LES KURGANS

Tome de la corruption p161 à 164, carte LA HdC V6 (p7)

Notons bien que les Kurgans constituent un ensemble très hétérogène. Certains sont éleveurs, d'autres sont purement chasseurs. Les Dolgans, par exemple, ne sont pas décrits comme des adorateurs du Chaos.

Au nord des Montagnes des Larmes, à l’est de la Norsca et au-delà de la mer de Glace, s’étendent de grandes plaines qu’on appelle les steppes Orientales [Steppes du Nord, aussi]. Vides de toute forme de civilisation, elles sont composées de centaines kilomètres de prairies désertes, mouchetées ça et là d’arbres tronqués et de monolithes noirs érigés pour commémorer la mort d’un grand champion du Chaos. Les steppes Orientales sont limitées au nord par des désolations gelées et au sud par un désert immense et inhospitalier. Bien qu’elles abritent de nombreuses races et espèces vivantes, ces steppes sont surtout connues pour leurs tribus de Kurgans.

Les Kurgans arpentent les steppes Orientales, suivant les troupeaux et faisant la guerre aux tribus rivales. Nomades, ils utilisent de robustes petits chevaux, remarquables pour leur rapidité et leur capacité à se contenter de peu de nourriture, dont ils se servent pour chasser les bovins, les antilopes et autres animaux.

Croyances populaires

"Mieux vaut se donner la mort plutôt que de tomber aux mains des Kurgans." - Karl Althaus, piquier impérial
"Les Kurgans sont des géants ! Ils mesurent trois mètres et sont de véritables brutes incarnant la violence à l’état brut. Ils ne sont pas humains, je le jure." - Gregor Romberg, marchand
"Les hordes des Kurgans sont plus nombreuses que les étoiles dans le ciel. Ils sont féroces, combattent sans honneur, et tout ce qu’ils veulent, c’est raser l’Empire jusqu’à la dernière pierre." - Dmitri, forgeron kislevite

De l’avis des érudits

"Les Kurgans sont humains, du moins dans la mesure où ils ont quatre membres, une tête qui repose sur un cou dressé entre deux épaules et une démarche de bipèdes. Mais ils sont par ailleurs tout à fait différents des autres habitants du Vieux Monde dans leur apparence. Les Kurgans ont le teint basané, les cheveux noirs et des yeux sombres légèrement bridés. Ils sont charpentés, plus grands que les autres hommes et plus musclés aussi. Ils marchent avec grâce, reproduisant des mouvements fluides qui ne sont pas sans rappeler les félins des jungles des Terres du Sud. Même les femmes sont bien bâties et arborent une mine sévère, une attitude tout aussi menaçante." - Odric de Wolfenburg, historien
"On pense que les Kislevites sont en réalité les descendants de cette race. Des chroniques et des inscriptions antiques suggèrent que la tribu de Kislev voyagea vers le sud et vers l’ouest, fuyant peut-être quelque autre menace, tout comme nos ancêtres émigrèrent vers l’ouest par le Col du Feu Noir. L’héritage des Kurgans se manifeste encore dans le nord de Kislev, rappelant bien des coutumes et des pratiques des Dolgans et des Khazags. Les Kislevites du nord ont de fortes tendances nomades et voient leurs cousins méridionaux comme une race affaiblie, voire même souillée par la décadence de l’Empire." - Ansel Shopenhauer, Diplomate impériale

Aux dires des intéressés

"Vous pouvez nous traiter de païens, de sauvages ou même de brutes, mais c’est nous qui sommes les plus proches des dieux. Nous voyons leur oeuvre dans chaque chose. Et nous ne créons pas de nouveaux dieux bien commodes qui seraient conformes aux espoirs que nous fondons pour le monde." - Alakreiz, maraudeur Kurgan
"Pourquoi pillons-nous vos terres ? Parce que les dieux l’ont voulu." - Zar Seizask, chef Kurgan
"Nous sommes les prophètes, nous sommes les serviteurs, nous sommes les guerriers de Tchar, et nous vous anéantirons." - Zar Uzelek, chef Yusak
"Là où il n’y a pas la guerre, il n’y a rien." Zar Uzelek, chef Yusak

 
SOCIETE

Les Kurgans sont des nomades. Ils parcourent les steppes Orientales en suivant les troupeaux pour se nourrir. Ils ne connaissent pas le concept de sédentarisation, car le monde change sans cesse. Ainsi, ils sont heureux d’errer et de vivre des ressources de leur pays. Beaucoup d’habitants du Vieux Monde commettent l’erreur de mettre tous les Kurgans dans le même sac, cette confusion étant facile puisque les barbares se déplacent constamment. En réalité, ceux qu’on appelle les Kurgans sont un ensemble de tribus indépendantes qui n’obéissent à aucun chef commun et n’ont pas de concept de nation. Ils se font la guerre entre eux et aux étrangers, se combattant si violemment qu’ils frisent parfois l’extinction, tout comme lorsqu’ils viennent piller Kislev, la Norsca et l’Empire. Bien qu’il existe d’innombrables tribus, on compte parmi les plus célèbres les Kvelligs, les Gharhars, les Tahmaks, les Hastlings, les Tokmars, les Yusaks, les Khazags, les Avags, les Dolgans et les terribles Kuls.

Valeurs

Dans le Vieux Monde, on a beaucoup de mal à appréhender la nature exacte des Kurgans. Certains pensent qu’il s’agit d’une race de mutants, plus proches des hommes-bêtes que des humains. D’autres imaginent que ce sont des surhommes, puisqu’ils sont tous immenses, musclés et guerriers. D’autres encore, et en particulier ceux qui ont survécu à un de leurs raids, prétendent qu’ils n’ont rien d’humain, mais que ce sont des démons prisonniers dans des corps d’hommes.

La réponse est simple. La réputation des Kurgans naît dans la bouche des malheureux qui rencontrent les guerriers venus des steppes Orientales pour prendre des esclaves et détruire le travail des peuples civilisés. Comme les habitants du Vieux Monde les voient systématiquement en qualité d’antagonistes, ils pensent que leur race tout entière n’est composée que de brutes belliqueuses ivres de rapines et de pillages.

En réalité, la culture des Kurgans est aussi riche et complexe que n’importe quelle autre. C’est un peuple profondément spirituel, qui voit en toute chose l’oeuvre de ses dieux, depuis les murmures du vent jusqu’à l’herbe qui ploie dans la steppe. Leurs dieux sont dynamiques, des êtres qui entretiennent le monde dans son état naturel, un état de changement et de flux perpétuel. Chaque chose est sur le point d’en devenir une autre. Par conséquent, les mutations ne sont pas des catastrophes, mais plutôt des évolutions de la volonté divine qui se manifestent dans la chair. Quand la forme d’un mortel bénéficie d’un changement, on dit qu’il a reçu la faveur d’un dieu tribal et il reçoit un statut particulier. Pour précipiter ces changements, bien des Kurgans nouent des liens autour de la tête de leurs enfants afin qu’elle croisse de manière étrange, allongée et difforme. Comme le corps est l’expression physique de la volonté divine, les Kurgans mettent un accent particulier sur la force et la maîtrise de la forme physique.

Une culture de guerriers

Bien qu’il existe des différences entre chaque tribu, en particulier au niveau des dieux qu’elles servent, toutes prisent la force plus que n’importe quelle autre vertu. C’est un peuple de guerriers endurcis. Le courage, le talent et la force physique sont les caractéristiques qu’ils honorent. Le plus puissant guerrier de la tribu est le zar : c’est ainsi qu’ils nomment leurs chefs. L’intéressé doit son statut à sa puissance, à la faveur de son divin maître et à la loyauté de ses guerriers, qu’il gagne en leur offrant des présents en échange de leurs services. Les cicatrices faciales sont le signe le plus évident de l’efficacité du zar, car chaque fois qu’il remporte une bataille, le chaman (un sorcier du Chaos) lui pratique une incision sur la joue.

Après le zar, on trouve ses intrépides et féroces guerriers qui ne vivent que pour la guerre. Après chaque bataille, le zar partage le butin entre ses guerriers, et ceux qui sont dans ses bonnes grâces reçoivent les plus belles récompenses. L’or, l’argent et les autres métaux précieux sont fondus pour en faire des brassards. Celui qui en porte le plus est le Kurgan qui a remporté le plus de victoires, et il est très respecté et craint du reste de la tribu.

Quand ils ne font pas la guerre, les guerriers servent la tribu en chassant. Ils s’élancent à cheval dans les steppes pour en rapporter des antilopes et des buffles qui nourriront le reste de la tribu. C’est aussi une occasion pour un guerrier de prouver sa valeur à ses pairs, et il arrive fréquemment qu’ils rapportent des enfants du Chaos ou d’autres créatures pour faire de grands festins. Non seulement ces efforts nourrissent la tribu, mais ils permettent aux guerriers de ne pas se rouiller jusqu’à ce que sonne l’heure de la bataille.

Esclaves

Les Kurgans sont des esclavagistes notoires. Une partie de leur butin est composée des survivants sur le visage desquels ils tatouent la marque d’un zar précis. L’encre utilisée comprend presque toujours une certaine quantité de malepierre pour déclencher le processus de mutation et annihiler toute allégeance antérieure de l’esclave.

Les esclaves sont considérés comme des investissements. Le zar doit les nourrir et les vêtir, et il est tenu de les garder en bonne santé pour qu’ils le servent. En échange de ses efforts, ils sont censés se battre. Les tribus rivales font s’affronter leurs esclaves au sein de cercles. Comme elles les prennent dans les mêmes régions, il n’est que trop fréquent de voir d’anciens camarades s’affronter à mort lors de combats sanglants. Ceux qui remportent ces épreuves se voient accorder le plus de liberté et le plus haut statut, et ceux qui accumulent les succès peuvent un jour s’affranchir et devenir membres à part entière de la tribu, allant même jusqu’à détrôner le zar lui-même.

Chamans

Comme les dieux sont très actifs dans la vie du peuple kurgan, leurs serviteurs exercent une incroyable influence sur la tribu. Les chamans se mettent au service des seigneurs de la guerre qui ont eu le plus de succès au combat, ce qui constitue une sorte de «mariage » avec le zar.

S’attacher les services de l’un de ces sorciers est un signe importan de la faveur des dieux. Les chamans mènent les rituels, lancent des sorts et utilisent leur immonde sorcellerie pour aider les guerriers dans leurs expéditions contre l’Empire tant détesté. Les tribus de Kurgans vouées au Seigneur des Crânes n’ont que faire de la magie, et par conséquent, ils tuent ces sorciers partout où ils en trouvent.

Femmes

Les femmes occupent une place étrange au sein des tribus kurganes. Parmi ce peuple, le concept de mariage n’existe pas: seule compte la reproduction. Une femme choisit ses mâles en fonction de leur renommée et de leurs prouesses au combat. Celles qui donnent des fils aux grands guerriers se voient accorder une place spéciale au sein de la tribu, tandis que celles qui se contentent des hommes faibles et malheureux au combat sont méprisées jusqu’à ce que leurs fils fassent leurs preuves.

Bien que les hommes fournissent beaucoup de nourriture, les femmes font également la cueillette dans les steppes. Elles passent chaque journée à ramasser du grain qu’elles moudront pour en faire de la farine et d’autres formes de nourriture issues de la flore des pays qu’elles traversent. À la fin de la journée, les femmes jettent des graines pour reconstituer les réserves qu’elles ont épuisées et s’en servir lors de leur prochain passage.

LA RELIGION DES KURGANS

Les Kurgans vénèrent les Puissances de la Déchéance et voient ces dieux comme des aspects de la nature. Un éclair sera la manifestation de la volonté de Tchar, le Maître du Changement, tandis qu’une épidémie représentera la bénédiction de Nieglen, Père de la Peste. Chaque roche, chaque plante, et jusqu’aux nuages qui flottent dans les cieux, détiennent les secrets des dieux.

Aucune des Puissances de la Corruption n’a plus d’ascendant que les autres. Une tribu précise peut soutenir un dieu, voire deux d’entre eux. Certaines tribus les vénèrent tous les quatre et en ajoutent d’autres à leur panthéon. En règle générale, les Kurgans connaissent les Sombres Puissances sous les noms de Khorne, Loesh (Slaanesh), Nieglen (Nurgle) et Tchar (Tzeentch).

Les Kurgans et la guerre

Pour les Kurgans, la guerre est un devoir sacré, car c’est elle qui provoque le plus grand des changements : la mort. Les expéditions sont des opportunités de pillage permettant de progresser dans la hiérarchie de la tribu ou même d’obtenir la faveur des Dieux Sombres. Plus à l’ouest, les Kuls, les Dolgans et les Hastlings harcèlent régulièrement Kislev, chargeant leurs pillards de franchir les cols d’altitude pour dévaster les stanista éparpillées dans l’ombre des montagnes. Les autres tribus se battent en permanence entre elles, chacune enlevant des femmes et volant des provisions jusqu’à ce qu’une autre tribu lui rende la pareille. Même si les pillages représentent une part importante de la vie des Kurgans, beaucoup lancent des expéditions dans les Désolations du Chaos afin d’aller y chercher de la viande ou de prouver leur valeur à leurs maîtres infernaux.

Le fait de mener une vie de combats permanents rend ces gens particulièrement robustes et dangereux. La guerre est la clef de voûte de leurs croyances et ils voient la mort au combat comme l’expression ultime de la gloire divine. Quand les armées du Chaos se rassemblent dans le nord, les tribus de Kurgans répondent à l’appel. Elles abandonnent leurs transhumances pour prendre les armes aux côtés des hordes de démons et de mutants et rejoindre leur croisade visant à raser le Vieux Monde. Cette volonté n’est pas simplement issue de leur sens du devoir vis-à-vis des Dieux Sombres, mais vient aussi du fait que ces guerres sont avantageuses. La destruction d’une cité ennemie permet aux Kurgans d’accéder à plus de ressources et de limiter leur propre population. Et quand le vent de la guerre retombe, les Kurgans sont prompts à se séparer de la horde pour s’installer dans leur nouveau foyer.

On ne peut pas leur reprocher de ne pas être méticuleux dans l’éradication de leurs ennemis. Ils massacrent quiconque a la mauvaise idée de se mettre en travers de leur chemin et poursuivent ceux qui s’enfuient jusqu’aux confins de la terre. Pour tous les survivants – ceux qui ne succombent pas à leurs blessures – commence une vie d’esclavage et de souffrance.

À la fin de chaque bataille, les Kurgans partagent le butin et entassent leurs victimes sur de grands bûchers qui brûlent des jours durant. Quand les flammes s’éteignent, ils chargent leurs esclaves de récupérer les crânes dont ils font des tas. Le Kurgan qui a le plus de crânes et qui les empile le plus vite se voit accorder un insigne honneur : une cicatrice sur la joue pour marquer sa victoire.

Du rififi chez les Kurgans :

Dans le Tome de la corruption (p172), on apprend que Morathi, sorcière elfe noire, mère du Roi Sorcier de Naggaroth a soumis récemment "maintes" tribus Hungs et défait une ou des tribus de Kurgans.

"Morathi, après un spectaculaire rituel orgiaque, invoqua soixante groupes de six démonettes et les envoya éradiquer les rivaux des Hungs, les Kurgans. Les monstres voyagèrent rapidement et mirent les Kurgans en pièces, les forçant à s’enfuir vers l’ouest, et les Hungs prêtèrent serment d’allégeance à la sorcière, mettant un terme à leurs pillages sur les terres des elfes noirs."