L'ORDRE DORÉ

Synthèse RoS 1 et 2, sources
Merci à Rincevent

L’Ordre Doré accueille les magisters qui étudient et adoptent Chamon, le Vent jaune de magie. Ce vent, est attiré par le métal, aussi bien sous forme de minerai brut que dans ses expressions plus élaborées. Plus le métal ou élément est lourd, que ce soit à l’état naturel ou sous forme travaillée, plus il plaira à Chamon.

Les magisters de l’Ordre Doré sont célèbres pour leur pratique de la magie, de la création de runes et de l’alchimie. Comme bien des définitions données par l’Ordonnance sur la Sorcellerie, « l’art alchimique» apparaît comme une formule bien restrictive pour décrire ce que les magisters de l’Ordre Doré étudient et exercent. Il est vrai que leurs centres d’intérêt gravitent essentiellement autour de la manipulation des substances chimiques, mais ils constituent également des métallurgistes et herboristes hors pair.

Symboles associés à la magie dorée : à gauche le symbole géométrique. L'Aigle Ascendant symbolise l'aspiration. A droite, l'Aigle Ascendant sur la représentation Solaire et Lunaire de la Grande Roue de la magie.
Symboles associés au Collège d'Or : le Pilon et le Mortier, pinces de forge, le Brasero fumant, soufflet de forge, l’Aigle déployé, l’Aile de l’aigle.

Les sorciers de l'Ordre d'Or ne sont pas les seuls à utiliser le vent de Chamon. Cette page décrit simplement l'institution impériale spécialisée dans la formation de sorciers utilisant cette magie et son enseignement.

L'HISTOIRE DU COLLÈGE

Lorsque Teclis et Finreir se concertèrent pour décider qui de leurs protégés humains devaient se consacrer au Vent jaune de magie, leur choix se porta sur les plus studieux et analytiques des sorciers de village et occultistes. À la grande surprise de beaucoup, les grands mages elfes menèrent aussi un grand ratissage d’herboristes et d’alchimistes à travers l’Empire, même si la plupart d’entre eux ne montraient aucune aptitude pour les Vents de Magie ou avaient reçu l’interdiction de pratiquer quoi que ce soit qui pût être apparenté à de la magie par les autorités.

De tous ces alchimistes de la rue, seuls ceux qui cherchaient la réponse à la question fondamentale de la nature de l’existence ou à créer de véritables merveilles alchimiques se résolurent à se joindre à Teclis et à ses magisters Dorés. Aux yeux de tous ceux qui avaient consacré leur vie à trouver un moyen de transmuter les métaux de base en or ou à produire un solvant universel, l’offre de Teclis parut trop belle pour être refusée.

C’est alors que l’elfe commença à montrer à ses disciples et bien d’autres comment isoler et manipuler le Vent de leur choix de la manière la plus stable et sûre. Quel que soit l’Ordre choisi par les premiers apprentis magisters, ces leçons prenaient une forme très semblable, car la perception et la focalisation des énergies magiques diffèrent peu d’un Vent à l’autre. Mais au fil de leur progression, les apprentis montraient progressivement des traits et des intentions qui les rapprochaient de leur Vent de prédilection.

Au départ, cela inquiéta Teclis et Finreir, mais ils en conclurent vite que c’était là le seul moyen par lequel un humain pouvait progresser sur la voie de la magie sans être corrompu par le Chaos. «Possédés » par leur Vent, les magisters perdaient leur capacité à puiser dans les autres et donc à verser dans la magie noire.

Ces magisters jaunes débutants, ou magisters Dorés comme ils commencèrent à s’intituler (ce qui faisait sourire les elfes), se montrèrent obsédés par la logique et l’expérimentation. C’est alors que Teclis et Finreir esquissèrent les grandes lignes de l’intégration de la recherche alchimique à la manipulation magique.

Teclis leur expliqua que les Vents de Magie imprégnaient toute chose du monde des mortels et qu’un murmure ambiant d’énergies aethyriques était omniprésent. Il leur apprit comment les divers fils de magie étaient attirés par différentes choses et que par une recherche et un empirisme minutieux, on pouvait extraire leurs éléments aethyriques. Mais ces éléments ne seraient pas que de petites quantités de magie jaune, verte ou lumineuse, mais de minuscules tresses de magie qui avaient altéré la chose qu’elles pénétraient, qui les avait à son tour modifiées.

La découverte de la logique de réaction de ces éléments avec les objets possédés, expliquait Teclis, allait permettre aux magisters Dorés de créer des effets magiques activés par des doses limitées de Vent jaune. Cela signifiait également que les sorciers pourraient se servir d’infimes flux des autres Vents qui saturaient les éléments et choses ordinaires, non pas par la manipulation directe (qui pourrait engendrer la magie noire), mais par les réactions chimiques simples pour lesquelles Chamon, le Vent jaune, faisait office de déclencheur. Par cette méthode, les magisters allaient pouvoir concocter des potions et des composés dont les ingrédients magiques actifs seraient marqués par un Vent autre que le jaune, ce qui allait leur permettre de préparer des potions aux effets associés à d’autres domaines de magie que le leur.

Et ainsi naquit la magie alchimique de l’Ordre Doré, dans laquelle l’à-peu-près n’a pas sa place.

Au fil des siècles, la sagesse et les recherches de tous les alchimistes et herboristes du monde humain furent intégrées à l’étude et la pratique de l’Ordre Doré. Les vieilles recettes de nombreux sorciers de village et guérisseurs de l’Empire furent acceptées, analysées, puis affinées. De grands érudits d’Arabie apportèrent un impressionnant savoir alchimique au Collège lorsqu’ils se rendirent dans l’Empire pour rejoindre les magisters de l’Ordre Doré. Leurs connaissances étendues s’étaient transmises et perfectionnées, génération après génération, depuis l’époque de l’antique Nehekhara. Ces dernières décennies, les magisters alchimistes ont commencé à voyager de plus en plus loin (jusqu’au lointain Cathay d’après certains), en quête de toute bribe de savoir alchimique, métallurgique ou médical. Les magisters les plus respectés de l’Ordre ne lésinent pas quand il s’agit d’acquérir des écrits anciens d’autres contrées traitant des questions qui les intéressent.

Plus l’Ordre Doré accumule de savoir, plus il est avide d’apprendre. Telles sont l’émulation et la fascination qu’inspire le Vent jaune. L’Ordre Doré détient aujourd’hui les secrets de la confection, du raffinement, de la conservation et de l’utilisation des runes, des acides, des métaux alcalins, des réactifs magiques et chimiques, des poisons, des antidotes, des remèdes, des élixirs et potions magiques, des combustibles, des explosifs, des alliages, des agents purificateurs, des colorants, des teintures et même des savons. On peut donc dire que l’Ordre renferme l’essentiel de l’expertise humaine dans les domaines allant des mathématiques à la création de runes, en passant par le brassage.

L’histoire du collège raconte une réussite irrésistible. Il est donc peu étonnant qu’il soit considéré comme le plus riche de tous les Collèges de Magie.

L'USAGE DE LA MAGIE DORÉE PAR L'ORDRE

La magie pratiquée par l’Ordre Doré passe le plus souvent par la manipulation des métaux, mais l’Ordre propose également de nombreux sorts pour assister ses magisters dans leur étude et encourager la logique. La croyance populaire veut que les magisters dorés puissent créer de l’or à partir de rien. Certains racontent même les avoir vus faire, alors que les intéressés eux-mêmes réfutent ces allégations. Bien que l’opération soit complexe pour n’importe quel sorcier, un magister Doré transformera plus facilement un homme en cochon, tout simplement parce que ce sont deux mammifères vivants faits d’éléments similaires. Pour ce faire, le magister n’aura qu’à modifier la structure, sans toucher aux matériaux eux-mêmes. Modifier un élément de base est une autre histoire, puisqu’il faut agir sur l’essence même de l’objet, en faire autre chose de manière durable.

C’est ainsi que l’or est fait d’or, et le plomb de plomb, et loin de changer la structure de ces deux métaux de façon permanente (une prouesse qui excède largement les capacités et le domaine de tout magister humain), tout or obtenu par transmutation magique finira toujours par retrouver sa forme initiale. La durée de cette transformation (de un jour à quelques semaines) dépend de la compétence du magister et de la force du sort. Il va de soi que les répercussions d’une telle altération peuvent être dramatiques. Une créature vivante qui se retrouve entièrement en or pendant plus de quelques minutes ne sera plus qu’un cadavre au moment de retrouver sa consistance initiale.

Les sorts de transmutation provisoire sont au coeur de l’art occulte tel que le pratique l’Ordre Doré. Leur magie de combat s’exprime par des sorts qui font rouiller les armes des ennemis, transforment leurs armures d’acier en plomb peu pratique, ou font de leurs fières épées et masses d’armes des objets parfaitement inutilisables. Ces sorts n’ont pas besoin d’être permanents tant qu’ils assurent leur objectif sur le champ de bataille. Aussi provisoires soient-ils, la pratique et la parfaite maîtrise de cette magie constituent les fondements de la magie de l’Ordre Doré.

Certains s’interrogent sur les abus que pourrait exploiter l’Ordre par cette aptitude de créer temporairement de l’or. Mais pour un magister alchimiste, un tel manque de probité reviendrait à enfreindre plusieurs articles de l’Ordonnance sur la Sorcellerie et ne manquerait pas, si cela servait à acheter quoi que ce soit, d’engendrer un tollé général une fois que l’or aurait repris sa forme initiale. Cet acte malhonnête ne pourrait que nuire à la bonne réputation des Ordres de Magie.

Tout magister reconnu coupable d’avoir abusé de ses compétences en escroquant des commerçants avec de l’or qui s’est avéré du plomb quelques jours plus tard sera châtié publiquement. Il y a peu de chances qu’il soit banni ou pacifié pour un tel crime, mais il sera probablement flagellé à une heure et dans un lieu où le public pourra assister à la punition. Ces dérives restent extrêmement rares, seuls quelques apprentis et des compagnons encore moins nombreux prenant le risque de flouer les gens avec de l’or factice.

Ceci étant dit, les apprentis de l’Ordre Doré apprennent tous que la découverte de la Transmutation véritable constitue l’une des missions principales de l’Ordre, qu’il s’agisse de changer le plomb en or, le nickel en fer ou le cuivre en platine. L’Ordre s’efforce également de trouver le secret qui leur permettra de forger le métal exceptionnellement dur et quasiment inaltérable qu’est le gromril qu’extraient et façonnent les nains. La création de l’alliage partiellement magique qu’on appelle ithilmar fait également partie de leurs objectifs. Ce métal ultra-léger est plus dur que les meilleurs aciers faits par les hommes et peut accueillir des enchantements sur de plus longues périodes que la plupart des autres métaux. Cette quête est l’un des secrets les mieux gardés de l’Ordre et ses maîtres remueront ciel et terre pour s’assurer que l’opinion n’en sache rien, en particulier les nains et les elfes.

C’est ainsi qu’en plus d’être des sorciers aux compétences exceptionnelles, les magisters de Chamon sont aussi des scientifiques explorant l’ordre naturel de l’univers, les lois surnaturelles de la magie et leurs effets réciproques. Ces hommes cherchent les traces de l’Aethyr qui existent d’après eux en toute chose physique, pour en libérer le potentiel.

La recherche alchimique

Les magisters de Chamon sont perçus comme les meilleurs alchimistes et les plus accomplis de tout le Vieux Monde. Ils travaillent en collaboration étroite avec l’école des Ingénieurs et celle d’Artillerie, dans le but de créer des versions plus efficaces de la poudre noire et des alliages à la fois plus résistants et plus légers pour mouler les grands canons de l’Empire. Ils font également partie de l’élite du Vieux Monde en matière de confection d’armesmagiques, derrière les nains, qui surpassent aisément les plus grandes réalisations humaines pour tout ce qui concerne la fabrication d’armes, qu’elles soient magiques ou non.

L’alchimie que pratique l’Ordre Doré est une combinaison de magie et de chimie, même si les magisters du Collège n’y voient qu’un seul et même domaine d’étude. Bien que les plus grands érudits alchimistes consacrent l’essentiel de leur temps à dénicher les secrets de la nature de l’existence, leur art a au jour le jour la fonction essentielle de créer des potions aux propriétés magiques bien définies, que ce soit pour la recherche métallurgique ou la création de réactifs et explosifs chimiques. La plupart des sorts employés par les magisters alchimistes de l’Ordre servent à dissocier les composés, à traiter les éléments par températures extrêmes et à créer les effets dictés et induits par des combinaisons alchimiques quantifiables et leurs réactions prévisibles.

Les magisters alchimistes ont généralement une approche très pratique et scientifique de leur sujet. L’essentiel de leur travail n’a rien de magique, étant davantage associé à la simple chimie.

Néanmoins, la frontière entre les ingrédients magiques et ceux qui ne le sont pas est parfois floue. Les magisters de l’Ordre Doré voient l’Aethyr comme le réactif souverain, puisqu’il peut toucher et altérer absolument tout. C’est pourquoi ils cherchent par applications infinitésimales et très spécifiques de magie à définir des lois de reproductibilité (savoir par exemple si une altération se déroulera de la même manière à chaque fois que l’on instillera la même dose magique sur une matière donnée en respectant un processus fixe).

Tout ceci diffère sensiblement de la méthode qui consiste à tisser la magie des sorts, opération par laquelle le magister impose sa volonté et ses désirs à la magie pour qu’elle engendre un effet particulier. Le magister alchimiste ne cherche aucunement à forcer le résultat de l’expérience par une réaction entre la magie et quelque élément physique, car ce serait aller à l’encontre du but de l’exercice. Il ne veut qu’observer scientifiquement et tirer des lois naturelles, plutôt que de créer par voie magique quelque chose qui serait tiré de son imagination, ce qu’il perçoit davantage comme une forme d’art.

En raison de la nature particulière de leurs études et parce qu’ils sont autorisés à recourir à la magie dans leurs recherches, les magisters alchimistes de l’Ordre Doré ont fait bien plus avancer la théorie alchimique que n’importe quelle autre civilisation humaine du Vieux Monde.

Alors que les alchimistes plus triviaux de l’Empire jonglent encore avec des concepts aussi vieillots que les quatre éléments de l’existence (la Terre, l’Air, le Feu et l’Eau), les magisters Dorés emploient les sciences occultes pour découvrir des vérités physiques bien plus édifiantes.

Durant les derniers siècles, les grands magisters alchimistes de l’Ordre sont arrivés à la conclusion que toute existence physique était constituée de bien plus d’éléments que les quatre que proposent la science traditionnelle et la vision populaire. Les magisters Dorés ont ainsi découvert et répertorié ce qu’ils appellent les « Éléments véritables » de l’existence, ces ingrédients simples qui composent toute matière ou gaz. Par une analyse passionnée et de nombreuses expériences magiques, les alchimistes de l’Ordre Doré ont réussi à identifier environ quatre-vingt-dix de ces éléments naturels. Ils ont également créé seize autres composés qui sont en réalité des mélanges des Éléments véritables et de divers ingrédients aethyriques, qu’ils sont parvenus à dissocier des autres éléments ou, au contraire, à les y associer (le gromril, l’ithilmar et la Transmutation véritable leur sont toujours inaccessibles).

Manifestement, seuls les seigneurs magisters de plus haut rang et de grande expérience sont conscients de ces extraordinaires découvertes alchimiques. La plupart des initiés de l’Ordre, sans parler de la grande majorité des magisters alchimistes, en sont encore aux notions superstitieuses associées aux éléments de l’existence et aux possibilités de la science. Les tout meilleurs de ces étudiants de magie et d’alchimie seront les seuls à connaître une plus grande vérité.

La rumeur raconte que certains de ces secrets furent autrefois volés à l’Ordre Doré, en particulier quatre-vingt-dix ans plus tôt, lorsque un pamphlet fut publié par des membres de la guilde des alchimistes physiciens traitant et se moquant des « fantasmes et illusions » des « ésotéristes » de l’Ordre Doré. Les quelques faits révélés par ce pamphlet sur les recherches de l’Ordre étaient mal assimilés et présentés en dépit du bon sens, mais il apparut clairement aux seigneurs magisters que ces alchimistes de bas étage avaient eu vent, d’une manière ou d’une autre, des expériences secrètes menées dans leur Collège. Au cours des mois qui suivirent, les personnes qui avaient participé à ce billet ou l’avaient imprimé connurent de terribles accidents dans leurs laboratoires. Deux d’entre eux s’asphyxièrent avec des vapeurs empoisonnées, un troisième endommagea son visage et son oeil de manière irréversible dans une explosion, et deux autres périrent dans un incendie qui détruisit leur laboratoire sans toucher aux locaux voisins.

Aucune preuve ne fut apportée contre l’Ordre Doré, mais après cela, les critiques publiques contre leur travail se limitèrent à quelques murmures.

Devoirs et engagements

L’Ordre Doré est certes le plus opulent de tous, mais de bien des manières, cela paraît presque nécessaire. Le Collège a besoin d’une quantité importante de matières et de substances brutes pour mener ses recherches et former ses apprentis. Il apparaît donc comme le plus gros consommateur de l’Empire de produits chimiques et composés, bruts et purifiés.

Au cours des deux derniers siècles, l’Ordre Doré en est arrivé à posséder la majorité des écoles et guildes respectées d’alchimie de l’Empire. Ces établissements font office de centres de formation pour les magisters en herbe qui ont l’intention de rentrer au Collège. Les apprentis les moins expérimentés y apprennent à extraire des matières premières et purifier les substances chimiques et les corps composés, ainsi qu’à préparer les produits de base comme les colorants, les teintures, les encres, le savon et les colles. Les plus talentueux et accomplis de ces alchimistes ordinaires (ceux qui ne tarderont pas à être acceptés à l’Ordre Doré en tant qu’apprentis) produisent de grandes quantités d’antidotes, de remèdes, et de vins et autres alcools fins, en dehors de leurs études au caractère plus occulte. Toutes ces marchandises, des colorants aux alcools, sont vendues en gros aux commerçants, aux maisons aristocratiques et aux autres organisations importantes qui savent que l’on peut se fier à la qualité de production de l’Ordre Doré.

Seules les armées officielles de l’Empire sont autorisées à bénéficier de l’expertise des magisters dorés pour confectionner des substances de guerre, comme la poudre noire ou le mélange de résine et de poix qui permet de produire le fluide ardent. Les magisters alchimistes se spécialisent selon leurs affinités.

Certains se rapprochent de chimistes et consacrent leurs recherches à la création de potions, d’élixirs et d’autres substances étranges aux propriétés aethyriques. D’autres travaillent à la forge, où ils fondent divers métaux plus ou moins enchantés. L’Ordre Doré couvre de nombreux domaines d’expertise et d’étude, sachant que presque toutes les sciences, qu’elles soient ou non liées à la matière, sont abordées et exercées au sein du Collège.

Les magisters dorés sont en collaboration étroite avec les écoles des Ingénieurs et d’Artillerie, avec lesquelles ils s’efforcent de créer des formes de poudre noire toujours plus efficaces. Comme ils sont les producteurs humains d’armes magiques les plus accomplis du continent, le fruit de leurs efforts atterrit parfois entre les mains de généraux ou de nobles influents sur les plus grands champs de bataille, où les armées impériales affrontent les envahisseurs étrangers, les révolutionnaires et autres sécessionnistes, ainsi que les diverses bêtes et créatures de ce monde qui menacent l’Empire. Les objets rares et éminemment précieux que confectionne l’Ordre Doré ne sont généralement distribués qu’aux chefs militaires et aux soldats chargés d’une mission spéciale. En dehors de ces personnes, les seules qui aient les moyens de porter de tels objets, ou qui soient autorisées par la loi à en disposer, sont celles que l’Empire considère comme cruciales à la préservation de ses terres et de sa culture, comme c’est le cas de la noblesse.

LES SORCIERS DE L'ORDRE

Même les plus grands magisters alchimistes de l’Ordre Doré portent des vêtements simples quand ils sont au Collège et s’affairent à leurs expériences : tablier, gants et parfois calotte, tous de cuir, lunettes de protection et de vue. Il s’agit essentiellement de se protéger contre la chaleur et les émissions acides, comme le ferait n’importe quel alchimiste ou métallurgiste. Mais il ne faut pas croire que les magisters alchimistes sont toujours vêtus ainsi. Leur art et leur Collège leur assurent généralement une fortune relative, ce qui leur permet de laisser une impression tout autre à ceux qui les croisent lors de cérémonies ou en dehors des murs du Collège pour affaire de guerre ou toute autre activité.

Leurs toges sont taillées dans les textiles les plus fins, brodés avec goût de lourds brocarts d’or. Ils affectionnent particulièrement les couleurs et les teintes qui évoquent leur Ordre et le Vent de Magie auquel ils se consacrent, c’est-à-dire tout ce qui se rapproche de l’or et du jaune.

Les plus anciens et plus émérites des seigneurs magisters de l’Ordre portent parfois des gantelets articulés en alliage d’or, d’une confection exceptionnelle de qualité et d’élaboration, ainsi que des masques de leur métal fétiche. Ces objets sont à la source de rumeurs diverses selon lesquelles ces magisters se transformeraient progressivement en statues d’or pur, magiquement animées, qu’ils dissimulent les brûlures et cicatrices d’une vie d’expériences chimiques, qu’ils ne font que copier leur patriarche actuel, ou encore que ces objets ne sont là que pour humilier les citoyens ordinaires qui doivent se démener pour gagner honnêtement leur vie.

Les sorciers sont encouragés à mettre en pratique et à améliorer les sortilèges car c’est une façon de mesurer leur compétence et leur puissance ; l’abus du pouvoir de création (par exemple, par des sorciers endettés pour voler marchand ou serviteurs) s’est toutefois terminé plus d’une fois en lynchage. Pour bien montrer qu’il prend ses responsabilités, le collège a décrété que tout sorcier d’Or qui abuserait de cette capacité serait soumis aux punitions prévues par la loi. Le sort que tout sorcier d’Or rêve d’inventer, c’est celui qui rendra leurs créations permanentes.

Mentalité

Les sorciers d’Or ont développé leur magie et acquis de l’influence. Ils possèdent un sens exagéré de leur propre dignité et, chez eux, tout se fait en grande pompe et avec beaucoup de cérémonials. Cette particularité s’est également accrue au fil des ans.

Bien qu’ils soient magisters et pratiquent donc la magie, les alchimistes de l’Ordre sont souvent extrêmement rationnels. Ils font preuve d’une logique envahissante, cherchant à quantifier et mesurer tout ce qui concerne le monde physique. Ils sont et outre des professeurs et enseignants naturels, l’instruction étant pour eux une seconde nature, mais ils apparaissent également comme des élèves acharnés qui n’attendent que de pouvoir mettre en pratique la moindre bribe de savoir assimilée.

Le profil psychologique des magisters Dorés couvre un large éventail, allant des érudits passionnés, obsédés par leur prochaine découverte, aux mathématiciens appliqués et studieux, en passant par les armuriers bourrus, mais patients, les artisans fort cultivés et les génies énigmatiques qui parlent peu, mais fascinent par leur intellect. Peut-être est-ce le résultat de centaines d’heures passées à respirer les vapeurs toxiques et les substances volatiles chauffées à l’air libre dans leurs laboratoires, mais certains magisters Dorés apparaissent comme de doux cinglés. Cependant, il faut être bien stupide pour sous-estimer un magister des Ordres de Magie. De nombreux sorciers d’Or sont insatisfaits car ils ont encore beaucoup de travail avant d’atteindre leurs buts principaux – la Vraie Transmutation et la Création Durable.

Les magisters alchimistes sont des citadins par nécessité. Ils sont peu à vivre en dehors des villes, non seulement pour la difficulté de se procurer la matière de leurs expériences, mais également parce qu’ils prendraient le risque d’être accusés par des paysans ignares à la moindre poussée de mildiou ou panique de bétail.

Perception du peuple

Les magisters alchimistes sont généralement mieux acceptés que les sorciers des autres Collèges, tout simplement parce que leur travail est plus visible et directement utilisable, du moins ce qui est produit par les apprentis débutants. Les recherches magiques de l’Ordre se déroulent dans le secret des murs du Collège, qui produit par ailleurs de nombreuses substances aux applications pratiques, ce qui fait que ces magisters sont traités avec moins de crainte et de haine que ceux des autres domaines. Mais ils font néanmoins l’objet d’une certaine méfiance de la part de beaucoup de gens, qui ne peuvent ignorer la fumée et les étranges vapeurs émises par leurs laboratoires, les lueurs et vibrations suspectes, les explosions occasionnelles.

Certaines communautés ont érigé certaines règles contre toute pratique alchimique dans leurs murs. Bien que les alchimistes ne l’admettent pas facilement, cette réglementation peut s’avérer justifiée dans certains quartiers particulièrement peuplés. Avant que ne se développent la gloire et l’estime inspirées par l’Ordre Doré, ceux qui pratiquaient l’alchimie étaient réduits à mener leurs expériences dans les bas quartiers ou dans le secret, voire à l’extérieur des villes, où leurs flammes et relents seraient moins nocifs, même lorsqu’ils avaient quelque influence sur les autorités locales.

DEVENIR UN SORCIER DE L'ORDRE

Comme c’est le cas dans tous les Collèges de Magie, chaque apprenti doit étudier et comprendre la théorie de la magie et ses lois avant d’être autorisé à apprendre quoi que ce soit sur les sorts et leur incantation. Cela passe par de longues heures consacrées à comprendre les nombreux dangers de l’occulte et l’histoire de l’Ordre qui accueille l’apprenti.

À quelques exceptions près, l’Ordre Doré n’accepte que des apprentis déjà versés dans l’alchimie, la métallurgie ou l’herboristerie, ou les individus qui présentent une affinité exceptionnelle avec le Vent jaune de magie. L’Ordre recrute donc essentiellement dans les plus modestes écoles et guildes d’alchimie qu’il contrôle à travers l’Empire.

À l’instar de leur mentor, les apprentis avancés dans la formation sont tenus de participer aux recherches, discussions et critiques d’Ordre alchimique ou magique. Ceux qui se vouent à l’étude de Chamon sont naturellement amenés à enseigner, autant qu’à apprendre, si bien qu’une pratique courante au sein de l’Ordre Doré consiste pour les apprentis les plus anciens à inculquer les bases des divers phénomènes alchimiques aux nouveaux venus.

Les apprentis de l’Ordre Doré passent l’essentiel de leur formation à étudier dans les locaux du Collège, et non auprès leur mentor, où que celui-ci réside. Mais de nombreux magisters Dorés ont leur demeure en ville et ne se présentent au Collège que pour enseigner, étudier et mener des expériences. Cela n’empêche pas les dortoirs du Collège d’être surchargés malgré leur taille considérable.

Tous les apprentis, quand ils ne dorment pas, sont tenus de travailler dans les laboratoires sous la direction d’un magister et d’étudier dans l’immense bibliothèque du Collège. Étant donné que la plupart des apprentis ont déjà appris les rudiments de l’alchimie dans l’une des écoles mineures que contrôle l’Ordre Doré, on attend d’eux qu’ils connaissent les noms et ingrédients de la plupart des substances chimiques demandées par le magister. Au-delà de la perception et de la focalisation de la magie, sujets dans lesquels tout apprenti qui se respecte, quel que soit son Collège, se doit d’exceller, il leur faudra également assimiler au plus vite les convictions de l’Ordre Doré.

Prix des cours : Très élevé (Les logements du collège d’être invariablement pleins et les étudiants sont souvent obligés de se trouver une chambre ailleurs. En partie en raison de sa popularité, ses tarifs ont récemment augmenté.)
Prix des sorts : Élevé
Connaissance : Magie d’Or 100% ; Magie de Bataille 50% ; Alchimie 80%
Tout sorcier de magie de Bataille de niveau 3 et 4 peut intégrer le collège au titre de sorcier d’Or de niveau 4, à condition d’avoir pris toutes les promotions et acquis toutes les compétences d’un sorcier de niveau 3 ou d’un alchimiste de niveau 4.
Notez que les personnages souhaitant devenir sorciers d’Or doivent passer 1D4+8 mois au Collège d’Or à Altdorf avant d’être autorisés à partir.

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LOCAUX ET TERRAIN DU COLLÈGE

L’Ordre Doré est le Collège de Magie dont la réussite financière est la plus évidente. Grâce aux marchandises vendues aux compagnies commerciales, civiles et militaires, l’Ordre amasse une impressionnante somme d’argent. Quand on ajoute cela aux généreuses contributions qu’il reçoit des seigneurs et commerçants qui espèrent s’attirer les faveurs des magisters alchimistes, on comprend comment l’Ordre Doré figure parmi les organisations les plus riches de l’Empire.

Le Collège d’Or est le seul qui n’occupe plus le site choisi à l’époque de Teclis. Sa richesse s’est lentement développée et, il y a quarante ans, il a abandonné ses vieux locaux au bord de l’eau, près des quais, pour s’installer sur une rive du Reik à un emplacement plus prestigieux. C’est le plus grand et le plus impressionnant des collèges d’Altdorf,[pourtant], les locaux de l’Ordre Doré n’ont rien de fastueux, de flamboyant ou même de mystique quand on les voit de l’extérieur [RoS 1 parle tout de même d’un collège « splendide et tape-à-l’œil, construit en marbre veiné de jaune, avec de grandes statues dorées placées dans les hautes niches des murs extérieurs. »]. Ils ressemblent plutôt à un assemblage de grands laboratoires et de fonderies aux nombreux fourneaux et cheminées, vomissant des vapeurs et fumées colorées et parfois bien étranges. La bâtisse compte cinq étages, se présentant comme un désordre de tours et de cours, avec un véritable labyrinthe de couloirs, de laboratoires, de dortoirs, de forges et de halls de réception. Vers l’arrière du bâtiment, dominant le Reik du quatrième étage, sont disposées les chambres privées de quelques-uns des plus grands seigneurs magisters de l’Ordre, en particulier le laboratoire récemment rénové de Balthasar Gelt, le magister patriarche en personne. Au grand soulagement des citoyens d’Altdorf, ce Collège reste loin du cœur de la cité, puisqu’il est longé par le Reik. Les eaux vives du fleuve sont détournées par des conduits souterrains protégés, afin d’assurer la demande des laboratoires et des forges (refroidissement des fonderies et moulins à eau de nature mystérieuse). Quand l’eau se déverse à nouveau dans la rivière, elle apparaît parfois bizarrement colorée, résultant probablement de quelque expérience occulte menée dans les entrailles du Collège.

À l’inverse de certains autres Collèges de Magie, celui de l’Ordre Doré n’est pas caché à la vue des passants. Mais les gens préfèrent cependant rester à l’écart de la bâtisse, en raison des odeurs nauséabondes et des vapeurs épaisses qui l’enveloppent à longueur d’année, autant de manifestations auxquelles paraissent insensibles les magisters alchimistes qui ne semblent même pas y faire attention. Malgré cela et les gardes de l’Ordre qui les chassent régulièrement, un petit groupe de mendiants évolue dans les parages immédiats des portes du Collège. Ils ne mendient jamais auprès de ceux qu’ils prennent pour des magisters, mais sollicitent en revanche toute autre personne qui entre ou sort de la bâtisse. Le Collège reçoit de nombreux visiteurs riches et importants, et la rumeur de la rue raconte que ceux qui peuvent tolérer les nuages de vapeurs toxiques et ne craignent pas de se rapprocher de ces sorcelleries ont toutes les chances de faire de belles découvertes près des murs de l’Ordre Doré.

Contrastant avec le manque de fantaisie de l’extérieur, les salles de réception du Collège sont luxueuses, avec de beaux tapis, de lourds rideaux de velours, de confortables et moelleux divans et les statues rutilantes des précédents patriarches de l’Ordre. En plein coeur du Collège se trouve une immense bibliothèque abritant des milliers d’ouvrages sur tout ce qu’il faut savoir concernant les sciences physiques et métaphysiques, en particulier l’alchimie, la métallurgie et l’herboristerie, ainsi que des reproductions des derniers travaux de recherche des alchimistes du monde entier. La plupart des documents de la bibliothèque sont manuscrits, car le marché ne justifiait pas une impression en masse, et certains volumes rares peuvent atteindre quelques centaines de couronnes d’or auprès d’un amateur.

Dans les souterrains et d’autres ailes du Collège, sont dispersés des dizaines de laboratoires encombrés d’étranges appareils et de nombreux passages cramés et criblés par les émissions corrosives et les alliages en fusion. C’est dans ce royaume de la magie alchimique que les magisters de l’Ordre mènent leurs recherches.

Les laboratoires se présentent sous la forme de longues pièces abondamment éclairées. Ils présentent des rangées de fenêtres et de lucarnes pour laisser pénétrer autant de lumière que possible et évacuer les vapeurs toxiques qui s’accumulent à l’intérieur. Certains des magisters alchimistes mènent leurs expériences à haut risque dans des caves plombées pour éviter les accidents.

Chaque laboratoire comprend plusieurs paillasses et au moins un fourneau. Quand il n’y en a qu’un, il s’agit toujours d’un fourneau à chambre double, pour extraire les minerais, les mélanger et purifier les alliages. Malgré une ventilation efficace, tous les laboratoires présentent une odeur chimique peu rassurante.

Les ateliers de recherche sont souvent encombrés d’étagères et de casiers remplis de cloches en verre et autres récipients et ustensiles. Cette vaisselle est souvent en verre ou en porcelaine, faite par un magister alchimiste ou commandée auprès d’un artisan. L’équipement du laboratoire inclut, entre autres choses, des cruches et des carreaux en céramique, des soufflets, des chaudrons en cuivre ou en laiton, divers alambics, pilon et mortier, au moins un appareil à distiller, un bain-marie, un bain de cendres, une gigantesque lampe, des cuvettes, des pichets, des cuves, des fioles, des filtres, des passoires, des louches, des pipettes, et plusieurs paires de pinces articulées de diverses tailles. On trouve aussi des bouteilles en verre contenant des centaines de substances chimiques sous forme de liquides, d’onguents et de poudres. Cet équipement est considéré comme le strict minimum pour le travail alchimique.

RoS 1 précise que "le Collège d’Or emploie une foule de serviteurs et le chapardage y est presque une institution".

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SORCIERS DORÉS CONNUS

Balthasar Gelt, magister patriarche de l’Ordre Doré depuis 2520 CI [Synthèse RoS1 p.48 & RoS2 p.95]

Balthasar GeltL’actuel patriarche suprême n’est autre que Balthasar Gelt. Balthasar apparut pour la première fois dans le port animé de Marienburg, il y a de cela quinze ans, en provenance de son pays d’origine du Golfe Noir [C’est donc sans doute un Tiléen. RoS1 dit qu’il est aussi passé par Middenheim]. Ayant acquitté le voyage avec de l’or transmuté, il ne fit pas de vieux os et prit la direction d’Altdorf avant la fin des effets, cap pour l’Ordre Doré.

Balthasar était fasciné par l’alchimie depuis son enfance. Étant issu d’une famille fortunée, il n’eut aucun problème pour sillonner l’Arabie, la Tilée, l’Estalie et même les Principautés Frontalières, en quête de tout ce qu’il pouvait apprendre sur son sujet de prédilection. Avec le temps, il apparut clairement que sa fascination pour l’alchimie, en particulier l’idée de la Transmutation véritable, avait grandi en lui pour se muer en empathie naturelle avec le Vent jaune. Il finit par entendre parler de l’Ordre Doré, dont on disait qu’il accueillait les meilleurs alchimistes du Vieux Monde et des magisters aux talents hors pair. Entendant là l’appel du destin, Balthasar décida de se rendre aux portes de l’Ordre.

Sa connaissance étendue de l’alchimie fit aussitôt forte impression aux magisters dorés, mais ce fut son affinité naturelle avec Chamon qui les saisit le plus. Les sorciers qui savaient puiser dans un seul courant magique à la fois sans la moindre formation étaient et sont toujours extrêmement rares, et c’était pourtant ce que réalisait Balthasar avec une maîtrise remarquable. Il fut accepté au sein du Collège sans attendre.

La découverte du secret de la Transmutation véritable était la motivation principale de son apprentissage. Aidé par sa connaissance exhaustive de l’alchimie et par son talent naturel pour manipuler le Vent doré de magie, Balthasar gravit les échelons de l’Ordre à une vitesse fulgurante, plus vite que n’importe qui dans l’histoire du Collège.

Il s’est avéré être un atout important pour les armées impériales, ce qui lui vaut la faveur de la cour et le respect peu empressé de ses pairs. Ses références académiques sont tout aussi bonnes. Il a déjà publié des ouvrages remarquables sur l’Alkahest et sur la Transmutation et a produit quelques essais sur un sujet intellectuellement moins respectable (mais politiquement astucieux), les combustibles adaptés aux champs de bataille. [Plus tard,] son intelligence, sa curiosité et son ouverture d’esprit le rendirent très populaire, non seulement au sein du Collège, mais également auprès des plus modestes guildes d’alchimie qui sont réparties autour d’Altdorf et à travers le Reikland.

Puis vint le jour de son accident. Pour des raisons qu’il n’a jamais révélées, son laboratoire privé se chargea d’une intense lumière dorée, précédant une explosion tonitruante qui dévasta ses quartiers sans même faire trembler les parchemins des pièces adjacentes. Quoi qu’il arrivât, Balthasar survécut. Il verrouilla ses portes et refusa que quiconque soigne ses blessures. Un jour seulement après l’événement, il émergea de sa chambre, apparemment rétabli, mais habillé d’une toge le couvrant de la tête aux pieds et portant un masque doré, accoutrement sans lequel on ne l’a jamais vu depuis.

Certains racontent que toute sa peau se serait transformée en or, d’autres sont persuadés qu’il est complètement défiguré, et d’autres encore murmurent qu’il serait porteur de la malédiction ou au contraire, des faveurs, des dieux du Chaos et qu’il dissimule ses malformations sous son masque et sa longue toge. Personne ne sait exactement ce qu’il en est, et nombre de ses collègues ne se sont jamais plus comportés de la même manière à son égard depuis cet incident.

Quoi qu’il en soit, l’accident n’a aucunement érodé la détermination de Balthasar dans sa quête, pas plus qu’il n’a entravé ses pouvoirs. Bien au contraire, il a depuis accédé au statut de patriarche suprême des Collèges de Magie, en l’emportant sur Thyrus Gormann lors du duel rituel, substituant son Vent à la domination de l’Ordre Flamboyant, tout ceci avant même de devenir patriarche de son propre Collège. Il a depuis bien entendu assumé la fonction de patriarche de l’Ordre Doré, quand son prédécesseur, le magister patriarche Feldmann, s’évanouit dans la nature un an avant que les Collèges de Magie ne fussent mobilisés pour résister à la fameuse Tempête du Chaos.

Depuis l’intronisation de Balthasar comme patriarche suprême, le Vent jaune de Chamon souffle dru dans les rues d’Altdorf. Balthasar s’est avéré un conseiller de l’Empereur exceptionnellement rationnel, une sage autorité pour les Collèges, et un bien précieux pour les armées de l’Empereur, ce qui lui vaut une influence accrue à la cour et le respect de ses pairs.

Sur le champ de bataille, Balthasar Gelt monté un pégase et porte les objets magiques suivants : le Bâton de Volans qui a appartenu à Volans, le premier patriarche des collèges de magie, une Robe Scintillante qui gène les tireurs et une Amulette d'or marin, objet d'origine elfe qui le protège contre les sorts. Il peut possèder en outre des potions et des produits alchimiques ("Al-kahest" : un acide magique ; "Panacea Universalis" : une potion de soin, etc ).

Christa Feldmann, Grand Maître d’Or [RoS1 p.47]

Christa Feldmann est une femme de cinquante-et-un ans [autour de 2512 CI...]. Petite et rondouillarde, elle s’habille de longues robes dorées, richement brodées de pierres précieuses. Ses robes sont tellement longues qu’elles traînent toujours sur le sol. Ses cheveux gris sont généralement recouverts d’une résille de fils d’or et de perles ; cette sévérité royale est toutefois démentie par son visage souriant qui reflète sa nature affable. Elle a remporté l’élection il y a cinq ans, après la mort de son prédécesseur qui s’était étouffé avec un os de poulet au cours d’un banquet public. Christa passe l’essentiel de son temps dans son laboratoire privé. Elle est née à Bögenhafen et a suivi une formation d’alchimiste avant d’entrer au Collège d’Or à vingt-quatre ans.

Personne ne sait que c’est elle qui a tué Helga. Quand elle se rendit compte que sa victime ne connaissait pas le secret qu’elle avait cherché toute sa vie, elle fut au bord du désespoir. Son avidité, son obsession et son sentiment de culpabilité engendré par son crime lui firent quitter le droit chemin ; elle ne put résister aux tentations de la magie facile du Chaos et commença à suivre la voie de la corruption. Elle apprit ainsi le mystère de la transmutation de l’or et elle a, depuis, initié deux autres maîtres avec qui elle partage ses secrets, y compris les sacrifices dédiés à Tzeentch. Les victimes font souvent partie des mendiants qui s’agglutinent régulièrement autour du collège et qu’il est facile d’attirer à l’intérieur. Au cours de la dernière année, elle a commencé à voir pousser sur ses jambes de douloureuses ailes dorées qu’elle cache sous ses robes très longues.

RoS 1 suggère qu'elle a été démasquée par Gelt :

"Toujours prêt à relever un défi, [Balthasar]commence à s’intéresser à la disparition des mendiants et il ne lui faudra pas longtemps pour découvrir ce qui se passe – surtout avec l’aide de ses contacts parmi les aventuriers qui passent fréquemment par la capitale. S’il parvient à dévoiler cette corruption tout en préservant la réputation du collège, il sera un postulant sérieux à la succession de Christa – peut-être même de Thyrus quand il arrivera au terme de son mandat, comme Patriarche Suprême."

Helga Menze, sorcière d’Or [RoS1 p.47]

[Au environ de 2502 CI], la sorcière d’Or Helga Menze fut assassinée. L’enquête officielle attribua le crime à un amant jaloux, mais ils sont nombreux au collège à savoir la vérité : elle a été torturée à mort par un collègue convaincu qu’elle avait découvert la technique que tous cherchaient et qu’elle la gardait pour elle seule. Le vrai coupable n’a pas été démasqué, mais pour beaucoup ; il existe parmi les maîtres une faction qui connaît maintenant le secret. Comme personne ne semble savoir qui appartient à cette faction et qui n’y appartient pas, la méfiance et la suspicion ont contaminé tout le collège.

Gotthilf Puchta, patriarche de l’Ordre Doré [RoS2 p.96]

Le magister patriarche Puchta est célébré dans la plupart des Collèges de Magie, car il fut celui qui rédigea il y a plus de cent ans l’ouvrage prépondérant (et également volumineux) sur la théorie de la magie, également connu sous le nom trompeur d’Humble Traité sur la nature de la magie. On peut trouver des reproductions de cet énorme volume dans presque tous les Collèges de Magie, ainsi que dans certaines bibliothèques privées de magisters et de nobles fortunés. Il ne s’agit pas d’un livre de sorts, mais d’un ouvrage traitant de théories fiables et complexes sur la nature de la magie, le royaume du Chaos et d’autres questions ésotériques et occultes.

Bien qu’il ne soit pas aussi connu du public que les légendes que sont Volans ou von Tarnus, Gotthilf Puchta reste l’un des magisters les plus respectés de l’histoire auprès des cercles collégiaux.

Albrecht Helseher, grand magister de la guilde des magiciens et des alchimistes de Middenheim [PdT p.49 et RoS2 p.98]

HelseherHelseher est seigneur magister de l’Ordre Doré. Il est également le responsable de la guilde [depuis au moins 2512 CI]. C’est à lui que doivent s’adresser les magisters des deux Collèges s’ils désirent une chambre ou souhaitent profiter des installations de la guilde. Helseher semble avoir une soixantaine d’années et l’on a sous certains angles l’impression que sa peau présente un éclat légèrement métallique.

Il est d’une taille légèrement supérieure à la moyenne, plutôt maigre et simple d’allure. Il présente une longue crinière noire, grisonnant au niveau des tempes et son regard perçant est d’un bleu extrêmement vif. Ce sont ses yeux et ses doigts effilés mais puissants qui marquent d’emblée les gens qui le rencontrent. Helseher s’habille avec un manque de vanité qui frise la négligence. Quand il n’est pas vêtu de sa salopette et de son tablier de cuir, il aime s’habiller de frusques noires ou grises souvent débraillées, pour une liberté de mouvement maximale. Helseher s’intéresse davantage à ses études alchimiques qu’à toute autre chose, et il quitte rarement ses appartements et bureaux de la guilde. Il est donc peu visible de gens extérieurs, qui le perçoivent comme une personne mystérieuse inspirant une certaine crainte.

Théodor Habermas, troisième patriarche de l’Ordre Doré [RoS 2 p.44]

Théodor Habermas fut le premier à découvrir un moyen de concentrer un filament de magie jaune. Il le força à se replier sur lui-même, encore et encore, lui imposant en quelque sorte de se soumettre aux lois physiques, jusqu’à finir par obtenir un nuage de brume jaune miroitante, puis un liquide jaune pétillant, puis, finalement, une sorte de pierre dorée semi-translucide qui brillait d’un éclat intérieur. Cette gemme possédait d’extraordinaires propriétés, car elle pouvait être utilisée comme réactif, en différentes quantités, dans toutes les expériences alchimiques et pouvait également servir à alimenter certains dispositifs et appareils magiques utilisés par les magisters alchimistes de l’Ordre Doré.

Ferrus Goldschlager [WDF 182]

Sorcier Doré d'Altdorf. Participe à la campagne les Tambours de la guerre en 2515CI.