LYONESSE

Duché de Lyonesse

Les chevaliers du Graal p73 et suivantes

Le Lyonesse est l’un des plus vastes duchés de Bretonnie, s’étendant le long de la côte, au nord-ouest du pays. La côte est déchiquetée et compte de nombreuses petites îles. Les courants du large sont périlleux pour les nouveaux venus, mais assez prévisibles pour que les autochtones les gèrent sans mal, et les îles ont de meilleurs ports que la côte du continent. Par conséquent, la plupart des villages côtiers du Lyonesse se trouvent en réalité éparpillés au large sur de petites îles.

À l’intérieur des terres, le duché se divise en deux, bien que les deux régions soient essentiellement composées de terres cultivées. Au nord s’étendent les terres d’origine du Lyonesse, domaine de Thierry, le premier compagnon de Gilles le Breton. Au sud, on trouve la région qui faisait autrefois partie du Moussillon.

La région du nord est parsemée de collines que les autochtones nomment des mottes. Ces buttes sont à peu près circulaires, mesurant généralement moins de trente mètres de haut, avec un sommet presque plat et des versants particulièrement escarpés. À leur sommet, des ouvertures mènent à un complexe de grottes qui se dirigent invariablement vers une rivière souterraine à l’eau potable. Comme beaucoup de gens l’ont remarqué, on croirait que les mottes sont des œuvres humaines destinées à accueillir des châteaux, mais elles semblent tout à fait naturelles. De nos jours, on trouve cependant un château, entretenu ou en ruine, au sommet de chaque motte.

La région méridionale est presque dépourvue de mottes, mais le paysage est sillonné de dizaines de modestes rivières qui débouchent souvent sur de petits lacs. Nombre d’entre eux comportent en leur centre des îles assez grandes pour qu’on y érige un château. La plupart sont désormais fortifiées et les douves naturelles permettent d’avoir de l’eau potable. Quand on s’approche de la frontière du Moussillon, ces lacs sont de plus en plus vastes et le terrain est marécageux en divers endroits. Toutefois, on n’atteint vraiment les marais qu’une fois entré dans le duché maudit.

Une branche de la forêt d’Arden s’étend dans la région méridionale du Lyonesse, mais le réseau de rivières et de lacs se prolonge dans les bois. Les îles de ces lacs abritent souvent de petits villages où les humains tentent de subsister face aux hommes-bêtes.

Le monstre local : les lacustres

Dans Les Chevaliers du Graal, le supplément pour WFRP2, quasiment chaque duché de Bretonnie a "son" monstre. Si on trouve ce schématisme un peu ridicule, on peut considérer qu'il s'agit d'une légende locale ou d'hommes-poissons.

Les lacustres sont une espèce d’hommes-bêtes que l’on trouve principalement dans la région lyonessoise de la forêt d’Arden, bien qu’ils s’en éloignent à la nage pour harceler le reste du sud du Lyonesse avec une constance affligeante. Ils ressemblent vaguement à des amphibiens, souvent dotés de têtes de grenouilles, de pinces en guise de mains et de branchies qui leur permettent de respirer sous l’eau.Toutefois, ils sont plus variés que les hommes-bêtes normaux, et tous les lacustres ont au moins une autre mutation.
Les lacustres préfèrent attaquer en surgissant de l’eau pour bénéficier de l’effet de surprise, mais ils ne sont pas plus habiles en milieu aquatique qu’un nageur talentueux. S’ils sont aussi violents et sanguinaires que les hommes-bêtes, on ne les a jamais vus coopérer avec eux et ils se combattent à l’occasion sans raison apparente.
LES HABITANTS

Les Lyonessois sont connus pour leurs machinations et leurs querelles. On met ces traits sur le compte de la géographie inhabituelle, et en particulier sur l’abondance d’excellents sites fortifiés. Il est très difficile de vaincre définitivement un noble lyonessois, et quand naît une rivalité, elle se prolonge sur des décennies, voire des siècles.

Si la complexité de la politique lyonessoise tire sans doute ses racines de simples vendettas entre les familles nobles, elle est devenue de plus en plus trouble. Les nobles qui n’avaient aucun espoir de l’emporter par la guerre se sont tournés vers les machinations politiques, espérant isoler leurs rivaux ou dresser d’autres ennemis contre eux. Ceux qui se trouvaient prisonniers de tels complots se tournèrent vers le commerce et l’économie, dans l’espoir de se renforcer tout en privant leurs rivaux des denrées vitales. Pour répliquer à ces mesures, certains seigneurs allèrent jusqu’à recruter des paysans en guise d’agents.

Les choses en sont arrivées à un tel point que presque tous les nobles lyonessois passent la quasi-totalité de leur vie à s’escrimer contre les conséquences de divers complots ourdis par leurs ancêtres. Rares sont ceux qui comprennent tout à fait les machinations dans lesquelles ils sont impliqués et beaucoup sont complètement perdus, se contentant de réagir à chaque crise au jour le jour. En fait, on raconte l’histoire, probablement inventée de toute pièce, d’un seigneur qui aurait arrangé l’assassinat de sa femme, puis le sien en représailles, sans réaliser ce qu’il faisait.

La seule façon de s’extirper de ce nœud de vipères est de quitter le Lyonesse, et beaucoup d’aventuriers ont choisi cette option. D’autres ont découvert qu’ils n’avaient d’autre solution que de s’enfuir après s’être retrouvés impliqués dans un complot qui avait affreusement mal tourné. Toutefois, le départ de certains fait partie de leur plan et ceux-là espèrent revenir une fois en position de force.

Le seul schisme qui divise la politique du Lyonesse est celui qui sépare le nord du sud. Tandis que les nobles méridionaux étaient ravis d’être libérés du joug des sanguinaires et déments ducs du Moussillon, ils déchantèrent quand les libérateurs s’attribuèrent nombre des principaux fiefs et s’arrangèrent pour écarter les "vieux Moussillonais" des rênes du pouvoir. Toute tentative d’action commune est minée par les vendettas qui déchirent les anciens Moussillonais, mais ils pensent qu’ils devraient faire front commun pour reprendre leur place légitime.

"Je défends mon honneur et mon patrimoine contre tous les rivaux. Tel est le devoir d’un chevalier." - Sire Leobas, Chevalier du Lyonesse

"Toujours en train de se crêper le chignon, ces Lyonessois. Parfois, leurs complots sont tellement compliqués qu’ils se retrouvent à se battre contre eux-mêmes. Il y a du travail à volonté pour qui sait se montrer avisé et discret."- Marietta, mercenaire tiléenne

"Si leur duc se souciait de les unifier, rien ne pourrait les arrêter. Je n’arrive pas savoir si ce serait un bien ou un mal." - Sire Gaston, seigneur de l'Artenois

LES SOUVERAINS DU DUCHÉ DE LYONESSE

Le duc Adélard de Lyonesse [CdG p.74 et LA Bretonnie V6 p.15]

Le duc Adélard semble être un homme simple. Il excelle sur le champ de bataille, et en dehors, il aime festoyer, jouer et se livrer à d’autres loisirs de guerrier. Certains observateurs ont suggéré d’après son style que sa véritable loyauté allait à Ulric, et non à la Dame du Lac. Ils mettent ce fait sur le compte du sang norse qui coule dans les veines des Lyonessois du nord.
Le duc se tient à l’écart de la politique du duché autant que faire se peut. Si un conflit s’étend trop pour qu’il puisse continuer à l’ignorer, il fait intervenir ses troupes, écrase tous les partis antagonistes, s’empare de leurs terres et déclare l’affaire résolue. Cette méthode s’est avérée efficace à chaque fois qu’il l’a utilisée, et les nobles s’efforcent désormais de comploter sans attirer l’attention de leur suzerain.
La tête de lion fait partie des armoiries de la famille du duc Adalhard. Thierulf [ou Thierry], premier des Compagnons de Gilles prit ce symbole après avoir tué un lion en compagnie de son frère. Depuis ce jour, chaque fois qu'il s'en allait à la guerre, il portait une peau de lion sur ces épaules et sur sa tête. On dit de lui qu'il combattaient avec la férocité et le courage d'un lion.

AldradEn 2522, après la défaite du duc d'Aquitanie à la bataille de Châlons et la disparition de la Fée Morginana, le duc est réputé prendre le parti de Mallobaude ainsi que ceux d'Artenois et de Gasconnie [FdT Nagash t.1 p.30].

Aldrad de Lyonesse [FdT Nagash p.56]
"[Fin 2523 CI,] sentant sa mort prochaine, le vieux duc Adelhard de Lyonesse a décidé d’envoyer son fils inexpérimenté Aldrad auprès de Théodoric [duc de Brionne], afin qu’il devienne digne héritier de son duché. Adelhard espérait que son fils turbulent apprendrait la discipline auprès de son ami, surtout que La Maisontaal est éloignée de ses compagnons de beuverie habituels restés à Lyonesse. Malheureusement, Aldrad n’a pas tardé à trouver de nouveaux Acolytes au sein de la garnison, qui sont tout autant portés que luis sur la boisson, si bien que les leçons qu’a tenté de lui inculquer Théodoric ont été rapidement diluées dans la bière."

Jeanne de Lyonesse [WDF39 p27, LA RdC V5 p32]

Jeanne de Lyonesse devint célèbre en tant que Damoiselle de Guerre qui rallia les forces désunies de la Bretonnie durant les heures sombres de l'histoire de ce royaume. C'était après que le roi Louis le Brave fut tué sous les murs de Couronne en combattant une immense horde du Chaos venue d'au-delà de la Mer des Griffes et qui avait envahi la Bretonnie. [A la bataille des Lamentations, 2006 CI,] l'armée de Louis fut écrasée, Couronne assiégée et, pour corser le tout, l'héritier du royaume n'était alors qu'un enfant incapable de conduire une nation.
Les pillards du Chaos se répandirent dans les terres, brûlant et pillant tout. Partout, les chevaliers défendaient bravement leurs domaines étaient battus par un ennemi impossible à arrêter. Au plus sombre de ces heures, au milieu des ruines encore fumantes d'un petit village reculé de Lyonesse, Jeanne vit la Dame du Lac qui lui dit "Jeanne, libère ma terre de ces ennemis impies, leur seule présence est une offense !"
Jeanne n'avait que dix-sept ans et n'était rien de plus qu'une bergère dévouée et croyante. Inspirée par sa vision, elle endossa une armure qu'elle avait trouvé sur le corps d'un chevalier défunt et attrapa les rennes d'un cheval terrifié qui galopait comme un damné. Elle brisa le reliquaire de la chapelle du Graal du village et y prit l'épée qui s'y trouvait. Arrachant une tapisserie qui pendait au mur, elle l'accrocha à une lance de cavalerie et entreprit de rallier les chevaliers de Lyonesse, alors plongés en plein désespoir.

Lorsque les chevaliers en retraite aperçurent cette damoiselle fluette qui chevauchait à la rencontre des guerriers du Chaos, ils furent remplis de honte et jurèrent de la suivre jusqu'à la mort ! Au moment où les remparts de Couronne cédaient sous les coups des béliers du Seigneur du Chaos, une rumeur annonça qu'une armée bretonnienne approchait à triple galop, écrasant l'ennemi sous les sabots de ses redoutables destriers.
[En 2007 CI], alors que les portes allaient céder, la bannière de la sainte damoiselle apparut, conduisant une armée de chevaliers déployé en fer de lance. Elle s'ouvrit un chemin sanglant à tracer les rangs du Chaos, les dispersant jusqu'à ce que Jeanne se retrouve en face du Seigneur du Chaos en personne [nommé Kharan]. Lorsqu'il leva son épée au dessus de son visage grimaçant, il fut un instant paralysé par l'aura qui irradiait du visage de Jeanne qui en profita pour l'abattre d'un seul coup d'épée !
Couronnne sauvée, tous les survivants de l'armée du Chaos furent pourchassés jusqu'à la mer et justement exterminés. En remerciement, Louis le Jeune gratifia Jean de tous les honneurs de la chevalerie mais aussi du duché de Lyonesse [peut-être a-t-elle simplement épousée le duc régnant ou on est en plein dans la légende...].

Règles WFB5 (Coût total : 310pts):
Jeanne a le profil d'un héros majeur humain.
[Elle] est baignée des pouvoirs de la Dame du lac qui émanent d'elle sous la forme d'un nimbe. Son épée et son armure resplendissent littéralement d'une lumière divine. Dans ses yeux brillent les éclats d'un châtiment terrible et sa voix appelle la damnation éternelle sur ses ennemis. Elle provoque donc la peur.
Elle possède la Vertu des chevaliers et la Vertu de Devotion.
[En plus d'équipement normal d'un chevalier,] Jeanne possède deux objets magiques : la Bannière de la Fleur de Lys et l'Epée de Lyonesse.
Bannière de la Fleur de Lys (bannière magique ; 100pts)
Cette bannière, ornée d'une fleur de lys fut décrochée du mur de la chapelle du Graal où Jeanne trouva l'Epée de Lyonesse. Le toucher de la Dame a rendu à la bannière toute le brillant et la splendeur qu'elle avait le jour où elle fut brodée par des vierges du Lyonesse.
La bannière de la fleur de Lys set la Grande Bannière de l'armée bretonnienne et toutes les règles des Grandes Bannières s'y appliquent. Elle possède le pouvoir de drainer la magie de l'ennemi et de la retourner contre lui. Ainsi, lors de chaque phase de magie, y compris celle de l'ennemi, le joueur bretonnien peut tirer au hasard l'une des cartes de Vents de magie de l'adversaire et la défausser. Si cette carte est une carte Pouvoir ou la carte Pouvoir Total, le joueur bretonnien ajoutera +1 à tous ses résultats de combat dans la phase de combat suivante. Si cette carte est Drain de Magie, la phase de magie s'achève immédiatement. Rien ne se passe si une autre carte est tirée.
Epée de Lyonesse (arme magique ; 50pts)
La Dame du Lac confia à Jeanne l'épée d'un honorable et fidèle chevalier des temps anciens. Le choix de la Dame fut judicieux car la lame détient de grands pouvoirs contre la magie ennemie.

Cette épée a le pouvoir de contrer des objets magiques, à l'exception des armes magiques. Les objets magiques de tout adversaire en contact socle à socle avec le porteur seront sans effets, à l'exception des armes magiques qui agiront normalement. Cette armée annule toute armure magique ainsi que tout objet de protection.

Blasons de vassaux [LA Bretonnie V6 p15]

 
LOCALITES DU DUCHE DE LYONESSE

Lyonesse [CdG p75]

Le siège du pouvoir ducal est situé sur une île au large de la côte nord-est du Lyonesse. Les murs du château, bâtis il y a des siècles, sont léchés par les vagues à marée haute, et les petites embarcations peuvent naviguer jusque dans la cour extérieure. La cour intérieure est plus élevée et se trouve presque toujours au sec, tandis que le Grand Donjon s’élève au sommet de l’île, donnant sur toute la baie. On entend les festins du duc Adélard dans toute l’île.

À marée basse, on s’aperçoit que le sommet de l’île ressemble à une motte. De plus, une chaussée descend de la porte principale et disparaît dans la mer. Selon la légende, Lyonesse se trouvait à l’origine sur une colline au milieu de la plus fabuleuse cité du Vieux Monde, mais les péchés de ses habitants provoquèrent le courroux de Manann et tout fut englouti sous les vagues. Seule la citadelle du duc fut épargnée, car lui seul était resté vertueux.

Certains aventuriers ont trouvé le moyen d’explorer le fond et affirment qu’on trouve des ruines sous l’eau, mais qu’elles sont protégées par d’étranges créatures. On en a ramené quelques objets en or, pas assez pour rentabiliser une expédition, mais suffisamment pour que les gens continuent d’essayer.

Sigmarsheim [CdG p75]

Sigmarsheim est un petit avant-poste de l’Empire dans la forêt d’Arden. Il y a cinquante ans, un chevalier errant bretonnien se fit de nombreux amis dans l’Empire et les ramena avec lui quand il revint installer son fief. Il demanda un site dans la forêt et y installa ses amis en tant que paysans, mais dotés d’une charte de franchise et de libertés copiées sur celles des diverses cités impériales. Le village est bâti autour d’un temple voué à Sigmar et le donjon du seigneur surveille les alentours au bord de l’île.

Les jeunes du village ont pour tradition de se rendre dans l’Empire durant un an environ quand ils atteignent l’âge adulte et d’en ramener un conjoint. Par conséquent, on y parle le reikspiel et on dirait que l’endroit tout entier a été arraché à la Grande Forêt pour être replanté en terre de Bretonnie. Et en fait, c’est exactement ce que l’on raconte aux visiteurs crédules.

La motte l’Orge [CdG p74]

La motte l’Orge se situe au nord du Lyonesse, près de la frontière avec L’Anguille. Deux siècles auparavant, c’était le foyer des seigneurs d’Ayville, qui pactisaient avec les Puissances de la Corruption et fomentaient la ruine du pays. Ils furent vaincus par un groupe d’audacieux aventuriers, dont un membre reçut le fief en récompense.

Les esprits des d’Ayville le rendirent fou et un autre groupe d’aventuriers vint combattre les morts-vivants. Une fois encore, le chevalier bretonnien du groupe se vit remettre le fief en récompense. Quelques années plus tard, on découvrit que le chevalier en question commerçait avec un Dieu Sombre, massacrant ses paysans pour étancher la soif de sang de celui-ci. Les seigneurs voisins le chassèrent et les Garlond le remplacèrent par un intendant. Ce dernier trahit ses suzerains et causa leur mort quelques années plus tard, mais il fut lui-même tué lors des batailles qui s’ensuivirent.

Cette fois, personne ne voulait du domaine, qui fut abandonné. Au fil des années qui suivirent, bandits, nécromanciens et adorateurs du Chaos élurent domicile en ce lieu. On les en chassa, mais quiconque entre en possession de l’endroit semble possédé par le mal. La plupart des gens pensent aujourd’hui que le fief est maudit.