'idée de combattre un ennemi qui semblait invincible.

Au cours de l'hiver 2051, les sylvaniens mirent le siège devant Altdorf. La cité avait été entourée par un fossé dont les bords avaient été hérissés de pieux effilés sur tout le pourtour de la cité. Le cours du Reik avait été détourné afin de se déverser dans les douves et d'y créer un fort courant. Aucune des précautions prises par les défenseurs ne furent efficaces. Rien ne stoppait les Sylvaniens. Les crânes hurlants expédiés par des catapultes faites à partir d'os humains terrorisaient les habitants. De grosses machines de sièges roulaient pesamment, actionnées par la Magie Noire. Des charognards planaient lentement au-dessus de la ville. Von Carstein donna son ultimatum habituel : ouvrir les portes de la cité et le servir de son vivant ou le combattre et le servir dans la mort. Toute la population, y compris Ludwig, le prétendant au trône, voulait se rendre mais Wilhelm III, le Grand Théogoniste l'en empêcha. Il se retira alors dans le grand temple de Sigmar et, après trois jours de jeûne et de prières, il émergea en prétendant que Sigmar lui avait révélé le moyen de sauver l'Empire. En effet, il affirmait connaître à présent la source de l'immortalité de von Carstein.

Ce jour-là, il envoya un de ses agents dans le campement du comte vampire. Son nom était Félix Mann et il était le plus grand voleur de son époque. On lui avait promis l'amnistie et il était de plus protégé par un charme que lui avait lancé le Grand Théogoniste. Il devait voler l'anneau du comte. Avec ruse et habileté, Mann parvint à s'infiltrer au coeur du camp adverse. La peur au ventre, il pénétra dans le pavillon en soie noire dans lequel les aristocrates morts vivants se reposaient dans leurs cercueils. Leur confiance était telle qu'il n'y avait aucun garde. Mann ôta l'anneau du doigt du comte et s'enfuit. Mais il ne revint pas et nul ne sait ce qu'il advint de lui et de l'anneau des Carstein.

Lorsqu'il se réveilla, von Carstein entra dans une colère démentielle. Il ordonna d'attaquer la cité immédiatement. Les morts-vivants se mirent en marche. Les grandes tours de siège en os arrivèrent aux murs. Sur les remparts d'Altdorf, les défenseurs se tenaient résolument prêts. Les hallebardiers repoussaient les échelles de siège et les zombies tombaient et se démembraient en touchant le sol. Squelettes et fantassins se battaient farouchement sur les remparts. Les héros impériaux équipés de formidables armes magiques taillaient en pièces les aristocrates vampires avant de se faire massacrer.

Au cœur de la mêlée, loin au-dessus de la cité, le Grand Théogoniste affrontait le comte vampire. Ce combat était d'une intensité rarement atteinte. Les deux combattants échangeaient des coups d'une violence inouïe. Après une heure de combat ininterrompu, Vlad commença à prendre le dessus. Se sentant en danger, Wilhelm chargea son ennemi et le poussa par-dessus les remparts. Les deux guerriers tombèrent ensembles, soudés dans une étreinte fatale. Vlad atterrit le premier et s'empala sur un épieu de bois et Wilhelm lui tomba dessus, l'empalant encore plus profondément. Le comte succomba clans un dernier cri déchirant, car sans le pouvoir de son anneau magique pour le ressusciter, il devenait mortel.

Konrad von Carstein (2094 - 2121 CI)

Avec la mort de von Carstein, les sylvaniens durent battre en retraite. Plus de la moitié des vampires étaient morts mais les pertes infligées aux habitants d'Altdorf étaient telles qu'une poursuite n'était pas à craindre. Le Grand Théogoniste Wilhelm fut enseveli dans les murs du temple de Sigmar et aujourd'hui encore, les hommes lui adressent des prières lorsque les morts vivants menacent le pays. Dans un coffret en ébène cerclé de fer, trouvé dans les restes du pavillon de soie noire, on trouva une copie des Neufs Livres de Nagash et le sinistre Liber Mortis. Ils furent rapidement mis sous clé dans le temple de Sigmar. La dernière victime des combats fut Isabella von Carstein. Apparemment incapable d'affronter l'éternité sans son époux, elle s'empala sur un pieu et s'évanouit en poussière devant les yeux du soi-disant empereur et de ses gardes du corps. Ludwig aurait voulu mener la poursuite jusqu'en Sylvanie mais les armées des deux autres prétendants se liguèrent contre lui, craignant qu'il n'exploite sa récente popularité, acquise en tant que vainqueur et sauveur d'Altdorf, et n'en profite pour revendiquer le trône. Ainsi, les seigneurs maléfiques de Sylvanie obtinrent un répit salutaire pour regrouper leurs forces.

Pendant un moment, il ne fut pas certain qu'ils puissent y arriver. Parmi les vampires il eut des contestations pour savoir qui serait l'héritier de Vlad von Carstein, il y avait cinq prétendants au titre : Fritz, Hans, Pieter, Konrad et Mannfred. Tous pouvaient revendiquer la succession au même titre car Vlad les avait associés à sa malédiction. Aucun vampire n'avait de meilleurs motifs de prétention. Une féroce lutte d'influence s'engagea pour savoir qui serait le nouveau comte. Tout cela entraîna des accidents regrettables. Fritz fut tué en assiégeant Middenheim. Hans fut tué par Konrad au cours d'une querelle qui avait pour but de déterminer lequel des deux était le plus fort. Pieter fut capturé dans son cercueil par le chasseur de vampires Helmut van Hal, lointain descendant du célèbre Vanhal, qui cherchait à racheter les crimes de son ancêtre.

Konrad von Carstein était fou. Même lorsqu'il faisait encore partie des vivants, il avait la réputation d'être un boucher sanguinaire, sans pitié et sadique. Un jour, pour son plaisir, il avait ordonné d'utiliser les chats de son domaine comme cibles, simplement pour l'entraînement de ses arbalétriers. En au moins deux occasions, il avait fait brûler des villages de paysans parce qu'il n'en avait pas aimé l'odeur. Il avait fait juger sa mère pour lui avoir donné naissance sans son consentement et l'avait condamnée à être emmurée vivante dans sa tour. Le fait de devenir un mort vivant n'avait rien fait pour arranger son état d'esprit. Son règne de terreur dura presque un siècle et son nom est encore utilisé aujourd'hui pour effrayer les enfants.

Étant de plus presque totalement incapable en nécromancie, il emprisonnait tous les sorciers sur lesquels il pouvait mettre la main et les obligeaient à accomplir toutes ses volontés. Bientôt, il fut à la tête d'une grande armée qui mit l'Empire à feu et à sang. Là où Vlad offrait à ses ennemis le choix entre la vie et la mort, Konrad offrait le choix entre une mort rapide et une mort lente et douloureuse. Là où Vlad von Carstein regardait les humains comme du bétail qu'il fallait entretenir, Konrad considérait les humains avec l'oeil du chasseur qui regarde une harde de chevreuils.

Konrad était si malfaisant qu'il obligea les trois prétendants au trône impérial à se liguer contre lui à deux reprises. La première fois fut à la bataille des quatre armées, une bataille stérile qui eut lieu en 2100 devant la cité de Middenheim. Cette bataille fut plus célèbre pour la scène de trahison qui y prit place : Lutwik, fils de Ludwig et Ottilia de Talabecland se firent mutuellement assassiner en pleine bataille. La seule chose qui empêcha Helmut de Marienburg de devenir Empereur fut d'être tué par Konrad. Même Helmar, le fils d'Helmut refusa de revendiquer le trône de son père lorsqu'il s'aperçut que ce dernier était devenu un zombie sous le contrôle de Konrad. La seconde occasion fut la bataille de la Lande Lugubre, en 2121 où une alliance de nains et d'humains battit Konrad. Le nain Grufbad maintint Konrad à terre pendant qu'Helmar empalait l'assassin de son père de son Croc Runique.

Mannfred von Carstein (2132 - 2145 CI)

Le dernier et le plus redoutable des comtes vampires fut Mannfred, un individu intelligent, rusé et retors dont certains disent qu'il était réveillé lorsque Vlad se fit voler son anneau et qu'il avait jeté un sort aux sentinelles pour qu'elles ne remarquent rien. Pendant que Konrad dévastait l'Empire, Mannfred restait en retrait et étudiait la nécromancie. Il est dit qu'il voyagea jusqu'en Terre des Morts à la recherche des secrets de la non-vie, il retourna ensuite dans son château de Drakenhof avec un bagage nécromantique certain et attendit son heure. Après la mort de Konrad, il devint le maître incontesté des armées de Sylvanie mais pendant près de dix ans, il ne fit rien, laissant les différents prétendants au trône croire que la menace sylvanienne était éliminée et retourner à leurs querelles de pouvoir, ce qu'ils firent rapidement. Une fois l'Empire à nouveau déchiré par la guerre civile, Mannfred pensa qu'il était temps de frapper.

Ses légions de morts vivants traversèrent les frontières de Sylvanie au coeur de l'hiver, sous la neige, en direction d'Altdorf. Ce fut la célèbre guerre de l'hiver 2132, où Mannfred vint à bout de plusieurs armées impériales hâtivement rassemblées pour tenter de lui barrer le chemin. Les victoires se succédaient et la rumeur de l'arrivée de Mannfred suffisait à faire fuir les paysans, au risque de mourir gelés. Son armée atteignit Altdorf vers la fin de l'hiver et trouva les remparts sans défenseurs.

Un sentiment de triomphe envahit Mannfred. Il se voyait déjà prendre possession de la plus grande cité impériale, lorsque le Grand Théogoniste Kurt III apparut sur les remparts et commença à invoquer le grand rituel de libération du Liber Mortis. Voyant ses serviteurs s'écrouler, il ordonna une retraite. Bien qu'il fût probablement le plus puissant des comtes vampires, ses ennemis semblaient prêts à affronter la menace d'une armée de morts vivants.

Mannfred et son armée descendirent le Reik en direction de Marienburg. Il avait l'intention d'assiéger la ville et le port, mais ses plans furent contrecarrés par l'armée de Marienburg et une compagnie de hauts elfes qui venaient d'installer une colonie commerciale. Parmi les elfes se trouvait Finreir, le haut mage, dont les pouvoirs firent pencher la balance au détriment des armées de Mannfred au moment crucial. Ce dernier se prépara alors à un très long siège jusqu'à ce que ses éclaireurs lui signalent qu'une armée venant d'Altdorf se rapprochait rapidement. Mannfred dût abandonner le siège et fuir à travers tout l'Empire. Commença alors un jeu de chat et de souris, aucun des deux camps ne sachant avec certitude qui était le chat. L'armée de Mannfred se faisait tailler en pièces par les armées des différentes provinces, mais récupérait ses effectifs après chaque victoire.

Mannfred fut finalement repoussé jusque dans les forêts de Sylvanie. Déterminés à ne pas faire la même erreur, les nobles de l'Empire conclurent une trêve et commencèrent à pacifier les forêts de Sylvanie, lentement mais sûrement. Ils furent aidés dans cette tâche par les nains. À présent unis, les citoyens de l'Empire furent intraitables. En fin de compte, Mannfred fut obligé de livrer bataille à Hel Fenn, où il fut abattu par le Comte de Stirland lorsqu'il tenta de s'enfuir sur son char. Son corps se perdit en lisière des grands marais et ne fut jamais retrouvé. Pour son exploit, Martin, Comte de Stirland, réclama toute la Sylvanie et l'ajouta à son domaine. Personne ne voulant réellement de ce pays maudit, personne ne lui contesta ses prétentions. C'est ainsi que prit fin la menace des comtes vampires, ou du moins à ce qu'il semblait à cette époque.

Mannfred était de loin le plus ancien des comtes vampires et les rumeurs selon lesquelles il serait encore en vie de nos jours et menacerait de revenir à la tête d'une armée de morts vivants, persistent. En fait, le poète mineur Félix Jaeger prétend l'avoir affronté en compagnie du nain Gotrek Gurnisson vers la fin de l'année 2503. Cependant, Jaeger est un criminel réputé et un agitateur populaire et les chroniques de ses voyages sont extravagantes, c'est pourquoi les érudits mettent en doute leur véracité. On peut douter qu'un vampire aussi puissant que Mannfred von Carstein puisse être mis en fuite par un nain paria armé d'une paire de chandeliers d'argent, comme le relate Jaeger. Son histoire est sans aucun doute mensongère et ne saurait donc être prise en compte. Nous nous contenterons donc des faits connus de la vie de Mannfred von Carstein. Jusqu'à preuve du contraire. Mannfred von Carstein, le dernier des comtes vampires est mort à la bataille de Hel Fenn. Puisse-t-il reposer longtemps...

Le supplément pour WFRP2, Les maîtres de la nuit (p31), indique que Mannfred von Carstein a été ressucité en 2503. En 2522, l’armée de Mannfred met la horde du Chaos en déroute, puis rentre en Sylvanie.

Après la défaite de Mannfred, les Sylvaniens furent honnis par toutes les populations de l’Empire pour le rôle qu’ils avaient tenu dans la guerre et ils le sont encore de nos jours.

Immédiatement après la déconfiture de Mannfred, la Sylvanie fut contrainte de revenir sous le contrôle du Stirland et ses terres furent confiées à une nouvelle noblesse composée d’aristocrates pauvres, de fils cadets de grandes maisons et de bâtards de la lignée du Stirland. Pleins d’amertume à l’idée de se voir relégués dans ce qui représentait, pour l’essentiel, un exil, ces nouveaux suzerains ne traitèrent pas mieux la population que ne l’avaient fait les von Drak d’autrefois et se montrèrent bien moins efficaces à protéger leurs gens des morts-vivants et autres charognards inhumains. Sans les vampires pour empêcher ces mangeuses d’hommes de s’attaquer à leur peuple et les orienter vers des cibles situées hors de la province, les attaques de goules se firent de plus en plus fréquentes contre les villages.

En 2158, Gottlieb le Rigoriste mena la Grande purge de la Sylvanie et les répurgateurs fouillèrent la contrée de fond en comble pour éliminer tous ceux qui étaient soupçonnés d’avoir collaboré aux guerres des Comtes Vampires. Cela ne fit que durcir le ressentiment du peuple envers l’Empire. Les populations se mirent à considérer leur province comme une nation séparée. Lorsque les membres de la famille de mortels qui portait le nom de von Carstein se révélèrent publiquement et revendiquèrent le titre d’héritiers légitimes de Sylvanie, ils se découvrirent de nombreux partisans au sein de la paysannerie.

Au cours de la plus récente des incursions du Chaos, certains des guerriers de Vardek Crom ont tenté de pénétrer dans l’Empire en passant par la Sylvanie, mais ils ont été vaincus par les morts-vivants. Cet événement décida Mannfred à se joindre à la bataille devant Middenheim ; à la tête de ses troupes, il nettoya les montagnes et chassa les derniers envahisseurs du Chaos. À présent que la menace qui pesait sur le Vieux Monde est jugulée, Mannfred a tourné son attention vers ceux qui tentent de lui résister sur ses propres terres, mais il pourrait également avoir d’autres projets. De sombres jours se préparent.

LES HABITANTS

Pour autant que les gens de l’Empire aient une opinion sur le sujet, le comté de Sylvanie pourrait tout aussi bien faire partie d’un autre pays. Malgré la proximité du Moot et de Zhufbar, on n’y voit quasiment jamais de halflings ni de nains. Sur le plan technologique, c’est une région en retard par rapport au reste de l’Empir eet le peuple y considère encore la poudre noire comme un effrayant prodige. La classe moyenne commence tout juste à faire son apparition et il existe toujours un fossé infranchissable entre la noblesse et la paysannerie, une discrimination encore plus criante qu’en Bretonnie.

Les Sylvaniens se montrent souvent blasés en ce qui concerne tous les sujets relatifs à la mort et aux défunts, une attitude bien différente de celle de leurs voisins des autres provinces. Ils tirent une fierté perverse de la dureté de leur existence et considèrent tous ceux qui vivent sous des climats plus cléments, utilisent la poudre noire ou se mêlent aux autres races comme des « chiffes molles ». Les Sylvaniens prennent les pires stéréotypes pour argent comptant ; on les entend couramment affirmer que les nains aiment noyer des chats et que les halflings ont l’habitude de se manger entre eux. Ces manières de penser leur viennent en droite ligne des anciens Fennones qui refusaient tout contact avec les nains qu’ils pouvaient rencontrer dans les Montagnes du Bord du Monde sous prétexte que ceux-ci venaient du même endroit que les maraudeurs peaux-vertes qui pillaient leur territoire.

Les plus grandes villes de Sylvanie font figure de trous perdus aux yeux des citoyens les plus civilisés de l’Empire. Ce sont des bourgades à moitié désertes dont les habitants portent des braguettes démodées depuis cinquante ans au moins. Seuls quelques rares bourgeois parviennent à subsister dans ces villes, car les gens capables d’assumer un train de vie ne sont pas nombreux. La plupart de ces communautés ne sont que des gros villages qui ont la bonne fortune d’avoir été bâtis sur une parcelle de terrain un peu meilleure que les autres. La population de Sylvanie ne s’est jamais vraiment rétablie de la Peste Noire et des innombrables épidémies qui ont suivi ; en conséquence, la surpopulation n’a jamais représenté un problème dans ce pays.

En plus des maladies de toutes sortes, les mutations sont monnaie courante chez les paysans. Le maigre terreau de cette contrée est chargé de malepierre depuis 1111, ce qui en fait la terre la plus mutagène de tout l’Empire. On abandonne généralement les mutants les plus difformes dans les bois, lorsqu’on ne les envoie pas à Drakenhof, mais on croise couramment bon nombre de personnes qui,n’importe où ailleurs, finiraient sur le bûcher et sont bien acceptées dans la société sylvanienne. Ici, les bossus, les bigleux ou ceux qui ont quelques doigts de trop ne sont pas traités différemment des autres. Du fait des faibles rendements des récoltes, la famine est une menace permanente et la plupart des gens considèrent les tiraillements de la faim comme un élément ordinaire de l’existence. La consommation de « porc sucré » (un euphémisme sylvanien pour désigner la chair humaine) est considérée comme inconvenante, mais personne ne voit de mal à cela. À périodes difficiles, mesures désespérées ; parmi les goules qui attaquent les villages, un bon nombre vivaient parmi leurs victimes l’hiver précédent.

En conséquence de tout cela, la population sylvanienne s’est graduellement refermée sur elle-même. Les cœurs sont pleins de ressentiment à l’égard de l’Empire et particulièrement du Stirland. La plupart des Sylvaniens évitent tout contact avec le monde extérieur et sont terriblement ignorants de ce qui s’y passe. Il est assez habituel que les gens du peuple ne sachent pas qu’ils font partie de l’Empire et bon nombre d’entre eux seraient incapables de nommer l’Empereur actuel si on leur posait la question.Les rares individus à savoir quelque chose au sujet des territoires qui s’étendent au-delà de leurs frontières savent aussi très bien qu’ils n’y seraient pas acceptés et que les populations de l’Empire ont une aussi piètre opinion des Sylvaniens que celle qu’ont les Sylvaniens des différents peuples de l’Empire.

La vie des Sylvaniens ordinaires est aussi dure, courte et brutale que celle de n’importe quel habitant du Vieux Monde ; ils considèrent les vampires comme un simple aspect de cette rude existence. Parfois, ce sont les récoltes qui sont mauvaises,parfois l’hiver est dur,d’autres fois ce sont les guerriers du Chaos qui descendent des montagnes pour se livrer au pillage ou encore c’est la peste qui frappe et parfois ce sont les vampires qui viennent. Les paysans ont l’habitude de festonner leurs fenêtres d’ail et d’autres herbes variées, mais à côté de cela ils n’hésitent pas à donner volontairement pour l’impôt de sang les enfants qu’ils ne peuvent nourrir et à dénoncer les étrangers qui ont la sottise de vouloir passer la nuit dans leurs auberges.

L’impôt de sang, une tradition qui remonte à de nombreuses générations, est la seule taxe payée par une bonne partie de la population sylvanienne. La quantité à verser diffère suivant la région, en fonction du vampire qui contrôle le territoire en question. À Nachthafen, la comtesse Gabriella refuse de se nourrir sur de vulgaires paysans et ne fait appliquer sa taxe que sur les citadins relativement riches, en tout cas ceux qui peuvent se permettre de posséder plus d’une tenue. En règle générale, elle préfère ne pas les saigner à blanc lorsqu’elle se nourrit, afin de renforcer leur loyauté envers elle. À Eschen, chaque famille doit donner sa fille aînée pour l’impôt et on ne la revoit jamais, ce qui conduit certains parents à tenter de déguiser leurs filles en garçons pour échapper au paiement. Habituellement, les plus petits villages ne paient la taxe qu’une fois l’an, bien que le quota puisse varier suivant le caprice de leur seigneur. Les rares individus assez stupides pour tenter de se cacher des hommes du comte lorsqu’ils viennent collecter la taxe sont traités avec une grande sévérité ; en outre, l’impôt de sang augmente dans les endroits où on les retrouve. En conséquence, il n’est pas rare de voir des voisins se dénoncer entre eux pour éviter de susciter le déplaisir de leurs maîtres.

LES TROUPES PROVINCIALES DE LA SYLVANIE

Selon Uniforms & Heraldry of the Empire (p57), les troupes de Sylvanie portaient du pourpre et du noir. Mais les symboles de la Sylvanie ont été abandonnés à cause de la méfiance qu'ils inspirent et de leur connotation maléfique.

Depuis 2145 CI, les couleurs du Stirland devraient s'imposer.

LES SOUVERAINS DE LA SYLVANIE

La Sylvanie était dirigée par les von Drak jusqu'en 1797 CI. A cette date, Otto von Drak passe et Vald von Carstein épouse la fille et héritière des von Drak, Isabella. Depuis, la lignée des von Carstein dirigent la province.

Plus sur les von Carstein

En 2145 CI, le Stirland annexe la province.

LOCALITES DE LA SYLVANIE [Les maîtres de la nuit p83 et suivantes]

Pour le coup, la carte de MadAlfred, le Stirland de l'est ne tient pas compte de celle parue dans Les maîtres de la nuit.

Waldenhof

Waldenhof est la capitale damnée de la Sylvanie ; cependant, en réalité, c’est depuis le château de Drakenhof, auquel Mannfred tente de rendre sa gloire d’antan, que la province est gouvernée. Pendant l’absence de Mannfred, ses représentants à Waldenhof ont tout pouvoir sur la ville. Ils passent leurs nuits en beuveries et en orgies, se nourrissent selon leur bon plaisir et ont décrété un couvre-feu inversé qui oblige toutes les tavernes à rester ouvertes la nuit entière.
Ils considèrent le fait de se nourrir sur le personnel des tavernes comme une marque de mauvaise éducation, mais voient toutes les autres personnes comme des proies en puissance et s’amusent à les chasser dans les rues.Tous les habitants de Waldenhof ferment leurs portes à double tour dès la tombée de la nuit et ne les ouvrent sous aucun prétexte, quelles que soient les supplications des victimes.

Nachthafen

La comtesse Gabriella von Bundebad est une personnalité singulière parmi les von Carstein car elle préfère maintenir le statu quo et se préoccupe plus de gérer son troupeau de la ville de Nachthafen (tout comme ses citoyens prennent soin de leurs moutons et de leurs chèvres) que d’unir la Sylvanie pour se lancer dans une dangereuse guerre contre l’Empire. À cette fin, elle a secrètement porté secours aux exilés stirlanders qui gouvernaient la Sylvanie dans le passé. Elle les a aidés à échapper aux sbires de Mannfred et a levé une troupe de mercenaires censés combattre pour eux. Malheureusement, ils ont été vaincus à la suite de la trahison de l’un des membres de leur coalition.
La comtesse gouverne toujours Nachthafen. En public, elle continue à jouer le jeu de Mannfred et à soutenir ses entreprises, y compris en lui fournissant des troupes pour l’expédition qu’il prévoit de lancer contre Middenheim. Cependant, si des preuves de sa déloyauté devaient apparaître au grand jour, cela pourrait déclencher une guerre civile.

Bylorhof

Bylorhof est la ville où l’on vénère Bylorak, le dieu des marais, que certains assimilent à un aspect de Taal ou de Manann. Néanmoins, pour les gens du cru, Bylorak n’a rien d’un simulacre, comme le prétendent les érudits. Il est leur dieu et ils sont fiers de résider dans son saint des saints. Lorsque Vlad von Carstein entreprit de chasser tous les prêtres de Sylvanie et que les prêtres de Sigmar, de Shallya et de Morr qui vivaient à Bylorhof s’enfuirent, le prêtre de Bylorak refusa de partir. Il entra dans la clandestinité et continua à entretenir le culte de son dieu dans le cœur du millier de fidèles de Bylorhof. Les vampires les ignorèrent, les considérant comme de pauvres adeptes d’un bon à rien de "dieu des marais qui s’étendent derrière le poulailler."
Les choses prirent un tour différent lorsque le comte Ranelf von Feuerfliege reçut le gouvernement de la ville après la résurrection de Mannfred. Impatient de démontrer ses capacités, il s’attaqua au culte de Bylorak et fut vaincu. Son corps décapité flotte à présent entre deux eaux, planté sur un épieu au fond des marais de Bylorhof.
Devant la soudaine vacance du pouvoir qui s’ensuivit, les prêtres de Bylorak prirent le contrôle du gouvernement et assurèrent au peuple qu’il n’y aurait pas de représailles. Ils rouvrirent les temples de la ville et invitèrent des prêtres du Stirland à venir les administrer. Ils commencèrent également à négocier avec les autorités de Wurtbad pour qu’elles les reprennent dans leur giron, en leur laissant subtilement entendre que, faute de réponse de leur part, ils n’hésiteraient pas à demander l’assistance de l’Averland.
Avec ses quatre temples et son culte du dieu des marais plus florissant que jamais, Bylorhof brille d’un douloureux éclat de sainteté aux yeux des vampires qui la regardent. C’est le seul site de Sylvanie qui ait réussi à résister victorieusement à l’influence des comtes vampires. Du moins, jusqu’à maintenant.

Le Cloître rouge

Il s’agit d’un ancien monastère sigmarite juché sur les contreforts des Montagnes du Bord du Monde où il échappa à la purge menée par Vlad pour débarrasser le pays de ses prêtres. Voyant cela, les moines considérèrent qu’ils étaient bénis, protégés par l’aura de sainteté de Sigmar et ils le continuèrent à le penser jusqu’à ce que Konrad arrive au pouvoir pour leur démontrer qu’ils avaient bien tort. Ils s’étaient trompés pour deux raisons : d’abord parce qu’il existe des vampires qui peuvent fouler le sol des lieux les plus sanctifiés et ensuite parce qu’ils ne s’étaient pas rendu compte que leur piété ne pouvait les protéger des zombies créés par certains des nécromanciens favoris de Konrad. Les moines du Cloître rouge furent massacrés jusqu’au dernier,au grand ravissement de Konrad. Par la suite,la malédiction de la Sylvanie empêcha les moines de trouver le repos qu’ils avaient tant mérité et leurs dépouilles squelettiques hantent encore ses cellules et ses couloirs tandis que la cloche du beffroi sonne les heures sans produire le moindre son audible par des oreilles mortelles.

Regakhof

Le baron Trentino Regak, dernier de sa lignée, aspirait à entrer dans l’aristocratie de la nuit et il tenta maladroitement d’y parvenir par une méthode des plus grossières : il se mit à s’abreuver du sang de jeunes vierges, convaincu que cela lui permettrait d’obtenir l’immortalité. Cela produisit l’effet inverse car il finit par attirer l’attention de l’Ostermark. Il fut brûlé par une bande de chasseurs de vampires aidés par les chevaliers du Loup Blanc. Après s’être mutuellement congratulés pour avoir sauvé les gens de la ville, ces combattants revendiquèrent Château-Regak au nom de l’Ostermark. En revanche, Regakhof resta en possession de la Sylvanie car elle se trouvait du mauvais côté du Stir.
Pendant plus de dix années, la population de Regakhof fonctionna en autogestion ;les marchands de la ville élirent l’un des leurs comme burgomeister afin d’assurer la gestion de la communauté. Hélas, la situation ne pouvait durer éternellement. Revenu d’entre les morts, Mannfred von Carstein fit empaler le burgomeister sur la grande place et ordonna qu’on le brûle sur son pal, puis il autorisa ses hommes à prendre qui leur plaisait dans la population, dans une démonstration de sauvagerie tout aussi terrifiante que tout ce que Trentino Regak aurait pu imaginer.

Sumpfdorf

Ce petit village de maisons sur pilotis,reliées entre elles par des passerelles de planches et de cordes, est situé dans le marais de la lande Ténébreuse. Les habitants de Sumpfdorf vivent de poisson, de plantes et de racines comestibles qu’ils trouvent dans le marais. Comme on ne peut s’y rendre qu’en barque, les paysans se savent à l’abri des zombies et des goules qui hantent la lande Ténébreuse. Néanmoins, une fois par an,les collecteurs de taxes du comte viennent du château de Wartenhof par la voie des airs afin de collecter l’impôt de sang.

Drakenhof

C’est un lieu abominable. Une influence maléfique, probablement celle du château tout proche, imprègne si profondément la ville qu’on y voit rarement naître un enfant sans mutations. Les pires des mutants, les damnés accablés de maladies,si contrefaits que même les Sylvaniens les rejettent, viennent se réfugier dans cette ville quasiment déserte. Là, ils peuvent trouver un abri et vivre au sein d’une petite communauté composée de leurs semblables.

Eschen

C’est une ville relativement grande, entourée de fortifications qui furent bâties pour la protéger des vampires. À présent, ces mêmes fortifications protègent les von Carstein qui la gouvernent.

Leicheberg

Le dirigeant de cette ville encourage ouvertement le culte de Morr. C’est là une provocation que les von Carstein ne toléreront sûrement pas très longtemps.

Tempelhof

Cette ville est ainsi nommée d’après son célèbre temple de Morr, lequel n’a pas vu de prêtre depuis 800 ans.

Le château de Drakenhof

La silhouette massive du château se dresse à flanc de montagne, loin au-dessus de la ville du même nom, comme un serpent lové sur lui-même qui observerait sa proie. Les tours acérées qui surgissent du gigantesque édifice noir semblent faites à l’image des sommets déchiquetés qui les surplombent. Des freux volent en cercle autour de ces flèches aiguisées et se posent sur les gargouilles qui ornent les fortifications.
Le château fut bâti par la famille von Drak. On murmure qu’il a été construit grâce à l’aide de morts-vivants. Le site choisi était considéré comme maudit depuis bien longtemps. Durant la pluie d’étoiles filantes de 1111, un énorme bloc de malepierre appelé le joyau de Morrslieb se serait écrasé à cet endroit précis. Une ténébreuse influence émane incontestablement de ce lieu et c’était déjà le cas bien avant que Vlad von Carstein n’en fasse le foyer de sa lignée.
Au fil des siècles, le château de Drakenhof a été partiellement détruit et restauré de nombreuses fois. En 2158, lors de la Grande purge de la Sylvanie, une aile tout entière du château s’est effondrée, mais le reste n’a pas subi de dégâts car les sapeurs qui travaillaient à le démolir se sont retournés les uns contre les autres et ont commencé à s’entre-dévorer voracement. Depuis son retour, Mannfred von Carstein s’est attaché à lui restituer son ancienne gloire. La tâche n’est pas simple. Ce gigantesque édifice labyrinthique a été rénové et agrandi à moult reprises au fil du temps et on pourrait parfois penser que ce sont les murs eux-mêmes qui résistent à toutes les tentatives de transformation.

Il existe plusieurs endroits tout à fait exceptionnels à l’intérieur du château de Drakenhof.

La Bibliothèque Interdite

Cette immense salle coiffée d’un dôme fut creusée à même la roche, dans les fondations du château, par le nécromancien Immoliah Fey, du temps où Konrad était le chef de la maison von Carstein. Des stalactites pendent du plafond au-dessus de l’une des plus importantes collections de grimoires interdits du Vieux Monde. Là, une profusion de mémoires et d’opuscules moisissent et se désagrègent lentement, serrés les uns contre les autres sur d’innombrables étagères qui plient sous leur poids ; entre leurs pages dort un dangereux savoir dont l’origine remonte parfois jusqu’à l’époque de Nehekhara.
La grande salle d’entraînement Les vampires préfèrent faire les choses en intérieur, même leurs préparations de guerre. C’est dans cette salle que les vampires et les gardes mortels du château s’entraînent au combat. À la lueur des torches, on peut entendre résonner leurs cris et tinter l’acier de leurs armes sous les vastes plafonds de cette salle immense.

La salle des duels

Il s’agit d’une grande salle tout en longueur,surplombée d’une simple galerie. C’est là que les von Carstein arbitrent leurs disputes familiales. On peut encore voir des traces de brûlures sur les murs, souvenir d’un violent affrontement à présent oublié. Cette salle est parfois utilisée pour pratiquer la joute à cheval. Les vampires se ruent alors les uns contre les autres dans un tonnerre de sabots, tentant de plonger leur lance dans le cœur de leur adversaire afin de régler un vieux différend ou simplement pour passer le temps lors des journées ensoleillées.

La salle du trône

Deux galeries dominent cette vaste salle de réception dans laquelle est installé le majestueux trône d’obsidienne des anciens comtes de Sylvanie. On dit qu’il possède le pouvoir de protéger quiconque s’y assoit des attaques magiques et des tentatives d’espionnage. C’est assis sur ce trône que le comte rend la justice sur tous les sujets qui lui sont soumis,qu’il s’agisse d’accusations de trahison ou de disputes territoriales entre voisins querelleurs.Toutefois, la justice comtale est si brutale que la plupart des gens préfèrent ne pas en arriver là. Au fil des siècles, la salle du trône a vu des milliers de fêtes somptueuses, de spectacles exotiques ou d’atrocités épouvantables, et parfois les trois à la fois en l’espace d’une seule nuit.

L’arène

Au centre du réseau de cachots souterrains qui s’étend sous le château, on trouve une arène réservée aux combats de gladiateurs dans laquelle on oppose des prisonniers à toutes sortes de bêtes, pour le plus grand amusement de l’auditoire installé dans les énormes tribunes qui l’entourent.

La galerie des portraits

Dans les étages élevés du château, on peut découvrir un étroit couloir où sont exposés tous les portraits qui trahissent la vanité des von Carstein. En écartant le rideau de velours qui en ferme l’accès et en avançant dans ce tranquille corridor, on peut constater que les portraits qui y sont exposés sont de plus en plus anciens, et de plus en plus précieux, à mesure que l’on progresse. Toutefois, un bon nombre des tableaux les plus anciens ont été vandalisés, certains membres parmi les plus récents de la lignée ayant ressenti le besoin d’imprimer leur marque en lacérant les toiles ou en gribouillant puérilement sur le visage de leurs ancêtres.

Le nichoir des freux

Cette tour, qui domine la cour où les filles de cuisine jettent les ordures, est tellement infestée par les freux qui tournoient sans arrêt autour du château que l’on considère qu’elle est à présent devenue leur domaine. On y entend constamment résonner les échos de leurs croassements nasillards et ils ont installé leurs nids sur la moindre corniche. Les jeunes corbeaux aimant à se constituer des trésors d’objets brillants, on y envoie parfois des serviteurs terrifiés à la recherche de bijoux ou de trésors de famille égarés.

Les quartiers des serviteurs

Une domesticité composée de serviteurs mortels vit ici, au-dessus des cuisines et de la salle du trône, dévoués à satisfaire tous les désirs de leur seigneur et maître. Il est très mal vu de tuer les serviteurs, particulièrement ceux qui se montrent les plus utiles, car un château de la dimension de celui de Drakenhof ne se nettoie pas sans efforts. Pour l’heure, une aile entière du château est littéralement ensevelie sous la poussière et les serviteurs ont reçu la mission de la remettre en état.
Plusieurs d’entre eux y ont disparu et n’ont jamais été retrouvés. On ne peut pas dire qu’un emploi de serviteur au château de Drakenhof soit sans risques, mais au moins ceux qui y travaillent font partie des citoyens les mieux nourris de toute la Sylvanie.