L'ORDRE CÉLESTE

Synthèse RoS1, RoS2
Sources

Les magisters de l’Ordre Céleste étudient le domaine des Cieux, que l’on appelle aussi "astrométéomancie" [ou, plus simplement, "astromancie"], la magie des étoiles, de la couche supérieure de l’atmosphère et du climat. Les magisters de l’Ordre Céleste sont également ceux que l’on présente sous le titre générique d’astromanciens. Il s’agit de pronostiqueurs, d’astrologues et de prophètes sans égaux chez les humains. Ils ont également une certaine influence sur le climat et autres phénomènes météorologique.

C’est certainement pour ces raisons que les magisters d’Azyr sont connus pour leur passion affichée de l’observation du ciel et des étoiles, et que les individus les plus instruits de l’Empire les appellent parfois "sorciers Célestes".

Les symboles de l'Ordre sont ceux du vent d'Azyr : le symbole géométrique et la Comète comme Hérault de la Connaissance Céleste.

Les sorciers de l'Ordre Céleste ne sont pas les seuls à utiliser les vents de magie Azyr. Cette page décrit simplement l'institution impériale spécialisée dans la formation de sorciers utilisant cette magie et son enseignement.

L'HISTOIRE DU COLLÈGE CÉLESTE

Les premiers sorciers Célestes ont beaucoup appris auprès de Teclis, et ils se sont fait un devoir de transmettre leurs connaissances. Le premier Grand Maître Céleste était originaire de Nuln, c’est pourquoi les bâtiments sont directement inspirés de son Collège Universitaire. Au début, l’ordre était plutôt souple, acceptant toutes les nouvelles recrues qui se sentaient attirées par la magie Céleste – le système actuel d’examen fut institué pour maintenir un haut niveau d’enseignement et empêcher un trop plein d’inscriptions.

Il y a une centaine d’années [environ 160 selon RoS2], Helmut Rosenkrantz de Middenhein devint Grand Maître Céleste au cours d’une élection contestée. Il bâtit la première tour à dôme dans l’angle ouest du bâtiment. Cela marqua le commencement de l’Âge des Tours, au cours duquel les maîtres du collège entrèrent en compétition en construisant des tours de plus en plus grandes et hautes. Cette rivalité entraîna la profusion de tours et d’observatoires que l’on peut voir aujourd’hui. L’Empereur finit par interdire les nouvelles constructions, et la dernière tour fut achevée il y a 30 ans. Les relations entre les maîtres sorciers sont encore très protocolaires et tendues, et il existe une étiquette très précise régissant l’utilisation des tours. La mort d’un maître est souvent l’occasion d’une ruée peu digne pour s’approprier sa tour, surtout si elle est bien située.

L'USAGE DE LA MAGIE CÉLESTE PAR L'ORDRE CÉLESTE

La magie du Collège Céleste se divise grossièrement en trois catégories : les présages, le contrôle des phénomènes météorologiques et, la plus dangereuse : la manipulation de l’avenir par le biais des malédictions.

Prédictions astrologiques

Il s’agit de l’art occulte qui s’efforce de décrypter l’avenir le plus probable des mortels en examinant l’action d’Azyr, Vent bleu de magie, sur la lumière des divers corps céleste, en particulier les lunes, les étoiles, les comètes et les météorites. On appelle généralement cette spécialité astromancie, la divination par les étoiles.

Azyr souffle depuis les royaumes intemporels de l’Aethyr en passant par le ciel lointain, et apparaît probablement sous la forme d’une fenêtre nébuleuse par laquelle les magisters célestes peuvent prédire certains événements. Apparemment, ils observeraient la manière selon laquelle les astres permanents sont déformés par le nuage flottant créé par la lueur bleue sans cesse changeante d’Azyr, qui fausse le cours du temps. Mais même s’il s’agit d’un art mystique, il s’accompagne de nombreuses notions mathématiques, comme la géométrie et l’analyse statistique nécessaire pour déchiffrer les messages cachés dans les cieux. C’est pour cette raison que les magisters du Collège Céleste sont d’exceptionnels mathématiciens, ce qui les rapproche des sorciers de Chamon.

Les astromanciens créent des instruments capables de calculs et mesures très précises, comme les astrolabes. Mais il n’y a pas que les cieux lointains qui permettent de voir dans l’avenir. Les astromanciens du Collège Céleste sont également des maîtres météorologues, qui peuvent prévoir les conditions climatiques par l’application de cette science. Ils fabriquent donc également des baromètres, des héliographes, des hygromètres, des anémomètres et autres ustensiles d’une incroyable précision et d’une facture remarquable.

Les astromanciens observent les corps célestes par le biais du halo bleu et vacillant d’Azyr, et répertorient les divers mouvements et images quand les conjonctions astrologiques et les constellations rencontrent le vent intemporel de l’Aethyr. Il leur faut longuement étudier avant d’être capable d’apprendre à interpréter les formules et les visions nébuleuses qui offrent un aperçu de l’avenir. Ils doivent également maîtriser les principes du yrmps et la nature incroyablement complexe des relations de cause à effet. Avec le temps, ils savent magistralement déceler le rôle de la main du destin et du hasard dans le monde des mortels.

Les magisters qui ont une affinité avec Azyr sont également d’une certaine manière en phase avec le futur, et montrent une fascination pour la divination et tout ce qui concerne ces choses qui ne sont pas encore intervenues. Azyr représente la quête de présage et de la connaissance de l’avenir, et ses magisters sont les maîtres de l’interprétation des rêves, de l’incantation runique et de toutes les formes de prédiction. Ils sont oracles et prophètes, diseurs de bonne aventure et devins. Ils n’ont guère de concurrence, que ce soit dans l’Empire ou au-delà de ses frontières. Mais les sorciers d’Azyr sont également de grands théoriciens, qui s’intéressent davantage aux grandes avancées de la logique qu’aux analyses assidues et à l’empirisme besogneux qui fascinent tant les adeptes de Chamon.

Magie météorologique

Leur compréhension des secrets de l’atmosphère est telle que les astromanciens disposent également de nombreux sorts pouvant contrôler le climat ou du moins la pression de l’air, ses mouvements, et même la foudre, qu’ils peuvent invoquer sur les têtes de leurs ennemis.

Manipulation du destin

Les aptitudes les plus inquiétantes des astromanciens sont probablement celles qui consistent à influer sur le futur, en ce sens qu’ils peuvent véritablement agir défavorablement sur le destin d’une personne s’ils le désirent et si leurs pouvoirs le leur permettent. Les secrets de cette prouesse ne sont connus que d’eux et peut-être des grands mages de la lointaine Saphery. Dans l’état actuel des choses, leur capacité à maudire leurs ennemis et à leur porter la poisse fait l’objet d’un grand débat chez certains éléments de la société impériale.

LES SORCIERS DE L'ORDRE CELESTE

Devoirs et engagements

Les plus opulents et influents personnages de l’Empire sont naturellement attirés vers les astromanciens du Collège Céleste avec qui ils entretiennent une sorte de relation d’amour/haine. La plupart des nobles chercheront à savoir ce que l’avenir leur réserve, que ce soit à court ou à long terme (ou les deux), et rien dans l’Ordonnance sur la Sorcellerie ou dans le règlement intérieur du Collège Céleste n’interdit de dévoiler leur fortune aux gens, s’ils le demandent eux-mêmes. En revanche, les astromanciens sont tenus de rapporter tout ce qu’ils voient avec une honnêteté absolue.

Mais cette bénédiction a deux tranchants, car les astromanciens ne peuvent pas toujours choisir quel domaine de l’avenir ils vont sonder. Ils peuvent donc voir le futur d’une manière qui assurera un regain d’influence politique à l’aristocrate concerné, mais ils ont autant de chance de prédire le jour, l’heure et les circonstances de sa mort. Et dans tous les cas, il leur faudra annoncer eux-mêmes ce qu’ils ont vu.

Ainsi, bien que de nombreuses maisons cherchent à s’octroyer les services d’un astromancien (ne serait-ce que pour les apparences), elles le poussent rarement à révéler les événements futurs. Ceci explique pourquoi les sorciers de l’Ordre Céleste sont souvent fortunés.

Comme tous les magisters, les astromanciens peuvent être amenés à servir une armée à plusieurs reprises au cours de leur vie, selon les circonstances. Comme on pourrait l’attendre d’un Ordre de voyants, les magisters expérimentés sont rarement pris au dépourvu quand ils sont ainsi convoqués.

Les astromanciens

La couleur vestimentaire de prédilection des magisters du Collège Céleste est le bleu nuit. Ils se parent en outre de pendentifs, de bagues, de boucles d’oreilles et de broches de la forme des étoiles, des lunes et autres astres notamment le symbole de la comète. Très riches, les astromanciens peuvent s’offrir les plus belles toges qui soient. Les plus beaux tissus et le meilleur travail de tailleur caractérisent tous leurs vêtements.

Ils portent souvent des téléscopes, des astrolabes et d’autres instruments d’astronomie.

On raconte que lorsqu’un astromancien progresse et se rapproche d’Azyr, ses yeux deviennent tout bleus et sont animés d’une douce lueur.

Mentalité

Si les magisters célestes donnent l’impression de tout savoir avant que quiconque ne prenne la parole, la réalité est quelque peu différente. Ils savent toujours quand quelqu’un s’apprête à parler, mais pas toujours ce qu’il va dire. Il est donc possible de les surprendre. Les astromanciens sont souvent de grands rêveurs et d’une grande érudition. La perspective changeante de l’avenir a pour eux plus de sens et de réalité que le présent.

Ils regardent fréquemment vers les cieux d’un air contemplatif.

Perception du peuple

La plupart des gens ne savent pas comment réagir face aux astromanciens. D’un côté, leur peur naturelle et leur méfiance vis-à-vis de tout ce qui concerne la magie les rendent nerveux au contact de magisters du Collège Céleste. Mais d’un autre, la curiosité que l’on trouve chez chacun dès qu’il s’agit d’anticiper l’avenir pousse les plus courageux à approcher les astromanciens, certains allant jusqu’à demander que leur fortune leur soit annoncée. Les sorciers célestes sont rarement assez cruels pour se pencher sur le futur de ces gens, et surtout pour leur faire part de leur vision.

Les sorciers Célestes ont des vêtements ostentatoires, une élocution flamboyante et une disposition générale délicate. Chez la plupart d'entre eux, cela se manifeste simplement comme de la grâce et de la politesse - ce n'est pas l'image populaire, cependant. Le sorcier Céleste typique est représenté comme un dandy trop habillé qui dépense son argent sur de la nourriture de luxe, des décorations précieuses et des œuvres d'art.

DEVENIR UN SORCIER DE L'ORDRE CELESTE

Le Collège régule la progression de ses apprentis par un programme rigoureux d’examens. Cela commence avec une épreuve d’entrée pour évaluer le savoir de l’apprenti. En général, les candidats qui ont le moindre talent aethyrique sont acceptés, quel que soit le résultat obtenu à cette première épreuve (il s’agit juste pour les magisters du Collège d’adapter l’éducation de l’apprenti à son niveau de départ). Ceux dont la candidature n’est pas retenue sont parfois orienté vers l’Ordre Lumineux avec une lettre de recommandation, car les hiérophantes sont toujours en quête de nouvelles voix pour intensifier leur chœur.

Les apprentis sont assignés à un maître, qu’ils se doivent d’obéir à la lettre. Ceux qui sont acceptés à Altdorf ont leurs quartiers désignés dans le Collège et sont tenus d’y résider en permanence. Ils ne peuvent quitter les locaux du Collège sans permission. En plus de leurs études, les apprentis doivent assister leur maître dans le cadre de leurs observations, ce qui leur donne également la possibilité précieuse d’apprendre à ajuster les grands télescopes des observatoires en dôme. Une propreté impeccable est exigée, ainsi qu’un travail assidu.

Les dômes des tours du Collège sont chaque soir débarrassés de toute fiente ou saleté par les apprentis. Cette pénible besogne est imposée comme punitions aux apprentis qui se sont montrés irrespectueux, qui ont de mauvais résultats ou dont la tenue vestimentaire laisse à désirer… La liste est interminable. Le nettoyage régulier entraîne forcément la nomination d’un apprenti pour la tâche.

Les maîtres du collège affirment que cela inculque aux acolytes un sentiment approprié d’humilité qui est notion cruciale pour tous ceux qui comptent étudier les Vents de Magie et éviter de répondre aux promesses que leur murmure le Chaos. C’est en effet plutôt humiliant, car leurs pouvoirs pourraient leur valoir respect et même admiration dans tout le reste de l’Empire. De nombreux acolytes affirment que tout cela ne sert qu’à satisfaire le sens de l’humour sadique des maîtres (Les gentilshommes qui subissent cette punition peuvent, bien sûr, se décharger de la tâche sur un de leurs serviteurs).

Le spectacle des acolytes escaladant les corniches et recourant désespérément à des sorts de vol, s’ils glissent, le tout sur fond de coucher de soleil, est un des plus célèbres et des plus distrayants d’Altdorf. Chaque jour, les probabilités d’accident fatal font changer de l’argent de mains. En vérité, les chutes sont très rares et les décès le sont encore plus – mais cela n’empêche pas la fascination morbide des badauds.

Une fois que les apprentis ont atteint le statut de magister à part entière, ils peuvent prendre des disciples sous leur aile et entamer leurs recherches personnelles. On leur confie un petit télescope, qu’ils portent sur eux en permanence. De nombreux astromanciens préfèrent rester au Collège toute leur vie durant, pour ne quitter la bâtisse que lorsqu’ils sont appelés à la guerre. Les exceptions les plus notables sont les individus qui voyagent pour observer les phénomènes astronomiques rares.

Selon RoS 1, il est possible à un sorcier déjà expérimenté d'intégrer l'Ordre :

"Les sorciers de magie de Bataille de niveau 3 et 4 peuvent intégrer le collège au titre de sorcier Céleste de niveau 4 à condition d’avoir pris toutes les promotions et acquis toutes les compétences d’un sorcier de niveau 3.
Notez qu’un personnage souhaitant devenir sorcier Céleste doit passer 1D6+6 mois de formation au Collège Céleste d’Altdorf et prouver sa loyauté envers son maître avant d’en partir. "

LOCAUX ET TERRAIN DU COLLEGE

Le Collège Céleste se situe près du centre d’Altdorf, sur la rive sud du Reik, non loin du palais impérial et du Grand Temple de Sigmar. ses tours dominent l’horizon d’Altdorf; chacune d’elles se divise en de nombreuses flèches, toutes surmontées d’un dôme de verre. Mais malgré l’animation qui l’entoure, le Collège passe souvent inaperçu.

Le Collège Céleste n’est ni invisible ni déguisé par quelque illusion. En revanche, les sorts qui le protègent empêchent subtilement les gens de regarder dans la direction du bâtiment ou de prêter attention à ce qu’ils voient. Des nuages et des brumes interviennent aux moments opportuns et le vent fait flotter les drapeaux, les auvents et les détritus entre les yeux des observateurs et les tours du Collège. Les gens qui vivent ou travaillent dans le quartier savent que quelque chose se trouve là, mais ils ne se rappellent plus vraiment quoi, et n’ont pas spécialement envie de le retrouver. La plupart pensent qu’il s’agit d’une résidence, d’un entrepôt privé ou de quelque autre bâtiment sans grand intérêt.

Mais celui qui connaît à peu près la position du Collège Céleste et qui le cherche volontairement peut en trouver l’entrée. Néanmoins, même une personne aussi déterminée aura rarement la présence d’esprit de lever les yeux ou de regarder ce qu’il y a autour de la porte, dont les détails lui échapperont certainement. Ainsi, quand un individu qui ne pratique pas la magie se rend au Collège, il a peu de chances qu’il remarque autre chose que l’entrée.

Les personnages habitués aux caprices de la magie sont bien sûr souvent immunisés contre ces effets et perçoivent le Collège dans toute sa gloire. Quand des sorciers indiquent clairement l’édifice à d’autres personnages, la magie est temporairement dissipée. Mais les individus qui ne sont dotés que des sens ordinaires s’en désintéressent vite et s’appliqueront à oublier de regarder dans cette direction, persuadés qu’ils n’y a rien d’important à voir. Et d’ailleurs, lors du bref aperçu qu’ils ont eu du Collège, ils n’auront fait attention à aucun détail.

Aux yeux de ceux qui peuvent le voir, le Collège apparaît comme l’un des spectacles les plus fascinants d’Altdorf. Seize tours élancées, bâties chacune de pierres bleue et blanche, se dressent vers les cieux. Bien plus hautes que les clochers du Grand Temple de Sigmar ou que les tours du palais, elles jaillissent de l’énorme structure principale en pierre bleue du Collège. Un dôme de verre domine chacune d’entre elles, étincelant au soleil et luisant faiblement de l’intérieur la nuit tombée. Il y a environ cent soixante ans, le patriarche [Helmut Rosenkrantz de Middenheim] d’alors fit construire la première tour à dôme au coin ouest du bâtiment. Cela lança l'"Âge des Tours", au cours du quel les maîtres du Collège firent construire des flèches de plus en plus hautes, ce qui engendra la profusion de tours et d’observatoires que l’on peut admirer aujourd’hui. Mais quand le nombre de ces appendices atteignit seize, les seigneurs magisters du Collège convinrent qu’il y avait assez de tours, et plus aucune ne fut construite.

Les tours sont connectées par de nombreux ponts et passerelles, également en pierre bleue ou blanche. Les fenêtres des tours et du bâtiment principal sont larges, et toutes les chambres et études du Collège sont dotées de lucarnes, de fenêtres et de balcons depuis lesquels les magisters et apprentis peuvent observer les cieux.

Le bâtiment présente une entrée de quatre mètres de large, divisée en quatre parties et recouverte de métal noir. Des paillettes d’argent sont réparties sur toute la porte, reproduisant la carte d’un ciel nocturne, mais il ne s’agit manifestement pas des cieux visibles depuis le Vieux Monde. Il n’arrive jamais que l’on ait à attendre à la porte. Les gardiens de l’entrée semblent toujours anticiper quand quelqu’un va se présenter et en ouvrent les battants juste avant que le visiteur ne frappe à la porte. Dans la plupart des cas, ils ont également une idée de l’objet de la visite, mais connaissent rarement les détails. Ainsi, quand un individu désire s’entretenir avec un magister, le portier s’en doutera, sans forcément savoir de quel sorcier il s’agit. Cette clairvoyance est certes le résultat d’une qualité d’observation affûtée, mais elle est également due à la magie. Le gardien ne se trompe que si un sort puissant dissimule les intentions du visiteur. Les personnes hostiles sont soit ignorées, soit menacées au tromblon par un orifice pratiqué dans la porte, selon la gravité et l’insistance de leur agressivité.

A l’intérieur, on est accueilli par une cours pavée qui donne accès aux nombreuses tours, dont les myriades de fenêtres dominent le reste du Collège. Aucun indice visible ne permet de deviner où mènent les différentes portes, c’est pourquoi les novices se perdent facilement. Dans les bâtiments, on trouve des bibliothèques, des chambres et des observatoires. L’air y est dénué de toute odeur, comme l’air pur des cimes montagneuses. Bien que leur logique puisse paraître complexe, les couloirs et cours du Collège ont un effet apaisant sur la plupart des visiteurs. Chaque tournant semble donner sur une bibliothèque ou un observatoire. Les personnes admises dans le Collège peuvent se rendre dans les quartiers d’un magister sans être accompagnées et les domestiques ont le don d’indiquer les bonnes directions juste avant que l’on se rende compte qu’on est un peu égaré. Les magisters qui reçoivent les invités leur ouvrent la porte dans l’instant qui précède leur arrivée sur le seuil, ne leur laissant pas le temps de frapper. Il faut par ailleurs rappeler que bon nombre de sorciers du Collège dorment la journée et passent leurs nuits au sommet des tours de cristal à scruter les étoiles.

Sans surprise, le Collège apparaît comme l’un des meilleurs endroits pour rencontrer des magisters Célestes. Tous les anciens ont leurs quartiers privés, meublés à leur convenance. La plupart du temps, cela se traduit par un style très astral, la majorité des chambres renfermant au moins un grand télescope et un astrolabe.

Bien que les visiteurs risquent de croire qu’ils font l’objet d’une surveillance constante, ce n’est pas le cas. Il se trouve juste que les apprentis et les magisters savent quand les étrangers ont besoin d’assistance et se présentent au moment opportun. Le Collège Céleste est susceptible de mettre mal à l’aise ceux qui ne sont pas versés dans la magie, surtout s’ils ont quelque chose à cacher.

Se déplacer incognito à travers le site demande une attention à l’environnement dont les individus dénués de capacité magique sont incapables. Même une personne aethyriquement douée aura bien du mal à anticiper les alertes magiques reçues par les résidents. Les gardes ont rarement à intervenir pour appréhender des intrus. Au lieu de cela, les domestiques vont comme par hasard travailler exactement à l’endroit où un tel opportun cherche à se cacher, ou débouchent aux intersections juste avant que le mal ne soit fait. La plupart du temps, les domestiques ne savent pas pourquoi ils se trouvent là à ce moment précis, simplement les enchantements des magisters supérieurs et les effets d’Azyr font bien les choses.

Un individu bénéficiant de pouvoirs magiques de dissimulation extrêmement évolués (comme les umbramanciens) serait peut-être en mesure de passer outre ces obstacles, bien que le manque de cachettes et la tranquillité générale du Collège ne facilitent pas les déplacements discrets. Sans assistance magique, il est hors de question d’espérer se faufiler dans le Collège, puisqu’on se retrouvera toujours avec un domestique en face de soi, les yeux plongés dans les vôtres.

 
SORCIERS CELESTES CONNUS

Hildegard Niederthaler, Grande Sorcière Céleste [RoS1 p42]

Malgré ses 87 ans, Hildegard est encore très active, et c’est une observatrice acharnée des étoiles. Elle est quelque peu grincheuse et prétend être la favorite des autres sorciers Célestes. Elle s’est appropriée trois dômes, ce qui déplaît aux autres. Beaucoup d’entre eux commencent à clamer qu’elle est sénile et donc qu’elle ne peut plus occuper son poste. Certains souhaitent son remplacement avant l’élection du nouveau Patriarche Suprême, car ils estiment que ses chances d’obtenir ce poste sont très minces.

Helmut Rosenkrantz de Middenhein [RoS1 p41]

Grand maître vers 2360 CI.

Il y a une centaine d’années [environ 160 selon RoS2], Helmut Rosenkrantz de Middenhein devint Grand Maître Céleste au cours d’une élection contestée. Il bâtit la première tour à dôme dans l’angle ouest du bâtiment. Cela marqua le commencement de l’Âge des Tours, au cours duquel les maîtres du collège entrèrent en compétition en construisant des tours de plus en plus grandes et hautes. Cette rivalité entraîna la profusion de tours et d’observatoires que l’on peut voir aujourd’hui. L’Empereur finit par interdire les nouvelles constructions, et la dernière tour fut achevée il y a 30 ans. Les relations entre les maîtres sorciers sont encore très protocolaires et tendues, et il existe une étiquette très précise régissant l’utilisation des tours. La mort d’un maître est souvent l’occasion d’une ruée peu digne pour s’approprier sa tour, surtout si elle est bien située.

Sten Glanzend, patriarche du Collège Céleste [RoS2 p110]

Mort durant la Tempête du Chaos (sans doute en 2522 CI).

Raphael Julevno, magister patriarche du Collège Céleste [RoS2 p109]
Le magister Julevno est né à Nuln. Fils d’une actrice et d’un mercenaire d’Ostland (selon sa mère). Il n’a jamais connu son père. Julevno avait douze ans lorsqu’il commença à avoir à avoir des visions, de brefs aperçus de choses qui allaient se passer dans les heures, les jours ou les semaines à venir. A l’âge de quinze ans, ces visions lui parvenaient sans arrêt, dans une telle confusion que sa mère crut qu’il avait perdu la raison. Le fait qu’il eût bel et bien gardée prouve la force d’esprit du garçon.
Sa mère estima qu’il lui avait causé suffisamment de soucis pendant ces quinze années et elle était persuadée que sa carrière artistique avait pâti à cause de lui. Sautant sur l’occasion d’un nouveau départ sans son fils à problème, elle contacta l’asile local en demandant au personnel de s’occuper de son enfant "dérangé". Mais grâce à ses visions, Julevno perçut ce qui allait arriver et fuit sa mère comme la ville de Nuln, pour vivre comme mendiant dans les petits bourgs et les villages des alentours.
Ce fut à cette époque que Julevno connut une nouvelle vision, qui, cette fois, se répétait encore et encore. Dans ses songes éveillés et ses rêves nocturnes, il voyait un imposant bâtiment bleu avec seize magnifiques tours. Au départ, il ne comprit pas la signification de cette image, mais elle l’appelait. Et elle l’appelait de la ville d’Altdorf.
Un jour d’automne pluvieux, Julevno parvint enfin dans les rues de la capitale et s’engagea vers le centre de la cité. Bien que tous ceux qui l’entouraient ne semblaient pas y prêter la moindre attention, l’œil du jeune homme était irrésistiblement attiré par les tours d’un bleu étincellant qui s’élevaient dans les hauteurs de la ville, ces mêmes tours qu’il avait vues dans ses rêves. Quand il se présenta devant la grande porte du Collège, Julevno ne pouvait presque plus marcher, tellement il était éreinté et sous-alimenté après sa marche pratiquement sans interruption depuis Nuln. Franchissant la premère marche du seuil, ses jambes finirent par le trahir et il s’effondra. Au même moment, la porte qui lui faisait face s’ouvrit, et s’avança un homme de grande taille à barbe blanche et tressée, et au regard d’un bleu scintillant.
"Ah, te voilà, dit-il. Nous t’attendions."
Il n’est pas besoin de dire que Julevno fut admis au sein de l’Ordre Céleste. Son affinité naturelle avec Azyr, le Vent bleu, était tout simplement prodigieuse. Son esprit éprouvait des visions de l’avenir sans même qu’il eût besoin d’observer les cieux ou de recourir à quelque équipement que ce fût. Les magisters ne pouvaient l’éconduire.
Julevno assimila vite le savoir de l’Ordre et accéda au statut de magister en seulement treize ans (ce qui est vraiment très peu pour le Collège Céleste). Il devint ainsi à vingt-neuf ans le plus jeune astromancien à part entière aussi loin que remonte la mémoire. Ce fut à l’âge de cinquante ans qu’il eut une vision furtive d’Archaon et de l’invasion que celui-ci s’apprêtait à lancer sur l’Empire. Un an plus tard, il eut la vision de la mort de Sten Glanzend, alors patriarche de son ordre [et où est Hildegard Niederthaler dans tout ça!]. Quand il rapporta son inquiétude à ce dernier, il découvrit que le vieil astromancien n’était pas surpris. Il avait vu sa propre mort à de nombreuses reprises par le passé, et il était prêt à l’affronter.
Avant de partir pour Middenheim, Glanzend avait confié à Julevno qu’il était destiné à devenir le prochain patriarche. Tous les seigneurs magisters de l’Ordre en avaient eu le présage. Bien qu’il n’en eût jamais parlé, Julevno avait également cette vision et ne pouvait en refuser l’honneur. Depuis cette époque, il s’est souvent interrogé sur la manière dont étaient désignés les patriarches de son Ordre. Les seigneurs magisters prédisent lesquels d’entre eux occupera ce poste et ils se contentent ensuite de l’élire.
Mais s’ils n’avaient eu aucune vision, médite parfois Julevno, l’auraient-ils élu? Ou au contraire, ne l’avaient-ils élu que parce qu’ils avaient eu cette vision. N’était-ce pas là un paradoxe? Une prophétie performative? Quel événement décidait l’autre, la vision qui indique le patriarche ou la destinée du patriarche en puissance qui informe la vision? Était-ce le destin ou quelque autre intermédiaire qui choisissait celui qui allait devenir patriarche des astromanciens ?
Ces préoccupations ont valu de nombreuses nuits blanches au magister patriarche Julevno.

Janna Eberhauer, adjointe de la guilde des magiciens et des alchimistes de Middenheim [PdT p.49 et RoS2 p.98]

eberhauerLa magister Eberhauer n’a pas encore quarante ans, mais elle montre déjà une grande expérience dans sa profession [elle est adjointe à Albrecht Helseher depuis au moins 2512CI]. Comme le stipule l’accord entre les Ordres Célestes et Dorés, l’adjoint du grand magister doit être issu du Collège Céleste. Eberhauer est donc astromancienne.
Elle paraît bien plus jeune que son âge. Elle est grande et sculpturale, avec une chevelure en désordre qui lui tombe sur les épaules, des yeux noisette mouchetés d’ambre et quelques taches de rousseur sur les joues et l’arête du nez. Elle est toujours impeccablement vêtue, préférant un style pratique et classique aux goûts plus démonstratifs de son Ordre. Elle ne correspond pas vraiment à l’idée que l’on peut se faire d’un magister. Intelligente et chaleureuse, Eberhauer présente le don rare de savoir mettre les gens à l’aise, ce qui est fort pratique pour obtenir des informations censées être confidentielles. Elle ne fait en revanche pas facilement part de ses propres opinions et paraît volontairement souvent ambiguë.