HISTOIRE
DES WASTELANDS

WD118 et Marienbourg à vau-l'eau, chapitre 2

Tous les documents concernant les origines de Marienburg ont disparu dans un lointain passé. Guerres, incendies, inondations et rats, et même le culte de Manaan, ont rivalisé d'efforts pour obscurcir le passé. Il ne nous est guère parvenu que des récits de tavernes et des hypothèses éclairées des érudits occidentaux, établies à partir de quelques manuscrits pulvérulents.

Les Marienbourgeois ont l'esprit pratique : la cité existe, et cela suffit. Tant qu'on peut y gagner de l'argent, son existence passée n'intéresse guère ses habitants ordinaires. Pourtant, la plupart des poulbots se font un plaisir de vendre aux visiteurs la carte du trésor secrète de Marius, ou celle de la cave où le culte de Manaan cachait ses reliques pendant l'occupation bretonnienne. En dépit des couches accumulées d'inventions frauduleuses, quelques faits exacts de l'histoire de la cité sont cependant connus.

LES ELFES

Date C.I.

Evénement

-4550

Les elfes établissent la forteresse de Sith Rionnasc’namishathir à l’embouchure du Reik.

-4500

Arrivée du Chaos

-4119

Les armées elfes et nains s'unissent pour chasser du Vieux Monde les vestiges du Chaos

-2839

Serment d’amitié entre les nains et les elfes. Le mur maritime, Vlœdmuur, est construit à cette époque par les nains.

-1997

Début de la Guerre de Vengeance qui opposera les nains et les elfes pendant 400 ans.

-1502

Sith Rionnasc’namishathir est pris par les nains après un long siège. La forteresse est totalement rasée.

-1501

Les elfes se retirent du Vieux Monde, abandonnant quelques colonies isolées dans les profondeurs des forêts (les plus importantes étant les forêts de Loren et de Laurelorn).

L'histoire de Marienburg commence il y a plusieurs millénaires. Bien avant la montée de l'Humanité, quand les elfes commencèrent à explorer le Vieux Monde, ils construisirent un grand port et forteresse sur le delta. Ils la nommèrent Sith Rionnasc'namishathir, "Forteresse de la Gemme-étoile sur la Côte Ensablée", et elle forma la base de la colonisation des forêts intérieures, et le port les reliait aux Terres Elfiques.

Les elfes et les marchandises circulèrent à travers la Forteresse de Gemme-étoile pendant quelques siècles, et, malgré sa position basse, une grande communauté prospère de nains s'y installa. Ils prêtèrent leurs talents aux elfes, échangeant des gemmes et des métaux précieux et construisant de grandes tours et bastions pour la défense de la cité. Ils combattirent et moururent aux côtés des elfes pour la défense de la forteresse contre les elfes noirs durant les guerres civiles elfes. Ce furent également les nains qui construisent le Vloedmuur, la grande digue de pierre qui protège la cité des inondations.

Puis vint les guerres entre les nains et les elfes. La Forteresse Gemme-étoile devint la capitale elfique du Vieux Monde, et ses armées s'étendaient à portée de vue. Au sommet de la puissance des Elfes, elle dominait un empire qui s'étendait du Grand Océan Occidental jusqu'aux Montagnes Noires.

Mais soudain, le cours de la guerre changea. Les contacts avec les colonies forestières furent perdu, et les Nains marchèrent sur la forteresse qu'ils avaient aidé à construire. Le siège de la Forteresse Gemme-étoile dura cinq ans, et ses murs virent certains des combats les plus amers de la guerre. Finalement, le blocus nain fut brisé par la flotte elfe, et la forteresse-port fut évacuée. Les morts furent laissés sur place, et les derniers vaisseaux partirent pendant que les portes tombaient.

La victoire des Nains fut amère. Leurs pertes furent énormes, et bien qu'ils tentèrent d'occuper la forteresse, ils étaient harassés en permanence par des attaques de pirates elfes et elfes noirs. Et les gobelins commençaient à envahir les Montagnes du Bout du Monde en nombre de plus en plus grands. La nouvelle arriva que Zhufbar était assiégée et Caraz-a-Carak elle-même était menacée.

Ainsi, après moins d'un siècle, les nains abandonnèrent la cité qu'ils avaient baptisé Zhorak-Kuban, "La Forteresse Défiante des Plaines". Les tours et les bastions furent détruits, et la cité rasée, afin que les elfes ne puissent pas la reprendre. Pendant plus d'un millénaire, les ruines de la forteresse autrefois grandiose s'effondrèrent dans le sable du delta.

La guerre entre les fimirs et les skavens

On n'a pas de date pour cette guerre. Elle se déroule entre le départ des elfes et des nains (-1500CI) et l'arrivée de l'homme (avant -20CI).

Les Wastelands, "Terres Incultes", n'ont pas toujours mérité ce nom. Bien avant l'arrivée de l'Homme dans le Vieux Monde, les terres à l'embouchure du Reik étaient couvertes de riches prairies et de bois généreux, où les arbres produisaient en abondance une variété infinie de fruits. Les Maîtres-Erudits des elfes des mers ont gardé le souvenir d'une faune abondante qui garantissait à jamais de la viande pour leur nouveau port en cette contrée vierge. Les troupeaux d'aurochs, qui ont maintenant presque disparu du Vieux Monde, comptaient des milliers de têtes. Ils étaient si nombreux que les légendes elfes prétendent qu'un aveugle n'avait qu'à tirer une flèche en l'air pour ramener un festin.
Les nains adoraient aussi cette terre, qu'ils appelaient Tiwaz-Katalhüyk, "Repos à la Fin du Voyage". Ils étaient alors les amis des elfes. Ils foraient les montagnes et tamisaient les torrents à la recherche des gemmes et de minerais précieux. Ils commerçaient avec les elfes qui leur fournissaient le produit de leur artisanat sophistiqué et les matériaux bruts récoltés au-delà des mers. Même après le départ de l'une et l'autre race, suite à la terrible guerre qui les avait opposées, les futures "Terres Incultes" étaient encore un pays de cocagne.
Mais la période qui avait suivi ces évènements et précédé l'arrivée de l'Homme avait été marquée par l'invasion du Chaos et du mal, un cancer venu du nord comme du sud. Les skavens, qui étendaient partout leurs tunnels comme s'ils voulaient saper l'assise même du continent, avaient surgi des mines abandonnées et ravagé la surface. Le pays avait été dévasté en quelques décennies, les troupeaux massacrés, les eaux empoisonnées et les vergers rasés. Dévorant ce nouveau domaine comme une infestation de vermine, les skavens s'étaient heurtés aux fimirs, une race de reptiliens géants qui avaient aussi entrepris de remodeler ces terres à leur propre image blasphématoire.
La guerre était inévitable. Seuls les skavens et les fimirs pourraient dire combien de temps elle a duré mais personne n'osera jamais les questionner. Les skavens avaient bâti de vastes forteresses pour défendre leurs conquêtes, et lentement rongé le territoire fimir. Finalement, un cataclysme avait ravagé les deux camps. Qu'il ait été invoqué par les fimirs désespérés ou des skavens décidés à en finir importe peu. Peut-être s'agissait-il d'une rébellion de la terre elle-même, d'un spasme de rejet. Un raz de marée de magie avait balayé le pays et les terres s'étaient convulsées et fendillées. En une nuit, les forteresses skavens et les places fortes fimirs avaient été rasées par les coups de boutoir de la roche mère en folie. Les armées des deux camps avaient été détruites et leurs séides broyés ou engloutis. A l'aube, il ne restait plus que la terre nue, décapée de toute vie ou presque et cachant ses blessures sous un épais manteau de brouillard.
C'est désormais un endroit sinistre où seuls les plus résolus espèrent trouver leur subsistance, sans parler de prospérité.

LES HOMMES ET L'EMPIRE

Date C.I.

Evénement

-20

Après avoir été vaincu par les Teutognens, Marius reçoit une vision d’Olovald qui lui commande d’emmener son peuple, les Jutones, à l’ouest du Nordland. C’est là que Marius le Loup des Marais, premier Roi de Jutonsryk, commence sa campagne de dix ans contre les fimirs qui infestent le delta du Reik.

-10

Marius tombe sur les ruines de Sith Rionnasc’namishathir et fonde Marienburg sur ce site. La construction de la forteresse de l’Île de Rijker commence.

501

Marienburg est annexée par l'Empire sous le règne de l'Empereur Sigismund II, le Conquérant. Le Roi des Jutones devient un noble impérial, le Baron du Westerland.

632

Depuis des raids nordiques, Marienburg est mise à sac pour la première fois.

765

La Baronnie du Westerland et les nordiques concluent à l'Althing de Traktatsey un traité qui met fin aux raids de ces derniers.

936

Mariage de Maud du Goiscin, fille du Duc Simon Beaumanoir de Moussillon, et de Arnout van Daalen, héritier de la Baronnie; le dernier sceau d’un pacte d’alliance contre L’Anguille.

1087

Marienburg signe un traité avec les royaumes orientaux d’Albion.

1102

Concile de Marienburg. Le Culte de Manaan déclare qu’Olovald " n’est pas un dieu, mais un serviteur de Manaan ". Les cultes fusionnent, et l’Histoire est réécrite afin de faire de Manaan le divin patron de St. Olovald.

1109

Les nordiques reprennent leurs raids. Marienburg est pillée et occupée par l’armée de Snorri Demi-main, qui se proclame Jarl du Vestland. Les Barons du Westerland résistent sur l’Île du Rijker.

1110

Une épidémie dévastatrice de Peste Noire se déclare dans l’Empire et se répand en cinq ans dans tout le Vieux Monde.

1111

Les nordiques abandonnent Marienburg.

1152

L’échec du Conseil Electoral marque le début de l’Âge des Guerres qui va durer 200 ans. Le Westerland reste à l’écart de la tourmente.

1360

Début des Guerres Civiles Impériales. Marienburg, laissée sans défenses, est pillée pour la troisième fois.

1547

Début de l'Âge des Trois Empereurs.

1550

La désintégration graduelle de l’Empire sur 430 ans entraîne une augmentation du nombre de démonologistes et de nécromants, ainsi que la prolifération clandestine de cultes du Chaos.

1597

Prise de Marienburg par l’armée bretonnienne du Duc de L’Anguille. Les cinq années d’occupation prennent fin avec l’approche d’une armée commandée par le Grand Duc du Middenland. Les forces d’occupation avaient été harcelées sans fin par les Marienbourgeois.

1604

Le Baron van Buik accorde à des marchands et armateurs des sièges à son Conseil de la Cité. Début d’un gouvernement démocratique à Marienburg.

1850

Les raids nordiques sur la côte de la Mer des Griffes reprennent une nouvelle fois. La cité est ravagée pour la quatrième et dernière fois.

1980

La " Guerre des Sorciers " se répand de Middenheim à Marienburg. L’autorité centrale s’effondre dans l’Empire pour 230 ans.

1991

La " Guerre des Sorciers " se termine par le bannissement ou l’exécution de nombreux démonologistes et nécromants.

1993

Des pressions religieuses entraînent une répression sanglante de la sorcellerie dans le Vieux Monde. Les magiciens de Marienburg reçoivent la protection de l’Ordre Fraternel des Bourgmestres (précurseurs de la Bourse d’Import-Export des Wastelands).

2000

Les occidentaux découvrent les Territoires elfes, et s'en voient refuser l'accès par eux.

Selon les sagas couchées par écrit des siècles plus tard, entre le départ des nains et l'arrivée de l'Homme, les marais qui entouraient les îles de la future Marienburg ont autrefois été infestés par les fimirs. Après la dévastation qui avait marqué la fin des guerres contre les skavens, les fimirs avaient repris des forces et lentement remodelé la terre à l'image de leurs horribles aspirations. Livrés à eux-mêmes, ils auraient fini par créer un enfer grouillant de démons au cœur même du Vieux Monde.

A la même époque, dans les lointaines forêts septentrionales du Vieux Monde, la tribu jutone était sur le point d'être anéantie par une tribu guerrière qui dominait toutes les autres avant la venu de Sigmar; les Teutogens, beaucoup plus nombreux, étaient apparemment invincibles. Plutôt que de se résoudre à l'esclavage, la famine ou la bataille suicidaire, le chef suprême des Jutones, le quasi mythique Marius, convainquit son peuple de fuir la Forêt des Ombres et de partir vers l'ouest avec tout ce qu'ils pourraient emporter.

Quelles que soient les péripéties et les raisons réelles de leur exode, il est certain que les Jutones se trouvaient dans les Wastelands en -20 C.I. Selon tous les récits, ils entamèrent une guerre féroce avec les fimirs, les deux camps se montrant impitoyables et décidés au génocide. Vers -10 C.I., les Jutones et les fimirs s'opposèrent en une bataille apocalyptique dans les ruines de la forteresse elfique. La saga de Dobbe Arend, la plus ancienne connue puisque certains fragments remontent au VIème siècle, affirme que Marius affronta la reine des fimirs en combat singulier et la tua sur Slagveldsrots ("Roc du Champ de Bataille"), l'ancien nom de l'île sur laquelle se dresse le palais du Staadtholder. Il revendiqua les marais et toutes les terres entre "les forêts et les mers". Les digues naines protégeaient encore une bonne partie de la région et il fonda sa capitale sur les ruines de Sith Rionnasc'namishathir, se proclamant Roi de Jutonsryk ("Royaume des Jutones"). Il décida de donner son propre nom à sa cité, et édifia son donjon sur Rykseiland ("l'Île du Royaume"), l'actuelle Île de Rijker.

On ne sait pas grand-chose des siècles qui ont suivi. Une colonne des cryptes de la cathédrale de Manaan porte une liste gravée de noms et d'accomplissements; certains sont encore lisibles. Les "rois" de cette époque ne régnaient sans doute que sur un village de pêcheurs primitifs bâti au milieu des ruines. Euricius Mariuszoon et la comète à double queue de son règne sont mentionnés, et plus tard, au troisième siècle C.I., Gijsbert Mannelykheid des douze fils, et son héritier qu'on ne connaît que sous le nom de Grootneus ("Gros Nez").

Les Jutones entreprirent de coloniser les Wastelands, et surtout la bande fertile qui encadrait le Reik. On peut encore voir les collines artificielles de leurs forts, des buttes couronnées d'une palissade, certains servant toujours de lieu de refuge. Les Collines Déferlantes accueillirent leurs premiers villages et petites villes, en commençant par Aarnau, l'agglomération la plus ancienne et la plus importante. Rien n'a survécu des quelques tentatives de colonisation des Landes Amères, Almshoven ayant été la dernière à mourir. Après les premiers siècles, ces essais de colonisation n'étaient bien souvent qu'un os lancé aux factions mécontentes ou aux jeunes nobles qui voulaient "de la terre, pas du poisson!". Même en ces temps reculés, Marienburg n'était pas seulement la première cité des Wastelands, c'était les Wastelands.

La cité entre à nouveau dans l'histoire avérée avec les Chroniques du Vénérable Ottokar, un des premiers Grands Théogones du culte de Sigmar. Le scribe anonyme rapporte les bénédictions accordées par Ottokar à l'Empereur Sigismund II le "Conquérant", qui agrandissait avec zèle le territoire de "l'unité du Divin Sigmar". Les Chroniques se concentrent sur les guerres livrées au sud et à l'est, mais mentionnent tout de même une campagne contre les "barbares de l'embouchure du Reik" pendant la belle saison 501.

A la tête d'une grande armée, Sigismund aurait balayé la résistance des Jutones et reçu la soumission de leur roi, Bram. Le chroniqueur loue la sagesse et la générosité de l'Empereur, car "il a non pas rasé leur Cytadel, ni ne les a asservis, mais il les a aimés comme des Enfants Prodigues, et créé leur Roy Baron et Vassel de l'Empire, baptisant la province neuve "Weysterland". Et ainsi, il a montré Son Amour pour tous les Enfants de Sigmar".

Le WD118 donne une version un peu différente de l'Histoire. Ce serait notamment Sigmar qui rattacha les Jutones à l'Empire.
"Les anciens manuscrits des temples de Véréna parle des Jutones, qui vivaient dans les marais en se nourrissant de poisson et de volaille et qui combattirent les Gobelins comme les Humains. Férocement indépendants, les Jutones furent la dernière tribu à jurer allégeance à Sigmar Heldenhammer quand il fonda L'Empire. Certaines légendes locales parlent d'un duel épique entre Sigmar et le chef Jutone, Gulderic, qui dura trois jours et trois nuits avant que Gulderic n'admette sa défaite; la plupart des historiens Impériaux doutent de la véracité de ces histoires, bien qu'elles profitèrent d'un regain de popularité quand les Wastelands firent sécession avec L'Empire.
Alors que L'Empire établissait son contrôle sur ses territoires, un descendant de Gulderic nommé Marius reçu le titre de Premier Baron du Westerland. Son nom est épelé de diverses manières dans les documents contemporains, mais les noms Marius, Marjus, Marijkus, Mårus et Marjoos semblent tous référer à la même personne. Marius le Loup des Marécages comme on l'appelait, conduisit avec succès une longue campagne contre les Fimirs des marais et les bandes de Gobelins isolées qui rodaient toujours dans les marécages. Après environ dix ans de combat, Marius avait complètement brisé les puissances non-humaines dans une grande région des deux côtés de la rivière, de la forêt jusqu'à la mer. "

Deux facteurs clés ont marqué le début de l'histoire de Marienburg : l'amour grandissant de ses habitants pour la mer et leurs contacts, guerriers ou commerciaux, avec les nordiques. La Manaanspoort Zee était la mine d'or de Marienburg - ses réserves apparemment inépuisables de poissons fournissaient un surplus qui était salé et exporté vers les villes et les cités de l'intérieur en plein essor, tandis que le Roi de Jutonsryk (et, plus tard, les Barons de Westerland) bénéficiait d'un monopole sur la production du sel et son exportation. Le commerce du sel était en fait si profitable que les plus anciennes lois impériales contre la contrebande lui sont entièrement consacrées. La contrebande de sel était frappée d'emprisonnement à perpétuité dans les oubliettes du Baron.

Mais l'éclat d'or attire souvent des regards avides. De l'autre côté de la Mer des Griffes, les jarls nordiques enviaient la richesse croissante du sud. Ils décidèrent de s'en emparer d'un seul coup plutôt que de continuer à lui sacrifier leur ambre et leurs fourrures. C'est en 632 C.I. que les premiers pillards firent leur apparition; leurs drakkars à tête de dragon apportaient la terreur sur les côtes du Vieux Monde.

Dans la bibliothèque du Temple de Véréna, un antique journal intime traduit la peur qu'inspiraient les raids nordiques : "Compatissante Shallya," supplie l'auteur inconnu, "épargne-nous la fureur des nordiques!". La déesse n'a pas dû l'entendre car c'est cette année-là que Marienburg fut pour la première fois pillée et incendiée, ce qui allait se reproduire trois fois encore au cours des 1200 années suivantes.

Les Marienbourgeois n'avaient pas subi sans réagir. En étudiant les drakkars capturés, ils avaient appris comment construire leurs propres vaisseaux de pleine mer, et tenté à de multiples reprises de combattre l'ennemi sur son propre terrain. Ils l'emportaient parfois, ou échouaient. Dans ce dernier cas, les Barons acceptaient alors de s'acquitter d'un lourd tribut, généralement de l'or, en échange de la paix, une paix qui durait jusqu'à ce que les jarls décident d'accroître leurs prétentions. Quand les Marienbourgeois étaient vainqueurs, ils imposaient le commerce plutôt qu'un tribut. Les Marienbourgeois cherchaient ainsi à rendre les nordiques dépendant de leurs exportations de luxe, à les convaincre que les échanges de la paix rapportaient plus que les massacres de la guerre.

Tout cela n'avait fait qu'accroître l'attachement des Marienbourgeois pour la mer. Forts d'une confiance nouvellement acquise, ils se mirent à explorer les côtes du Vieux Monde, et à commercer avec les villes et les cités de Bretonnie, d'Estalie et de Tilée. Ils franchirent même la Mer des Griffes pour signer des traités commerciaux avec les ports d'Albion, et s'aventurèrent dans le sud pour ramener soies et épices des lointains pays d'Arabie et d'Ind.

Durant les siècles qui suivirent, la Baronnie du Westerland prospéra. Les attaques des Norses furent repoussées, et un traité fut conclu à l'Althing de Traktatsey en 765 C.I.; les Norses venaient maintenant pour commercer plutôt que pour piller. Un mariage dynastique avec Duc de Moussillon en 936 C.I. amena de bonnes connections sur la route de Grismerie-Ois-Pâles Soeurs allant à l'océan, coupant à travers la Baronnie de L'Anguille, avec qui Moussillon était en guerre à l'époque. En 1087 C.I., un traité fut conclu avec les royaumes de l'est d'Albion, et Marienburg s'établit comme un port majeur du nord du Vieux Monde.

Le commerce était tout d'abord dirigé par les nobles familles des Wastelands. Traditionnellement proches du peuple, les aristocrates n'hésitaient pas à travailler aux côtés de leurs vilains. Mais avec la mode impériale, ils allaient aussi adopter les coutumes de l'Empire et le mépris du commerce, une activité de roturier.

Ce n'était pas un bon calcul. Les nouveaux commerçants les remplacèrent avec tant de brio que la richesse des maisons marchandes éclipsa bientôt celle des familles nobles. Ces parvenus devinrent même souvent les créanciers des familles aristocratiques en difficulté.

A l'Âge des Trois Empereurs, les entrepreneurs de la classe moyenne avaient acquis une telle influence qu'ils pouvaient exiger, et obtenir, des sièges au conseil du Baron, le Stadsraad, jusque-là strictement réservé au clergé et à la noblesse. Ils allaient confirmer leur importance en organisant la résistance populaire contre l'occupant bretonnien, tandis que le Baron et ses nobles étaient piégés à Rijker.

Le Baron Rœlandius van Buik avait tout d'abord opposé un refus catégorique : "Admettre des gens du commun au gouvernement? Autant remettre au Chaos les clés du Vieux Monde!" L'association des Marchands avait alors fait appel à ses meilleurs sentiments en évoquant diverses hypothèques échues sur des résidences de la noblesse, le nouveau palais du Baron y compris. N'ayant pas envie de retourner dans son sinistre château de Rijker, et encore moins d'y retrouver ses pairs dépossédés, le Baron van Buik avait cédé en échange d'une renégociation des prêts.

LE RETOUR DES ELFES

Date C.I.

Evénement

2000

Les occidentaux découvrent Ulthuan et s'en voient refuser l'accès par les elfes du Roi Phénix Bel-Hathor [LA HE WFB4 p27 et 30]. Ce dernier permet à Finubar, Prince d'Eataine de retourner dans le Vieux Monde avec eux afin de se renseigner sur les nouveaux maîtres du continent.

2150

Les elfes des mers reviennent dans le Vieux Monde. Marienburg signe un traité d’exclusivité commerciale réciproque. Des elfes des Mers réoccupent une partie de la forteresse de Sith Rionnasc.

L'évènement le plus décisif de l'histoire de Marienburg se produit sans doute en 2150 C.I., quand on aperçut un étrange vaisseau approchant la Manaanspoort Zee. Sans être à priori hostile, ce navire de conception étrangère avait incité le Baron Matteus van Hoogmans à dépêcher quatre de ses navires pour déterminer les intentions des arrivants. Le lendemain, la méfiance s'était transformée en liesse : le clipper Lughsoll-Siaisullainn - "Gemme-Etoile-sur-Mer" - entrait dans le port de Marienburg, escorté par les quatre caraques et salué par une joyeuse canonnade. Les elfes des mers étaient revenus dans leur ancien port.

Le Baron van Hoogmans avait immédiatement compris quelle fantastique opportunité lui tombait du ciel et les tractations avec le Maître des Vagues elfes, Sullandiel Commerce-au-loin, avaient commencé sur-le-champ. Une équipe de négociateur, comprenant le Baron en personne, le grand prêtre d'Hændryk et les chefs des grandes maisons marchandes, avait discuté sans relâche pendant deux semaines avec le capitaine et les officiers de la Lughsoll, pour finalement livrer le résultat de leur travail : le Traité de Commerce et d'Amitié.

Avec ce coup, aucune cité ne pouvait plus contester à Marienburg le titre de premier port du Vieux Monde.

"- Qu'il soit connu parmi tous les peuples et pour toujours : que les Maisons Marchandes du Westerland sont nommés agents exclusifs des elfes d'Ulthuan pour toutes les marchandises apportées du Nouveau Monde dans le Vieux.
- Que les elfes d'Ulthuan acceptent de fournir leur aide militaire et magique à cette Baronnie du Westerland en temps de guerre.
- Que les elfes d'Ulthuan seront Nos agents exclusifs pour la vente de marchandises du Vieux Monde dans le Nouveau.
- Que, en contrepartie de telles considérations, Nous, Baron Matteus van Hoogmans de Westerland, Baron de Marienburg, Premier Seigneur des Mers de l'Empire, etc., octroyons au Haut Roi d'Ulthuan une souveraineté perpétuelle sur les îles de Geldern, Zeeburg, Oranjekoft, Rijksgebouw, Vlotshuis et Westerleer, pour y construire des maisons pour Son peuple et un port pour Ses bateaux, et aussi longtemps que les termes de ce traité seront respectés.
- Tout cela fait le 17 jour d'Erntezeit, 2150 C.I. Que Manaan, Sigmar et Hændryk en soient les témoins bienveillants."
DU WESTERLAND AU WASTELAND

Date C.I.

Evénement

2301

Incursion du Chaos

2302

Magnus le Pieux apparaît à Nuln et unifie l’Empire. Paulus van der Maacht, dernier Baron de Westerland, meurt dans une bataille contre le Chaos.

2305

L’Empereur Magnus le Pieux décrète la disparition de la Baronnie et établit officiellement la Province de Westerland. Un Conseil des bourgeois de Marienburg gouverne désormais cette province impériale.

2378

Les flottes marchandes et les milices mènent une campagne très efficace contre les pirates.

2391

Deux jours d’émeutes marquent l’arrestation dans le Suiddock d’un humain par des elfes qui le livrent à la justice d’elfesville. De nombreux elfes sont lynchés avant que la colère retombe.

2402

Découverte de la Lustrie.

2403

Les premiers marchands reviennent de Lustrie.

2421

Découverte de la Nouvelle Côte.

2423

Les premiers marchands reviennent de la Nouvelle Côte ; la route maritime de l’Ivoire est établie.

2429

Le Conseil de Marienburg déclare l’indépendance des Wastelands. Les impériaux sont vaincus à la bataille du Marais Grootscher. L’Empereur Wilhelm III reconnaît l’indépendance des Wastelands.

2448

Un hiver rude est suivi par des crues du printemps qui inondent la moitié de la cité. Les digues et murailles du Vlœdmuur sont renforcées et prolongées et le système de drainage est amélioré. La magie et l’ingénierie des nains viennent contrôler le flux des différents canaux.

2449

Des émeutes ravagent le Suiddock, puis toute la cité, après le vote de certaines lois anti-corporatistes conçues à la bourse d’Import-Export. Le conflit fait des dizaines de morts avant que les deux camps s’entendent pour abroger les lois en cause et modérer les grèves.

2463

On découvre de l’or dans les collines de la Nouvelle Côte. La Ruée vers l’Or des Terres du Sud commence.

2475

Le commerce avec la Lustrie se développe et les cargaisons fabuleuses des Terres du Sud, Nippon, Cathay et Arabie continuent d’enrichir la cité.

2502

Élection de Karl-Franz au trône impérial. Le Directorat de Marienburg dénie toute accusation de corruption.

2525Destruction de Marienburg par la horde de Nurgle des frères Glott.

Marienburg allait entrer en crise, comme le reste du monde, pendant l'Incursion du Chaos de 2301 C.I. Les derniers Barons de Westerland furent la famille van der Maacht, une jeune branche de la maison des dirigeants du Nordland. En 2302 C.I., le dernier de la lignée, le Graf Paulus van der Maacht, mourut dans une bataille alors qu'il servait dans l'armée de Magnus le Pieux à Kislev. Il ne laissa aucun héritier, n'ayant que quinze ans et pas encore marié.Dès la fin de la guerre, Des candidats pour la Baronnie furent immédiatement proposés par le Nordland et le Talabecland, et en un mois l'Empereur reçu des pétitions de pratiquement chaque maison noble de L'Empire. Tout le monde voulait contrôler Marienburg, car celui qui contrôle Marienburg contrôle pratiquement tout le commerce de L'Empire.

Les arguments pour obtenir la Baronnie de Westerland étaient extrêmement divers; troisièmes cousins par alliance, grand-neveux au cinquième degré - tout lien distant ou douteux que les généalogistes pouvaient découvrir ou inventer. Les avocats travaillaient à plein temps pour tenter d'éclaircir tous ces liens et ces arguments, et les espions ramenaient d'inquiétants rapports; certaines provinces s'armaient en secret, au cas où elles ne réussiraient pas.

Magnus vit le danger : si certaines des grandes familles nobles s'estimaient lésées, les guerres civiles auxquelles il avait eu tant de peine à mettre fin risquaient de flamber à nouveau. Au beau milieu d'une nuit de printemps [ou endébut de soirée selon le WD118], Magnus allait recevoir une nouvelle délégation : ce n'était pas un autre clan de nobles impériaux mais un comité représentant les plus riches marchands de Marienburg. La légende dit que ce fut que trois hommes vinrent dans la salle du trône de Magnus le Pieux. Ils n'étaient pas vêtus des soies et des fourrures raffinées des nobles, et ils n'avaient pas avec eux des hordes d'avocats et de larbins, pas de cadeaux et de pots-de-vin extravagants. Mais cependant, l'Empereur les reçu, et ils discutèrent toute la nuit. Les noms de ces trois hommes étaient Jan Koopmans, Pieter Winkler et Thijs van Onderzoeker. Chacun était le chef d'une puissante famille marchande de Marienburg, et ils avaient été élus par les marchands et Bourgmestres de la cité pour présenter à l'Empereur une proposition d'affaires.

La situation de Westerland, dirent-ils, menaçait la stabilité de L'Empire. Sous son unité nouvelle, les schismes et dissensions de l'Âge des Guerres menaçaient toujours. Sans un successeur clairement défini, l'Empereur serait forcé de choisir parmi les diverses revendications venues de tout L'Empire. Qu'importe son choix, de nombreuses factions seraient déçues; et leur déception pouvait facilement détruire la nouvelle paix si fragile. Mais, dirent les Marienbourgeois, ils avaient la solution au problème de l'Empereur.

Ils proposèrent qu'aucun nouveau Baron de Westerland ne soit désigné; ainsi, l'Empereur n'aurait pas à favoriser une maison noble et aliéner d'autres. A la place d'un Baron, le gouvernement de la province serait entre les mains d'un Conseil composé des princes marchands de Marienburg. Après tout, dirent-ils, qui de mieux pour diriger un grand port marchand que les marchands eux-mêmes? Pour L'Empire, rien ne changerait; les impôts seraient collectés comme d'habitude, les obligations militaires seraient remplies, le commerce continuerait, et ainsi de suite. La seule différence serait que l'Empereur n'aurait pas à s'occuper du problème diplomatique de la succession du Baron.

Selon la légende, l'Empereur pria intensément pendant trois jours. Pour finir, il accepta la proposition et décréta que la Baronnie n'existait plus, que les marchands prenaient les rênes du pouvoir. Tout semblait en ordre et les choses se passaient si bien que les Empereurs suivants considérèrent la situation marienbourgeoise comme réglée et n'y pensèrent plus. 

Décret impérial de Magnus le Pieux
"QU'ON LE SACHE
Que dans l'affaire de la succession de la Baronnie de Westerland, moi, Magnus, Fils de Sigmar, Empereur, Seigneur d'Altdorf, Electeur de la Grande Principauté du Reikland, etc, etc, décrète ce qui suit :
Que suite à la mort héroïque du Graf Paulus van der Maacht pour la défense de L'Empire, sa lignée s'est éteinte.
Que bien que de nombreuses revendications furent présentées par les plus grandes et les plus illustres des maisons de L'Empire, il n'y a pas d'héritier clairement défini pour la Baronnie.
Que, suite aux nombreux siècles de guerre et les luttes récentes pour la sauvegarde de L'Empire de ses pires ennemis, nous ne pouvons en bonne conscience demander à une de nos maisons nobles de recevoir ce fardeau supplémentaire de gouvernement en plus de la tâche monumentale de reconstruire L'Empire.
AINSI, il fut décidé, après de longues considérations de tous les problèmes concernés, que la Baronnie de Westerland cessera d'appartenir aux postes nobles de L'Empire.
Par ce décret est créée la Province de Westerland, qui sera gouvernée par un Conseil choisi parmi les citoyens de Marienburg. Le dit Conseil gardera les devoirs et privilèges du Baron de Westerland, mais ne pourra jamais demander ou obtenir le statut d'Electeur Impérial, et ses membres seront choisis par nomination plutôt que par droit du sang.
De moi, ce trente-deuxième jour de Voxhexen, l'Année de l'Empire deux mille trois cent cinq."

C'est ainsi que le Westerland passa de Baronnie à Province, et le premier des liens qui l'attachait à L'Empire fut coupé. Maître plan des ploutocrates marienbourgeois ou sens aigu des opportunités, il se trouve que les Directeurs allaient au cours du siècle suivant concentrer de plus en plus de pouvoirs entre leurs mains et défaire un par un les liens qui rattachaient leur cité à l'Empire.

Pendant les siècles suivants, le Westerland fut dirigé selon le décret de Magnus, par un conseil choisi parmi les puissantes familles marchandes. En surface, tout semblait normal : les impôts impériaux continuaient à être payés, le commerce continuait et les demandes de troupes occasionnelles étaient honorées. Mais petit à petit, les choses commencèrent à changer. L'apparence normale du processus fut le plus grand allié de Marienburg. Sous le gouvernement du Conseil, rien ne fut permit qui attirerait l'attention de L'Empire, et ils furent donc largement libres de s'occuper d'eux-mêmes. Mais tout n'était pas comme Magnus l'avait voulu.

D'abord, le Conseil étendit lentement le droit des maisons marchandes de recruter et maintenir leurs propres flottes et milices. Ce droit leur avait été donné à l'origine comme une protection contre les pirates qui infestent la Mer des Griffes. Après que ces forces privées conduisirent avec succès une campagne contre les pirates en 2378-9 C.I., les Marienbourgeois firent une proposition à l'Empereur Leopold. Après les campagnes réussies de 2378, ce privilège était devenu perpétuel et la garnison impériale avait été retirée.

Profitant de ce succès, la Seconde Flotte Impériale était stationnée à Marienburg depuis la fin de l'Âge des Guerres; c'était une époque de mauvaises récoltes et d'impôts élevés, et le Conseil offrit de s'occuper de la défense maritime de Marienburg, réduisant ainsi le coût de la maintenance de la flotte Impériale. Leopold faisait face à la menace de révoltes dans de nombreuses régions. Ses forces étaient dispersées et au bord de la mutinerie. Il ne fut que trop content d'accepter l'offre apparemment généreuse du Conseil, et de se débarrasser de ce drain sur les caisses Impériales. La Seconde Flotte Impériale fut démantelée, et la plupart de ses vaisseaux et de ses hommes furent engagés par les maisons marchandes de Marienburg.

Enfin, les Directeurs créèrent leur propre service fiscal en 2399 C.I. pour veiller sur la collecte des impôts et des taxes douanières, et lutter contre la contrebande. Chaque sou était soigneusement compté et enregistré avant d'être remis à la Légation impériale et les collecteurs d'impôts de Marienburg montraient une formidable efficacité dans la capture des contrebandiers. Certains prétendaient même qu'ils lestaient les tableaux de chasse trop modestes avec des innocents piégés par des coups montés. Tout ce que les collecteurs d'impôts Impériaux avaient à faire était de recompter l'argent. En un an, les collecteurs d'impôts Impériaux dans le port de Marienburg passèrent de cent vingt à trois. Comme on pouvait s'y attendre, le gouvernement reconnaissant d'Altdorf laissa le Service Impérial des Impôts de Marienburg s'atrophier jusqu'à n'être plus qu'un simple récipiendaire des paiements du Directorat. Plus de pouvoir passa ainsi entre les mains du Conseil, qui avait maintenant - sous un autre nom - ses propres forces armées et ses propres collecteurs d'impôts, aucun des deux véritablement sous contrôle impérial.

Le dernier acte de rupture avec l'Empire se produisit à la fin du règne de l'Empereur Dieter, le dernier des Unfähigers. Celui-ci avait imposé de lourdes taxes sur la bière et les saucisses pour financer son invasion des Principautés Frontalières et ces dernières avaient presque partout provoqué des révoltes. Sa destitution en faveur du Grand Prince Wilhelm du Reikland et le chaos général allaient permettre au Directorat de faire voter l'indépendance du Westerland par le Stadsraad.

La rupture arriva finalement durant le printemps de 2429. L'Empereur Dieter IV était le dernier de la Maisons des Unfähiger; durant le règne de soixante-dix ans de cette dynastie, les caisses impériales furent pratiquement vidées par plusieurs tentatives de conquête des Principautés Frontalières. La population de L'Empire fut taxée jusqu'à la moelle, et de plus en plus d'hommes furent enrôler pour diverses campagnes dans le sud, le Westerland n'étant qu'une des diverses provinces et baronnies à finalement refuser de fournir des troupes. Pendant qu'un comité de nobles complotait pour renverser l'Empereur et installer le Prince Wilhelm d'Altdorf sur le trône, le Westerland fit enfin sécession avec l'Empire.

Wilhelm envoya trois expéditions punitives contre la province rebelle qu'il appela avec mépris "ce satané wasteland" - un jeu de mot basé sur le dialecte local du Reikspiel, qui prononce "Westerland" comme "Weysterlaand" - mais toutes les trois furent vaincues..
Les armées Impériales étaient épuisées et à court d'hommes après ces attaques contre les Principautés Frontalières, et les expéditions étaient principalement constituées de conscrits forcés et mal entraînés, qui s'enfuirent rapidement dans les marais du sud de Marienburg. La bataille décisive eu lieu dans le Marais Grootscher, à douze miles au sud de Marienburg, durant le Erntezeir de 2429. L'expédition Impériale fut harassée durant leur traversée du marais par de petites forces des habitants locaux, et furent repoussés dans une zone de sables mouvants par une force de miliciens sur la rivière renforcée par des marines elfes des mers. C'est à cette occasion que furent révélés les liens unissant le Directorat et les elfes des mers, dont les sorciers avaient joué un rôle décisif dans la campagne finale.

Finalement, le Marktag 20 Kaldezeit, 2429, Wilhelm reconnu formellement les Wastelands - car le Conseil avait adopté sa plaisanterie - comme une nation indépendante.

Les batailles des Marais Grootscher en 2429 C.I.

On a deux versions intéressantes pour la ou les batailles des marais Grootscher :

- celle des Realms of Sorcery qui signa la fin de l'empereur Dieter IV et le début de la libéralisation de la magie dans l'Empire.
- celle de Marienbourg à vau-l'eau voulue par Wilhelm, le successeur de Dieter.

Rien n'interdit que l'Empire ait tenté deux fois la même chose dans la même année avec des empereurs différents et soit tombé deux fois dans le même piège....

Le comte Léopold [ou Bruno ?] et la bataille de Grouche Marsh [Realm of Sorcery]
En 2429, Marienburg déclara s'affranchir du contrôle impérial. L'empereur Dieter IV, sous la pression du Conseil et du Grand Théogone qui voulaient étouffer les troubles et la tendance sécessionniste de Marienburg et de la province des Wastelands, chargea le Comte Léopold von der Waldemar, un chevalier et général reconnu d'une expédition militaire d'assiéger et d'occuper la cité portuaire de Marienburg dans une campagne décisive.
Les forces du comte Léopold, nettement supérieures en nombre et en armement, faisaient face à une force hétéroclites de miliciens et de franc-tireurs dans les maris au nord est de Marienburg. Sûr de la bénédiction de Sigmar et de la puissance de son armée, le Comte espérait dormir au soir dans un lit confortable à Marienburg. Au lieu de cela, le Comte passa sa nuit sur la route avec les restes dispersés et démoralisés de ses forces, qui battaient retraite. Il avait été battu, il l'apprit plus tard, par approximativement deux sorciers mineurs et trois maîtres élémentalistes (mercenaires elfes des mers). Ces magiciens, utilisant des sorts de magie de bataille, héritage oublié des Guerres Gobelines, bloquèrent le passage sur les chemins sûrs à travers les marais, pendant qu'ils harcelaient les flancs des colonnes ainsi immobilisées. Les boules de feu dispersèrent et décimèrent les unités de cavalerie lourde. De plus, des sorts permirent à l'ennemi de se déplacer sans problème et rapidement sur le terrain difficile tandis que d'autres magies embourbaient les unités qui avançaient sur des routes de terre ferme illusoires.
A la fin du jour, Léopold avait perdu 20% de ses hommes notamment beaucoup dans les rangs des nobles montés et des chevaliers. Les défenseurs de Marienburg avait à peine souffert de 1% de perte et avait refusé à Bruno tous ses objectifs tactiques. Le comte a alors imploré sans cesse ses prêtres et ses héros de trouver un moyen de neutralisé la poignée de magiciens qui immobilisait ses armées entières, mais ils étaient complètement désarmés contre les sorts de bataille des sorciers de Marienburg.
A son retour à Nuln, Léopold persuada l'Empereur que la sécurité militaire de l'Empire dépendaient de magies au service de loyaux serviteurs de l'Empereur. Dieter IV convoqua le Grand Théogone et le Grand Prêtre d'Ulric et les interrogea scrupuleusement pour connaître les raisons pour lesquelles l'Empereur ne devrait pas, pour la plus grande gloire de l'Empire et sa sécurité, fondé un collège de guerre pour les sorciers afin de servir à la discrétion de l'Empereur dans les armées du Reikland. Après avoir dûment écouté leurs protestations véhémentes, il les remercia et s'attela à la rédaction d'une charte impériale établissant le premier Institut impérial de magie de bataille.
Dieter IV fut finalement capable d'obtenir la bénédiction réticente du Culte d'Ulric pour son collège de guerre. En jouant le culte de Sigmar contre celui d'Ulric, Dieter IV réussit à neutralisé les pressions politiques qui aurait pu aboutir à la nomination d'un nouvel Empereur. Cependant, les conflits avec les cultes n'aboutissant pas et des rumeurs infondés affirmant que la campagne de Marienburg n'avait pas été un échec mais que Dieter IV avait été corrompu par les Burgmeisters pour accepter l'indépendance des Wastelands provoquèrent la chute de Dieter et jetèrent le discrédit sur sa dynastie.
Néanmoins, les successeurs de Dieter IV furent forcés de poursuivre sa politique pour maintenir la sécurité de l'Empire. Pendant ce temps, les autres nations du Vieux Monde augmentèrent la part de la magie de bataille dans leurs stratégie militaire. Les dirigeants et les nobles à travers le Vieux Monde ignorèrent les interdictions des prêtres et employèrent des sorciers comme conseillers, serviteurs, gardes du corps et pilotes. Les nations où les cultes gardèrent une ligne dure se trouvèrent eux-mêmes rapidement demandeurs dans le jeu de la puissance militaire.
A l'origine, la charte impériale permettait l'étude et la pratique de la sorcellerie seulement à des fins militaires et uniquement sous l'autorité de l'Empereur. Plus tard, le droit d'employer des sorciers a été étendu par décret à la noblesse. Des chartes spécifiques ont autorisé certaines familles à engager des sorciers pour des fins spécifiques – principalement comme physiciens des arcanes et comme auxiliaires mercenaires pour la défense de l'Empire. Finalement, en 2452, Wilhelm III rendit légales dans le Reich les quatre disciplines académiques de la magie – sorcellerie, élémentalisme, mentalisme et alchimie - et il rendit caduques les anciennes lois des cultes contre les magiciens. Dans sa proclamation, Wilhelm III déclara tout de même que certaines pratiques (notamment la nécromancie et la démonologie) restaient illégales et étaient considérés comme des trahisons. Dans cette même proclamation, Wilhelm III établit également les quatre académies de sorcellerie et les guildes de magie et leur garantit le droit de légiférer pour restreindre la pratique de la magie dans l'Empire et lui donna plein pouvoir pour établir des punitions et pour juger les contrevenants.
Même aujourd'hui, la majorité des études et de la recherche dans les académie de sorcellerie sont limités aux sorts et aux enchantement avec des applications militaires. De plus, nombre d'incidents malheureux aux premiers jours de ces académies ont prouvé que les sorciers pouvait provoquer de nombreuses bêtises sans la collaboration effective des guildes, des académies et des souverains dans la répression des abus criminels et irresponsables de ces arts. Wilhelm avait réalisé avec perspicacité que les académies et les guildes avaient un grand intérêt a prévenir les désordres qui pourrait monter le peuple, les marchands et la noblesse contre eux. Les académies et les guildes ont donc établi des règles concernant la pratique de la magie dans l'Empire et ont pratiquement réussi à policer leurs propres rangs. Leur succès est certainement au moins partiellement du aux ressources qu'ils affectent à la poursuite et l'appréhension des malfaiteurs et à l'horrible enthousiasme et ingéniosité qu'ils investissent dans les spectacles publics de leurs sentences et de leurs exécutions.
La proclamation de Wilhelm légalisa seulement la pratique de la magie dans les quatre académies. Cependant, en annulant les anciennes prohibitions contre la sorcellerie, le statut de la sorcellerie " sauvage " est pour le moins ambiguë. Ces magies sont principalement pratiquées par les gens pauvres et ruraux et n'ont que peu de conséquences pour les nobles et les marchands de l'Empire. Les académies ont interprété que leur autorité incluait la poursuite et le jugement de sorciers qui nuisait clairement à l'ordre public – les pyro-maniaques, les brigands et les bandits de grand chemin usant de la sorcellerie en particulier. Ils sont cependant moins diligents pour traquer les petites fraudes et les nuisances occasionnellement perpétrées par les sorciers " sauvages ". Les gens des campagnes ont instauré leur propre style de justice, primaire et informel, pour gérer ses jeteurs de sorts rebelles.
 
Prologue 2429 C.I. [Marienbourg à vau-l'eau]
 
Des pas lourds résonnaient dans la petite salle; l'incessant clic-clic du cuir dur sur le marbre trahissait l'anxiété de l'unique occupant de la pièce, Wilhelm von Holswig-Schliestein, Grand Prince du Reikland et Empereur de fraîche date. Pour la centière fois ce matin-là, il regarda par la fenêtre battue par la pluie et examina la place qui s'étendait devant le palais.
Quantité de gens allaient et venaient, se dépêchant de quitter la morsure du vent glacé qui balayait le Reik. Mais nulle part dans cette foule, Wilhelm ne voyait celui qu'il attendait - le messager dépêché par son Armée du Reik Inférieur, la troisième et plus puissante des forces envoyées contre les rebelles de Marienburg. Cette dernière expédition n'était pas particulièrement impressionnante selon les standards impériaux, mais elle n'avait pas à l'être. Les Marienbourgeois étaient des boutiquiers et des compteurs de pièces, pas des soldats. Les meilleures troupes de Wilhelm avaient été envoyées au sud et à l'est, pour parer à des menaces autrement plus graves. Les Princes Frontaliers multipliaient les raids de représailles, suite à la tentative de conquête de l'année passée, et les lourdes taxes destinées à financer la défense avaient provoqué plusieurs révoltes populaires. La semaine précédente, une lettre paniquée du Grand Prince Augustus d'Ostland était arrivée : il réclamait des Gardes Impériaux pour mater les émeutes qui exigeaient du pain dans sa capitale. L'hiver imminent promettait d'être rude, et les récoltes d'automnes avaient été mauvaises; la situation ne pouvait qu'empirer.
L'Empereur Wilhelm avait toutefois gardé en réserve une partie de ses meilleures troupes, car des rapports signalaient que Dieter IV, l'Empereur déchu, rassemblait des mercenaires le long du Talabec supérieur et se préparait à reconquérir son trône. Le peuple, comme toujours, manquait de mémoire et commençait à blâmer Wilhelm, oubliant que c'était Dieter qui avait décrété les nouvelles taxes et provoquer les bandits des Principautés Frontalières.
Les conditions nécessaires à un contre coup d'État, ou même à une guerre civile, étaient réunies, et Wilhelm avait désespérément besoin de bonnes nouvelles pour éteindre les braises de mécontentement sur lesquelles soufflaient à plaisir tous les extrémistes, révolutionnaires et agitateurs. Où se trouvait donc ce fichu messager?
"Heum."
Wilhelm se détourna de la fenêtre. Un coursier à l'air malheureux, vêtu de la livrée de la Maison Kluck, se tenait dans l'encadrement de la porte. Le chef de sa maison, le Comte Zelt, commandait l'expédition du Westerland. "Eh bien," grogna Wilhelm, "au rapport."
"Votre Majesté Impériale," bégaya le coursier, visiblement sur le point de faire sur lui. "P-puissante Grandeur, j'ai l'horr-honneur d'être chargé... Je veux dire, le C-comte von K-kluck m'a ordonné de vous annoncer... Je veux dire..."
"Allez, parle, mon gaillard! Assez de cérémonies, donne-moi des nouvelles! Marienburg a-t-elle été prise? Les têtes des rebelles sont-elles plantées sur la Porte d'Oostenpoort? Alors?"
"Mon Seigneur," dit le messager qui reprenait ses esprits, "le Comte Zelt regrette de devoir vous annoncer la reddition de l'Armée du Reik Inférieur aux forces de Marienburg."
"QUOI?" rugit l'Empereur. "Comment? Von Kluck avait des soldats, des chevaliers, des canons, des navires... Par l'étreinte glacée de Mórr, que s'est-il passé?"
"Votre Majesté, les Westerlandais ont commencé à nous harceler dès que nous sommes entrés dans la province. Quand nous avons atteint les marais, ils nous attaquaient de tous côtés, mais disparaissaient dès que nous voulions riposter. Ils nous ont piégés dans le Marais Grootscher et, une nuit, ils ont incendié notre ravitaillement. Sorcellerie, Mon Seigneur! Les sorciers des elfes des mers sont à leurs côtés! Nous avons résisté, Votre Grandeur, mais ils refusaient la bataille chaque fois que nous voulions combattre."
"A la fin, nous mourions de faim, et avec la pluie sont arrivées les maladies - le choléra. Le Comte a jugé que l'honneur lui dictait de se rendre et de sauver son commandement. Il supplie Votre Impériale Majesté de lui pardonner et demande les instructions de Votre Impériale Majesté."
Sur ce, le messager mit un genou à terre et baissa la tête, convaincu que l'Empereur allait faire appeler le bourreau.
Mais Wilhelm avait cessé d'écouter et réfléchissait à toute allure. Tous ces ennuis pour des dunes balayées par le vent, des marais malsains et des landes hostiles aux troupeaux. Et les elfes! Si c'était vrai, l'Empire ne pouvait pas se permettre une guerre avec les elfes des mers et Ulthuan. Non. Il fallait faire la part du feu et sauver ce qui pouvait encore l'être. Il se tourna vers le messager et fit appeler un scribe.
"Dites à von Kluck de se replier et faites porter ce message aux Bourgmestres de Marienburg. Dites-leur d'appointer une délégation qui rencontrera Nos Plénipotentiaires pour discuter d'un traité. Nous reconnaîtrons leur indépendance. Mais, écoutez-moi bien, je prie que vienne le jour où ils nous supplieront à genoux de les aider contre le Chaos, les nordiques ou les bretonniens. Les Directeurs verront alors ce que leur or peut acheter! Je les maudis, eux, leurs terres et leur cité! Westerland - peuh! Je rebaptise ces terres pour ce qu'elles sont, des Wastelands, et que la pourriture les emporte!"

La Fin des temps

Voir l'invasion des frères Glott.