L'ORDRE D'AMÉTHYSTE

Synthèse RoS1, RoS2
Sources

De tous les courants de magie, l’Améthyste est le plus difficile à détecter et à utiliser. Il entre et sort du courant du temps, s’attarde près de ce qui est mort et en cours de décomposition. Il forme une masse lourde au-dessus des cimetières, des champs de bataille et des lieux d’exécution. Il concerne la mort, la fatalité et les effets physiques directs qui affectent les corps vivants.

Les magisters qui embrassent Shyish, le Vent pourpre, pratiquent la magie du repos. Cet euphémisme fut adopté dans l’Ordonnance Impériale sur la Sorcellerie car le terme "nécromancie" était d’une part peu recommandé, mais également inexact.

Symboles associés à la magie améthyste : le symbole géométrique, la Faux et le Faucheur symbolisent non pas la mort mais la mortalité.
Bien que les sorciers d’Améthyste méprisent les ornements triviaux, certains symboles récurrents sont associés à l’ordre, en particulier, une faux, « le Crâne d’améthyste » et des os, un sablier et une rose épineuse. Ces symboles sont aussi communément représentés sur les pierres tombales de tout l’Empire et ce, depuis bien avant la fondation du collège.

Les sorciers de l'Ordre d'Améthyste ne sont pas les seuls à utiliser les vents de magie Shyish. Cette page décrit simplement l'institution impériale spécialisée dans la formation de sorciers utilisant cette magie.


L'HISTOIRE DU COLLÈGE

Teclis insista auprès des jeunes et premiers magisters de l’Ordre d’Améthyste sur le niveau de prudence et de responsabilité avec lequel ils devaient exercer leur magie. Ils détiennent littéralement un pouvoir de vie et de mort : un sort comme « Caresse Mineure de Laniph » permet de comprimer le cœur d’un homme dans sa poitrine et de le faire mourir de causes apparemment naturelles. Il fixa le niveau de responsabilité nécessaire pour les futurs sorciers d’Améthyste : la connaissance de l’équilibre entre la vie et la mort et la capacité à considérer ces domaines comme deux forces, et non comme un moyen d’arriver à ses fins, par exemple acquérir du pouvoir ou assouvir une vengeance. Plus ils allaient en apprendre sur la nature de la mort, plus grande s’avérerait la maîtrise de Shyish que le Vent leur accorderait et plus insoutenable deviendrait la tentation de retarder l’échéance de leur trop courte vie humaine, voire de s’y soustraire.

Les magisters de l’Ordre [...] n’ont jamais donné de patriarche suprême [à l'Empire].

[Grâce à leur discipline,] il est très rare qu’un sorcier d’Améthyste devienne un renégat, mais par trois fois au cours du siècle passé [« à quatre reprises au cours des deux derniers siècles » dans RoS2 ], les maîtres du collège ont dû s’associer pour traquer et tuer un de leurs collègues. Ces chasses sont alors menées dans le plus grand secret. Certains renégats se tournent vers la nécromancie ou la démonologie, rejoignent les forces du Chaos ou perdent simplement l’esprit : et si les sorciers de la plupart des collèges peuvent se permettre une certaine excentricité, la folie d’un sorcier d’Améthyste est particulièrement dangereuse. Même si tous les sorciers d’Améthyste sont considérés avec suspicion par les exorcistes, les répurgateurs et les prêtres des principaux temples, leur nature secrète et leur silence ne facilitent pas la détection des renégats par des gens de l’extérieur. En revanche, grâce à la maîtrise des magies de l’esprit, les sorciers d’Améthyste cachent difficilement certaines de leurs pensées à leurs compagnons. Les trois qui y parvinrent étaient effectivement très puissants, et chaque fois, il fallut la puissance combinée du reste du collège pour les éliminer. Un des secrets des maîtres d’Améthyste concerne le sort raté qui a ravagé les alentours du Collège Flamboyant il y a quatre-vingts ans ; c’est en effet un sorcier d’Améthyste renégat qui l’a lancé [Dans RoS2, Reiner Starke de l’Ordre des Ombres a des soupçons mais il se gardera bien de les exprimer.]

L'USAGE DE LA MAGIE D’AMÉTHYSTE PAR L'ORDRE

Les mystères qui enveloppent l’ordre et sa magie ne sont pas le pur produit de la paranoïa. Le Collège d’Améthyste a vraiment quelque chose à cacher : sa magie est probablement la plus puissante des huit couleurs. Elle agit directement sur le monde vivant et, placée entre de mauvaises mains, elle pourrait provoquer des dommages inimaginables. D’un geste ils peuvent étreindre le coeur d’un homme à distance et le faire mourir de causes en apparence naturelles, ou au contraire retarder son trépas presque indéfiniment. Ils peuvent faire dépérir un homme et le tuer en quelques instants, et les plus redoutables d’entre eux peuvent même lui voler son âme et la séquestrer, si tel est leur désir. Ces magisters sont réputés pour leur capacité à voir les esprits et les âmes qui voguent entre ce monde et le prochain, avec lesquels ils peuvent même en quelque sorte communiquer.

L’Ordre d’Améthyste fait partie des Ordres de Magie les plus tournés sur eux-mêmes. Si l’on exclut les umbramanciens, les frères de Shyish apparaissent comme l’organisation la plus secrète de l’Empire. Cela ne fait rien pour atténuer la crainte déjà grande de l’opinion à l’égard de ces magisters.

Nul autre Collège ne peut égaler l’austérité, l’ascétisme et la discipline des magisters de Shyish, pas même les hiérophantes de l’Ordre Lumineux. Comme c’est le cas avec tous les courants magiques, embrasser Shyish pendant une durée prolongée peut considérablement accroître la longévité du magister (ce qui est encore plus vrai pour le Vent pourpre), mais se tourner vers la magie noire ou la nécromancie, que ce soit intentionnellement ou non, reste bien différent pour les magisters plus inexpérimentés de l’Ordre. C’est pourquoi l’Ordre d’Améthyste s’est toujours montré impitoyable avec ses initiés qui recourent à la magie sombre ou noire. Qu’ils soient ou non corrompus par leurs actes, ils sont assurés d’être bannis de l’Ordre dès que leurs activités apparaîtront au grand jour, puis ils seront réduits au néant, au point que leur poussière même aura disparu.

Grâce à leur système de sélection d’initiés extrêmement rigoureux, ainsi qu’à la surveillance et à l’endoctrinement constant des apprentis, il est très rare qu’un magister d’Améthyste sorte du droit chemin. Les renégats de l’Ordre de Shyish peuvent devenir de redoutables nécromants. Bien que la corruption spirituelle apparaisse comme la menace la plus évidente représentée par les magisters pourpres pour les personnes extérieures à l’Ordre, le plus grand danger qu’ils posent vient en réalité de la morbidité et de la folie. Si les magisters de tous les Collèges ont leur côté excentrique, la folie des sorciers d’Améthyste est une chose terrible et les accable bien plus souvent que la corruption morale ou idéologique.

[Certains] accusent à tort les magisters d’Améthyste de toucher à la nécromancie. Mais tel n’est pas le cas, du moins, pas véritablement. Les nécromanciens défient la mort et méprisent les conclusions naturelles, tandis que l’Ordre de Shyish accepte pleinement ces deux concepts. Malgré cela, l’Ordre d’Améthyste pâtit de son association apparente avec les puissances des ténèbres. Mais il reste certaines similitudes entre la magie de cet Ordre et les sombres arts de la nécromancie. L’art spirituel et la magie du Collège sont les seuls domaines occultes liés à la mort qui peuvent être pratiqués sans provoquer les dommages psychologiques ou physiques qui sont le tribut de la nécromancie. Ceci étant dit, la magie d’Améthyste ne pourra jamais atteindre la puissance brute déployée par les individus corrompus au cœur froid que sont les nécromanciens.


LES SORCIERS DE L'ORDRE D’AMÉTHYSTE

Le violet le plus profond est la couleur de la toge portée par les magisters d’Améthyste, à part chez un certain nombre, qui préfèrent le noir de jais. Les magisters de cet Ordre portent souvent une faux extrêmement tranchante au lieu d’un bâton, mais un modèle différent de la version peu maniable qui sert aux moissons ; un objet élégant conçu pour le combat et comme symbole de l’Ordre d’Améthyste. À leur ceinture pendent souvent des os humains blanchis qui rappellent à tous la nature passagère de la vie. Ces os sont souvent gravés de runes occultes et des divers emblèmes de l’Ordre, comme le sablier ou la rose épineuse, symboles par lesquels les gens les identifient immédiatement.
Quel que fût leur aspect quand ils rejoignirent l’Ordre, l’austérité de la vie au sein de ce Collège et les heures d’étude ont tôt fait de ne laisser que des silhouettes pâles et maigres de tous les initiés. Tous les membres de l’Ordre d’Améthyste sont rasés de près du sommet du crâne aux orteils. Glabres et d’une blancheur extrême, ils ne sont plus que des squelettes.
Les habitants d’Altdorf et de tout l’Empire évitent soigneusement les magisters de l’Ordre d’Améthyste. Mais il en est qui rêvent en secret de pouvoir contacter leur bien-aimé disparu trop tôt ou les défunts dont ils aimeraient apprendre les secrets. Les magisters pourpres seront néanmoins toujours associés à tort au sombre art de la nécromancie.

Mentalité

Les magisters de l’Ordre d’Améthyste présentent une affinité avec la mort et la conclusion de toute chose. Ils sont même connus dans le folklore récent pour leur philosophie qui consiste à n’initier aucun projet ou événement, si ce n’est pour apporter une conclusion.
Le dernier mot leur revient en quelque sorte toujours. Les plus expérimentés des magisters de Shyish deviennent des avatars de l’idéal magique qu’ils ont adopté et ne craignent donc aucunement les fins naturelles, ni de vieillir et de partir pour l’au-delà. 
Avec l’expérience et la puissance, les magisters de Shyish se montrent de plus en plus silencieux, mais pas forcément trop ténébreux ou misérables. Ils n’attendent rien de la vie et ne peuvent donc être déçus par ce qu’elle leur réserve. En général, les frères de Shyish se contentent de leur condition et bien qu’ils parlent rarement, leur esprit est bien sombre et aride.
Les magisters de l’Ordre sont totalement dénués d’ambition, ce qui explique probablement pourquoi ils n’ont jamais donné de patriarche suprême, malgré le fait que leurs meilleurs seigneurs magisters auraient toutes leurs chances de figurer avantageusement contre les autres candidats. S’ils ont pour tâche de traquer l’un de leurs frères déchus, ils se montrent en revanche implacables et jusqu’au-boutistes, aussi insensibles à la pitié qu’ils le sont à la peur.

Devoirs et engagements

L’Ordre d’Améthyste n’est tenu de fournir les armées impériales en magisters de combat que lorsque les circonstances le demandent. Les autorités locales et les familles plus qu’opulentes qui résident et ont leurs affaires autour de la contrée autrefois connue sous le nom de Sylvanie, au nord-est du Stirland, cherchent souvent à s’offrir les services de magisters de Shyish. La virulence de cette terre mourante et saturée de poussière de malepierre est telle que nombreux sont les gens qui pensent que les morts qui y sont enterrés ne connaissent pas le repos mérité et que les vampires sortent la nuit. Qu’il y ait là quelque vérité ou non, les compétences de l’Ordre d’Améthyste sont hautement appréciées des personnes désespérées, des paranoïaques, et de ceux qui sont paralysés d’effroi, et les intéressés considèrent qu’il est de leur devoir de détruire l’œuvre des nécromants et de la magie noire.

DEVENIR UN SORCIER DE L'ORDRE D’AMÉTHYSTE

Les sorciers d’Améthyste acceptent peu d’acolytes. Ceux qui désirent apprendre cette magie doivent passer des tests rigoureux et faire des vœux sérieux. Le plus important de ces vœux consiste à ne jamais mésuser de la magie d’Améthyste et à ne jamais l’exploiter à des fins personnelles. Le suivant est de ne jamais révéler les secrets de la confrérie d’Améthyste. Pour renforcer ce serment, le candidat doit prononcer un troisième vœu, celui de ne jamais parler [dans RoS2, le voeux est moins formel...]. C’est pourquoi les sorciers d’Améthyste communiquent grâce à une discipline magique inconnue du reste du monde par laquelle ils projettent les mots dans les esprits des autres. Ils ne parlent jamais à haute voix.

Les méthodes d’enseignement sont adaptées à chaque apprenti. La première chose que les sorciers enseignent aux candidats, c’est le langage secret qu’ils emploient pour écrire les livres de connaissances les moins importants et qui sert généralement à communiquer. Il existe des livres dans ce langage qui enseignent un langage plus secret et des livres dans cet autre langage qui enseignent un langage encore plus secret.

Les candidats ne peuvent apprendre le deuxième langage secret -l’Améthyste Intérieure- qu’après dix ans d’instruction au collège, période qui leur aura permis d’étudier de nombreuses techniques de concentration et de méditation. Pendant ce temps, ils quittent rarement, voire jamais, ces murs. Ayant maîtrisé ce langage, ils reçoivent leur faucille et accèdent au statut de maître. Ils doivent ensuite passer un certain temps dans l’armée si les circonstances l’exigent ou parcourir le monde. Après dix autres années, ils peuvent apprendre le troisième langage -l’AméthysteProfonde - et les secrets ultimes du collège. A ce stade, ils n’ont plus le droit d’en sortir. Il n’y a actuellement [autour de 2512CI] que quatre maîtres du troisième langage en vie.

Les sorciers d’Améthyste n’ayant pas le droit de parler, ils [doivent lancer leurs sorts] sans les incantations appropriées [ce qui est plus difficile]. L’essentiel de leur magie a été toutefois conçu en fonction de cette contrainte – elle peut normalement être utilisée en silence sans pénalité, mais si les gestes de l’enchanteur sont restreints, les conséquences seront plus graves que la normale. Quand la gestuelle lui est interdite, le sorcier est soumis à une double pénalité, la première pour l’absence de geste et la seconde pour le silence.

Le Collège d’Améthyste ne fait rien payer à ses élèves, mais les acolytes doivent lui remettre tous leurs biens terrestres au moment de leur admission. Dans certaines circonstances, un nouveau membre peut être autorisé à conserver quelques possessions, mais la confrérie instille chez ses apprentis l’idée que rejoindre le Collège d’Améthyste est, comme la mort, le passage d’une ancienne vie, qu’il faut abandonner et oublier, à une nouvelle.

Un nombre déroutant d’anciens séminaristes de Morr ont rejoint l’Ordre d’Améthyste. Il n’est pas rare pour ceux qui éprouvent le besoin  de servir de Morr de présenter une sensibilité particulière pour le Vent pourpre de magie. Quand c’est le cas, le jeune religieux voit les énergies de Shyish se mêler à ses offices et ses rituels, un phénomène que les prêtres qui n’ont pas le troisième œil ne peuvent, et ne souhaitent, pas expliquer. Ceux qui manifestent des bribes de pouvoir qui ne leur sont pas directement conférées par leur dieu (par la prière ou les rites) sont considérés comme maudits ou inadaptés à la prêtrise de Morr. Ces individus rejetés et désillusionnés sont attirés vers le bâtiment sépulcral de l’Ordre d’Améthyste. S’ils répondent à cet appel, ils s’engagent sur la voie dont l’on peut rarement, sinon jamais, dévier. Il est extrêmement rare qu’un sorcier d’Améthyste quitte sa communauté autrement qu’en mourant. Quand cela arrive, le sortant est autant rejeté par ses anciens collègues que par les sorciers des autres collèges et les gens ordinaires, car la lividité de la magie d’Améthyste continue de peser sur lui. Les seuls qui vont s’intéresser à lui sont les répurgateurs et les exorcistes, pour s’assurer qu’il ne va pas s’orienter vers les formes les plus obscures de la magie et régler le problème si nécessaire.

Prix des cours : Néant (mais voir ci-dessus)
Prix d’un sort : Néant (mais voir ci-dessus)
Tout sorcier de magie de Bataille de niveaux 3 et 4 peut intégrer le collège à titre de sorcier d’Améthyste de niveau 4, à condition d’avoir pris toutes les promotions et toutes les compétences d’un sorcier de niveau 3 et d’être prêt à prononcer les vœux appropriés.
Notez que les membres du Collège d’Améthyste doivent connaître le Langage Secret – Améthyste avant d’apprendre la compétence Incantations – Magie d’Améthyste Niveau 4. Notez qu’un personnage souhaitant s’orienter vers cette carrière doit passer au moins dix ans au Collège d’Améthyste d’Altdorf avant d’être autorisé à le quitter avec le statut de membre licencié indépendant du collège. S’il veut partir avant cela, il doit renoncer à son appartenance au collège.
Connaissance : Magie d’Améthyste 100% ; Magie de Bataille 40%

LOCAUX ET TERRAIN DU COLLÈGE

L’Ordre d’Améthyste est le siège des magisters qui étudient le domaine de la Mort, ce que son aspect traduit totalement. La bâtisse se dresse au-dessus du vaste cimetière d’Altdorf, qu’on dit hanté, où des milliers d’hommes furent enterrés dans la hâte et sans cérémonie à l’époque de la Peste rouge. Le principal temple de Morr de la cité ne se trouve qu’à quelques rues et les quartiers qui encadrent les deux institutions sont remplis d’établissements de professions à vocation solennelle, tels que les croque-morts, les maçons et les juristes. On compte très peu de maisons, car les gens ont rarement le désir d’habiter dans un quartier aussi déprimant et dérangeant, même chez les pauvres et les sans-abri.

Ceux qui ont pourtant décidé de s’y établir sont souvent du genre excentrique, mais on peut être sûr que nul adepte de la nécromancie ne sera assez stupide pour vivre aussi près de deux foyers de ses ennemis jurés les plus redoutables.

Le Collège est lui-même construit de pierre noire dans un style gothique élaboré manifestement issu d’une époque reculée. Les fenêtres et les ouvertures présentent des voûtes en ogive, et sont souvent hautes et étroites. De nombreuses statues sont disposées dans des alcôves réparties sur toute la façade de l’édifice, tandis que des gargouilles méditent sous les avant-toits vertigineux. De nombreuses tours effilées se dressent au-dessus de la base du bâtiment, se terminant chacune par une flèche très pointue dans laquelle logent des centaines, sinon des milliers, de chauves-souris. Chaque jour, au crépuscule, ces créatures se déversent du Collège dans le quartier, tel un nuage de fumée vivante masquant le rouge du soleil couchant.

Les chauves-souris constituent le seul signe de vie. On voit rarement quiconque entrer ou sortir du Collège, et certains habitants d’Altdorf vous jureront qu’ils ont passé un jour complet à observer le bâtiment sans apercevoir âme qui vive. La nuit, on voit rarement la moindre lueur émanant du Collège, même si on raconte souvent que de pâles halos fantomatiques semblent se déplacer d’une tour à l’autre sans emprunter les escaliers.

L’entrée de l’Ordre d’Améthyste est toujours ouverte. Elle se présente sous la forme d’un grand portail de pierre avec un pilier gris clair et un autre noir, les linteaux étant gravés de symboles du Collège : un sablier au milieu, flanqué de crânes d’améthyste sombre, et un rosier épineux qui parcourt l’ensemble. Une faux est sculptée dans chacun des piliers verticaux. Bien que cette entrée ne soit pas une réplique exacte des portes tombales que l’on trouve vers les temples de Morr, elle en est suffisamment proche pour rappeler leur condition de mortels à tous les habitants du Vieux Monde.

La plupart des gens prennent bien soin de ne pas s’approcher du Collège, mais la porte ouverte est une tentation à laquelle ne peuvent résister certaines personnes, si bien qu’il n’est pas impossible de rencontrer quelqu’un qui prétend être rentré dans l’édifice, en particulier parmi les gamins des rues les plus audacieux. L’atmosphère intérieure est sèche, poussiéreuse et figée, avec une vague odeur de myrrhe. On n’y sent aucune forme de pourriture, et les relents de la cité s’envolent dès que l’on passe la porte. On compte de nombreux couloirs sombres, chargés de rideaux noirs et aubergine, sous lesquels une épaisse couche de poussière attend le moindre pas intrus pour former un nuage suffoquant. Ces passages donnent sur des portes, mais toutes s’ouvrent sur des pièces vides, où de lourds meubles sombres sont laissés à l’abandon, sous la masse des toiles d’araignée. Un explorateur pourra trouver les restes desséchés d’araignées, de rats, de chauves-souris et autres vermines, mais jamais rien de vivant.

Le Collège semble être abandonné depuis des années. L’endroit est enveloppé d’un silence surnaturel, et les quelques téméraires qui ont poussé un cri ont vu leur voix étrangement étouffée, comme avalée par les murs du Collège. Les murs soutiennent quelques petits autels en hommage à Morr, dans son rôle de dieu de la mort, ce qui suffit à figer le sang de bien des visiteurs. Plus on s’attarde dans le Collège, plus grande devient la sensation d’effroi, jusqu’à ce qu’enfin on quitte les lieux, le plus souvent en courant.

Quelques personnes racontent une histoire différente. Après avoir erré pendant quelque temps, ils ont croisé au détour d’un couloir un magister vêtu d’une toge pourpre, une faux entre les mains. Tous ceux qui racontent cette histoire ont entamé leur formation au sein des frères de Shyish le lendemain et sont tous eux-mêmes magisters d’Améthyste.

Ceux qui sont invités à se rendre au Collège ou à y porter un message se gardent bien d’y pénétrer d’eux-mêmes. On trouve une grosse cloche en laiton terni près de la porte. Un intendant encapuchonné émergera des ombres si on sonne ce bourdon. Ceux qui ont un message doivent le transmettre à cet intendant, qui s’occupera de le faire porter à son destinataire. Ceux qui viennent pour s’entretenir avec un magister doivent attendre dehors qu’il se présente. L’intendant ne s’avance jamais au-delà du seuil de la porte. Si des visiteurs impatients tentent de forcer le passage, il disparaît à nouveau dans les ombres, et les intrus se retrouvent dans l’établissement abandonné décrit plus haut. Ceux qui restent à l’extérieur voient leurs compagnons s’évanouir dans les ténèbres, tandis que l’intendant reste visible.

Seuls les initiés de l’Ordre d’Améthyste peuvent pénétrer sans guide dans le Collège à proprement parler et sont autorisés à être accompagnés d’invités. Cela ne leur demande aucun effort et ils peuvent également se rendre dans la version abandonnée des lieux s’ils le souhaitent. Le véritable Collège n’est pas, au premier abord, si différent des locaux déserts auxquels tout le monde a accès. Les couloirs sont sombres, les rideaux noirs et violine, et une couche de poussière, moins épaisse, recouvre le sol le long des murs. Mais les nombreuses allées et venues ont débarrassé des toiles d’araignée et de toute accumulation la partie centrale des passages.

La principale différence est bien entendu la présence de magisters d’Améthyste. Il est toujours peu fréquent de les croiser dans un couloir, et la plupart des pièces ont la porte fermée, souvent verrouillée. Plus loin dans le Collège, en montant ou en descendant des escaliers en colimaçon, on trouve les cellules privées des magisters, puis, dans les profondeurs de la bâtisse, les bibliothèques, les études et les chambres de contemplation. Le véritable Collège est certes calme, mais il ne présente pas le sinistre silence du Collège déserté, et les autels de Morr, qui existent bel et bien, sont manifestement entretenus, même si les magisters ne montrent aucun autre signe de dévotion envers ce dieu, qu’ils ne vénèrent d’ailleurs pas ouvertement.

Le décor des appartements privés est choisi par le magister qui y réside. Les couleurs sombres et la symbolique du Collège restent courantes, mais pratiquement toutes les chambres accueillent également une plante vivace ou un animal. Il s’agit plus souvent d’un végétal, mais les rats, les grands corbeaux, les corneilles, les freux ou les chats domestiques sont aussi des choix possibles. D’une manière générale, les magisters pourpres aiment se rappeler la vigueur de la vie, de peur d’oublier ce pour quoi ils luttent et de succomber à l’appel de la nécromancie.

La raison principale pour laquelle on peut se rendre au Collège est de s’entretenir avec l’un des magisters qui y résident. L’Ordre d’Améthyste est suffisamment grand pour fournir une chambre à tout compagnon de Shyish, ainsi qu’aux magisters de plus haut rang. De nombreux sorciers de l’Ordre choisissent de vivre au Collège de manière permanente, car les voisinages qu’offre le reste de l’Empire ne sont pas souvent aussi accueillants. La partie abandonnée du Collège est parfois employée pour des réunions clandestines. Les chances d’y être surpris par quelqu’un d’autre que les magisters sont négligeables et les sorciers pourpres se soucient peu de ces choses. Si un groupe prend l’habitude de se rassembler ici, les magisters prendront cependant les mesures nécessaires pour le faire déguerpir. Ils ne veulent surtout pas que le Collège perde son aura de terreur.

Une légende évoque le cas d’un imprudent [RoS 1] : il y a vingt ans, Cassio le Tiléen vola au Collège d’Améthyste quarante pistoles d’argent et une broche. Il dépensa l’argent, mais ne trouva personne pour acheter la broche. Peu après, sa femme trouva la mort dans un accident domestique qui le rendit aveugle. Il contracta ensuite une atroce maladie dégénérative. Rejeté par sa famille, il fut réduit à la mendicité. Tous ceux qui, par pitié, lui donnaient de l’argent voyaient ensuite la malchance s’abattre sur eux. Ils cessèrent donc de l’aider. Il en arriva bientôt à la conclusion que la broche était maudite et tenta de la rendre au Collège d’Améthyste. Il passa des années à ramper dans les rues d’Altdorf, tentant de retourner sur les lieux de son larcin. Ses suppliques pitoyables pour qu’on lui indique la direction étaient connues de toute la ville. Il n’atteignit jamais son but. Des années plus tard, lors d’un pogrom contre le Chaos, pris pour un mutant en raison de ses difformités, il fut poignardé et jeté dans le Talabec pour qu’il s’y noie. On ne l’a plus jamais revu, mais ceux qui racontent son histoire affirment qu’il n’est pas mort et qu’il mène une existence misérable dans les terres sauvages à l’extérieur de la cité. Depuis, plus personne n’a jamais essayé de voler le Collège d’Améthyste. Et si quelqu’un mentionne cette idée, on lui rappellera le destin de Cassio.

PERSONNALITÉS

Viggo Hexensohn, magister patriarche de l’Ordre de Shyish [RoS 2 p.115]
On murmure une certaine histoire au sujet du magister patriarche Viggo Hexensohn et de son passé avant de rejoindre les frères de Shyish, bien que personne ne puisse attester la véracité des faits. La rumeur raconte en effet que Hexensohn est un prêtre renégat de Morr venu de Waldenhof, ville des contrées orientales du Stirland.
L’histoire avance qu’à un certain moment, au cours des cent dernières années, Hexensohn abandonna la prêtrise, ayant perdu sa foi en la puissance souveraine du dieu sur la mort. Il avait trop souvent été témoin de l’horreur de la mort animée dans les terres polluées par la malepierre des alentours de Waldenhof. Malgré ses efforts et ceux de ses acolytes, l’au-delà semblait avoir perdu tout caractère permanent et sacré dans cette contrée maudite.
Les choses se précisèrent pour Hexensohn quand il fut témoin de la mort prématurée de son bon maître, des mains de quelque monstre putréfié qui s’était extirpé de la tombe, situé dans leur propre cimetière, avant d’avoir reçu la sanctification funéraire.
C’est à cet instant que Hexensohn perdit toute foi et acquit autre chose. Ses yeux s’ouvrirent soudain aux Vents de l’Aethyr et il put voir les ombres noire et améthyste flotter autour de la créature écervelée qui s’acharnait sur les entrailles de son maître. Sans savoir exactement ce qu’il faisait, Hexensohn tendit la main et souhaita de tout son être que les couleurs abandonnent la créature pour rejoindre son bras. À l’instant où la brume pourpre effleura ses doigts, Hexensohn se sentit investi d’une nouvelle mission. Mais la brume sombre se déversa sur lui et il s’effondra, accablé de vomissements irrépressibles. Le monstre qui avait tué son maître s’écroula heureusement au même moment, privé des énergies qui l’animaient. À partir de ce jour, Hexensohn sut que sa destinée n’était pas d’accompagner ses camarades prêtres dans leur dévouement envers le dieu de la mort, mais de partir vers Altdorf pour rejoindre les frères de Shyish.
Si l’on en croit les gens qui peuvent en parler, Hexensohn est patriarche de l’Ordre depuis environ soixante ans. Son âge est inconnu et ne peut se deviner d’après ses traits. Comme tous ceux de son Ordre, il est rasé de près, aussi bien de crâne que de visage. Les rares fois où on l’aperçoit en déplacement, il est vêtu d’une toge noire qui semble absorber la lumière et d’une lourde pèlerine à capuche du plus sombre des pourpres. Il est assurément le plus puissant des magisters de son Ordre. Certains disent même qu’il serait le plus grand sorcier de l’histoire de l’Ordre d’Améthyste, mais il serait impossible de le vérifier, du moins, sans que cela ne provoque un désastre à grande échelle. Il n’est pas surprenant qu’une aura palpable de terreur accompagne Hexensohn où qu’il aille.
Il n’abandonne ses contemplations au Collège que pour les consultations à la cour impériale. On raconte qu’il fut impliqué dans la poursuite du dernier traître de son Ordre et qu’il aurait même été celui qui fit tomber le renégat. Mais qui peut l’attester ?

Dans RoS1, soit vers 2512 CI, le patriarche de ce collège serait pourtant un certain Günther Klaus, cf. ci-dessous.


Günther Klaus, Grand Maître d’Améthyste [RoS 1 p.56]
[En 2512 CI,] Günther Klaus est le grand Maître d’Améthyste depuis trente ans. Nul ne connaît son âge. Il porte un manteau mauve foncé et il est constamment enveloppé d’une aura de peur. Il ne quitte le collège que pour les réunions importantes du conseil ; même là, il ne rompt pas son vœu de silence, mais frappe parfois le sol de sa faucille pour indiquer son approbation ou sa désapprobation. Personne ne doute jamais de ce qu’il veut dire.
Günther s’adresse rarement à ceux qui ne sont pas maîtres d’Améthyste, même par télépathie. Cela fait si longtemps qu’il utilise les langages secrets de son ordre que même si quelqu’un parvenait à le contraindre à parler, il aurait du mal à trouver des mots en occidental ordinaire.

Lothar le Silencieux [WDF58 p.64]
Sorcier améthyste niveau 2 avec Bâton du Crâne. Combat des gobelins.

Magisterix Elspeth Von Draken, Sorcière du Collège d’Améthyste, La Dame Noire de Nuln, La Rose du Cimetière [Tamurkhan p.152, traduction la Taverne du gobelin]

ElspethPendant trois générations le nom d’Elspeth van Draken, Magisterix du Collège Améthyste et Archi-Sorcière des Arcanes de la Mort, a été susurré à voix basse tout autant dans les tavernes que dans les nobles halls de Nuln. Et pendant trois générations sa tour noire s’est tenue au bord du Jardin de Morr, dans les faubourgs de la grande cité, et les histoires sur "la Rose du Cimetière" ont été utilisées pour effrayer les enfants récalcitrants à être à la maison avant la tombée de la nuit, en racontant que "La Dame Noire les arrachent à leurs familles à jamais!". Pourtant, malgré ces rumeurs, peu ont pris le temps de réfléchir à ce que signifie exactement la présence de Von Draken dans la cité, et encore moins sont capables de deviner son réel pouvoir. Par ailleurs, les quelques répurgateurs téméraires ou un peu trop enthousiastes, n’étant pas prévenus de ses relations avec le gouvernement de Nuln ou trop fanatiquement sûrs de leur propre droiture, qui ont essayés de fourrer leur nez dans ses affaires, voir ont tenté d’assaillir sa tour, ont été engloutis par les ténèbres et n’ont jamais été capables de raconter quoi que ce soit de ce qu’ils avaient appris.
La vérité est qu’Elspeth fait partie d’une puissante famille, touchée par les vents de magie et qui donna naissance à des monstres comme à des génies. Elle est également l’une des plus puissantes sorcières Améthyste vivante, mais qui se préoccupe peu des machinations et des jeux politiques des Collèges de Magie, bien qu’elle y ait étudiée et qu’en théorie, elle en fasse toujours partie (ce qui rassure grandement nombre d’autres sorciers). A la place, elle va et vient à son gré, obsédée par les expériences magiques. Elle collecte maints artefacts mystiques et sorts ancestraux, qu’elle garde jalousement. Elle est devenue tellement saturée de la puissance de Shyish, le Vent de Magie Améthyste, qu’il est dit qu’elle n’est plus humaine du tout, une théorie probablement due à son aspect pâle, spectral, qui n’a pas pris une ride au cours des décennies.
En dépit de sa nature recluse, passant son temps entre sa tour à Nuln et une autre identique cachée dans les Montagnes Grises à chercher des sorts oubliés, elle demeure un véritable atout de l’Empire, et le fléau de ses ennemis s’ils croisent son chemin. Elle entretient aussi des pactes et des alliances avec l’Église de Morr et le Conseil de Nuln, pour venir à leur secours en temps de guerre et recevoir leur aide en échange. Balthazar Gelt, l’actuel Patriarche Suprême des Collèges de Magie, se méfie naturellement de l’indépendance et du pouvoir de Von Draken, et a demandé à ses agents de suivre les mouvements et les machinations d’Elspeth, tant qu’ils le peuvent. Durant les dernières années, ses agents ont rapportés une douzaine de conflits, ouvertement connus ou tenus secrets. Elspeth y apporta la victoire en terrassant de terribles ennemis tels que Mirc Carcasse-crue, qui avait dévoré des villages entiers le long de la Rivière Sol, ou alors la Vampire Vashara de Lamia qui essaya de corrompre la noble famille des Jaegersbruk de Pfeildorf et de transformer la citée en un royaume d’ombre et de Non-Vie. Tant qu’Elspeth continue de s’occuper de ses affaires et de protéger l’Empire, Gelt ne peut rien faire d’autre qu’observer. Mais certains dans la hiérarchie des sorciers craignent que les suspicions de Gelt ne finissent par agacer Von Draken et à provoquer un terrible conflit au sein même des Collèges de Magie.
Pendant l’invasion de Tamurkhan [en 2511 CI], Elspeth Von Draken apparut au milieu du conseil de la Comtesse Emmanuelle comme le spectre de la mort, enveloppée dans une robe si noire qu’elle semblait n’être qu’une ombre vivante, et portait une sinistre Faux, si aiguisée qu’elle semblait trancher même l’air et le vent. Ce fut sur ses conseils que la Comtesse Emmanuelle décida de rassembler les armées dans Nuln et de préparer la défense de la citée plutôt que de rencontrer les armées de Tamurkhan en rase campagne. L’aura de terreur accompagnant Elspeth était si oppressant que personne n’osa s’y opposer. Au septième jour de la bataille, quand Tamurkhan voulu célébrer un sombre rituel pour apaiser son dieu et lâcher une vague de Démons pour attaquer la citée, Elspeth Von Draken vint à la bataille, montée sur un terrifiant Dragon Pourpre. Le Dragon déchaîné fit s’abattre des éclairs pourpres, consumant toute opposition tandis que les pouvoirs magiques de Von Draken contestaient la puissance des servants du Seigneur de la Décadence. Après la bataille, ceux qui la virent déclarèrent qu’elle ne semblait plus être qu’une ombre immatérielle, et ce ne fut que plusieurs années plus tard qu’elle réapparut, à nouveau aussi jeune et pâle.

Elspeth van Draken chevauche un dragon "pourpre" qui a un souffle de magie Améthyste. En plus des nombreux objets magiques dont elle dispose certainement, Elspeth porte habituellement une faux magique "La Faux Pâle" qu'elle se serait créée elle-même.