GISOREUX

Duché de Gisoreux

Les chevaliers du Graal p70 et suivantes

Le duché de Gisoreux est divisé en quatre zones géographiques.

La première, la plaine de Gisoreux, est en réalité une région pastorale, très vallonnée. Elle comprend la ville de Gisoreux et s’étend entre la Grismerie, la forêt d’Arden, les Sœurs Pâles et les Montagnes Grises. Un peu plus de la moitié de la population du duché vit dans cette petite région.

La deuxième région est le Gisoreux du nord. Ces terres, situées entre la Sannez et les Sœurs Pâles, sont essentiellement constituées de pâturages, mais comportent une considérable étendue de terres cultivées le long du lit de la Sannez. Elles faisaient partie de la forêt d’Arden mais furent essartées durant un millénaire par la famille de l’actuel dirigeant de la région,le comte Baldhelm d’Harran. Ce processus se poursuit vers le sud-ouest de la région. Le Gisoreux du nord abrite près d’un quart de la population.

La troisième région est la forêt d’Arden. Les zones situées au sud et à l’est du fleuve sont relativement civilisées. Les routes qui relient les villages sont surveillées par les nobles du cru, ou au moins par leurs hommes d’armes, et les voyages n’y sont pas plus périlleux que sur les autres voies du Vieux Monde. Les villages disposent de palissades, mais les bonnes années, ils n’ont à essuyer aucune attaque. D’un autre côté, personne ne quitte les zones essartées de la forêt sans avoir une bonne raison, et ceux qui le font reviennent rarement.

Au nord du fleuve, là où la forêt grimpe le long des Sœurs Pâles, les choses sont bien différentes.Aucun village fondé ici n’a survécu plus d’un an.Récemment,les seigneurs bretonniens ont même abandonné toute tentative. Les habitants humains sont tous nomades et on ne trouve aucune route plus large qu’un simple sentier. Les arbres de la région sont particulièrement vieux, grands et beaux, ce qui amène parfois les nobles à organiser des campagnes d’abattage. Parfois, les bûcherons réussissent à ramener un arbre ou deux. La plupart du temps, ils disparaissent tout simplement.

La dernière région du duché est couverte de montagnes, divisée entre les Sœurs Pâles à l’ouest et les Montagnes Grises à l’est. Les deux chaînes sont bien distinctes. Les Sœurs Pâles sont des montagnes de pierre blanche, composées de sommets arrondis, de falaises à pic et de nombreuses vallées encaissées.Toutefois, l’accès à ces vallées est difficile et il faut souvent gravir des falaises pour s’y rendre. Les Montagnes Grises sont faites de roche gris sombre et caractérisées par leur terrain accidenté. Les sommets et les arêtes sont étroits, tout comme les nombreux cols. Par conséquent, il y a plus d’habitants dans les Sœurs Pâles que dans les Montagnes Grises.

 
LES HABITANTS

Les habitants de la province de Gisoreux sont aussi divisés que leur patrie. La plaine de Gisoreux est le cœur du duché et c’est à ses habitants que pensent la plupart des étrangers quand ils évoquent la région. Les Gisorois sont des gens amicaux,qui accueillent poliment même les plus complets étrangers, et bien des habitants offrent à manger à ceux qu’ils rencontrent. Toutefois, leur prodigalité a ses limites. Après un repas et une nuit passée gracieusement, on attend des visiteurs qu’ils payent en retour tout surplus de générosité. Les gredins rusés que les voyages ne rebutent pas s’arrangent pour profiter des largesses des Gisorois pendant des années, mais bien plus nombreux sont ceux qui sont percés à jour et finissent par être méprisés de tous.

Ces coutumes s’étendent jusqu’aux régions les plus civilisées de la forêt d’Arden, mais là, les nouveaux arrivants sont censés prendre un bain dès le début de leur visite. Ils sont surveillés durant leurs ablutions par des villageois armés. Le bain est offert gracieusement, les gardes ne sont là que pour la sécurité de l’invité, et le fait qu’il soit impossible de cacher la plupart des mutations quand on est nu comme un ver n’est que pure coïncidence. Les séduisantes jeunes femmes en visite trouveront de très nombreux hommes qui les protègeront volontiers pendant leur toilette. Les femmes qui se font passer pour des hommes découvriront que les habitants de la région ne prêtent généralement pas attention à ce genre de détails.

Les nomades de la forêt sont généralement des chasseurs et des trappeurs, et ils viennent régulièrement faire du commerce dans les villages qui bordent la région. La plupart se rendent à la ville de Gisoreux au moins une fois tous les deux ou trois ans, car ils ont des contacts occasionnels avec les villages isolés de l’Artenois et ne veulent pas devenir comme leurs habitants. Ils gardent un œil sur les hommes-bêtes et les autres monstres,et envoient des coureurs avertir les villages en cas d’attaque. Par conséquent, presque aucun autre Gisorois n’entretient de préjugés à leur égard.

Dans les vallées des Sœurs Pâles, les habitants se groupent en petites communautés. Étant donné l’aspect labyrinthique de la région et ses hivers redoutables, peu de gens ont les moyens ou même l’envie de quitter leurs petites demeures de pierre. Rares sont ceux qui connaissent les autres habitants de ces montagnes, sans compter ceux du reste du monde. En raison de cet isolement, chaque communauté a des coutumes qui lui sont propres, bien que la menace des orques et du Chaos force tous les villages à se concentrer sur la défense.

On trouve des habitants humains dans les Montagnes Grises, mais en Gisoreux, ces hauteurs sont trop déchiquetées et infestées de monstres pour que de réelles communautés s’y installent. La plupart de ceux qui vivent là sont des nomades solitaires, bien qu’on les trouve occasionnellement par familles entières. Ils vivent de la chasse et en guidant les voyageurs dans les montagnes. Quelques rares nobles ont des terres dans la plaine de Gisoreux et des forteresses dans les montagnes, ainsi que la responsabilité de les défendre contre les monstres. En bien des endroits, ils peuvent tout juste entretenir et approvisionner leur forteresse, mais les nobles situés le long de la trouée de Gisoreux sont fiers de la rendre aussi sûre pour les voyageurs que n’importe quelle autre route.

La politique interne du duché a récemment été bouleversée. Pendant des siècles, le Gisoreux du nord était essentiellement coupé du duc au sud, ce qui permettait aux comtes d’Harran de gérer les choses à leur manière. Ils s’habituèrent à cette indépendance de fait et quand le duc Hagen décida de s’installer en Couronne pour y passer la majeure partie du temps, ce fut un choc. Désormais, le duc peut aisément gérer le Gisoreux du nord et c’est dans la plaine qu’il doit compter sur son intendant. L’intransigeance du duc en matière de vertu personnelle n’arrange rien : il continue à s’insurger contre des pratiques qu’il juge inacceptables, mais que les habitants du Gisoreux du nord perpétuent depuis des générations.

Les habitants du Gisoreux, comme ceux de tous les duchés qui jouxtent cet endroit maudit, aimeraient que le Moussillon soit envahi et nettoyé. Cependant, leurs relations avec la Bastogne sont également tendues. Les nobles de la plaine de Gisoreux ont affronté à de nombreuses reprises les seigneurs bastognois pour étendre leurs domaines au-delà du fleuve.

Depuis que le duc Hagen s’est établi dans le nord, ces seigneurs se sont montrés prêts à prêter serment d’allégeance au duc de Bastogne pour obtenir des terres dans son duché. Par conséquent, un certain nombre de seigneurs gisorois disposent également de terres en Bastogne, ce qui rend les relations entre les duchés d’autant plus complexes. 

"Tant de différences : il est facile pour le Chaos de s’y dissimuler. Ces gens ont beaucoup à apprendre." - Ermengarde de Krungenheim, chasseuse de sorcières

"Un endroit idéal pour travailler. Les aubergistes vous y accueillent à bras ouverts, et non pas comme un simple porteur qui amène des clients par hasard. Si la plupart des itinéraires ne passaient pas par la forêt, je travaillerais tout le temps là-bas." - Eldegard de Busreq, cocher

LES SOUVERAINS DU DUCHE DE GISOREUX

Le duc Hagen de Gisoreux

"Nous sommes tous Gisorois, et c’est notre diversité qui fait notre force." - Duc Hagen, dans un discours prononcédevrant les gisorois du nord durant lequel il les encourageait à abandonner la pratique barbare des mariages simulés de la Fête du Lis

Le duc Hagen est un chevalier du Graal, proche compagnon du Roy Louen. Le duc est entièrement dévoué à la cause de la chevalerie, plus encore que la plupart des chevaliers du Graal,et le Roy sait qu’il peut se fier à ses conseils en matière de chevalerie. Quand il prend une décision, le duc Hagen ne s’encombre pas des conséquences et le Roy ne suit pas toujours ses conseils à la lettre: il sait qu’il vaut mieux parfois oublier la chevalerie quand il s’agit d’épargner des centaines de vies. Le duc a parfois du mal à accepter ces décisions. Il sait bien que le Roy a des responsabilités plus vastes et a toujours confiance en l’attachement de son ami aux idéaux de la chevalerie. Toutefois, à chaque fois que le Roy Louen met de côté ces idéaux pour le bien commun, le duc craint qu’il ne puisse être corrompu.

Le duc Hagen s’éloigne rarement du Roy. Ce dernier aime avoir le duc à portée de main pour bénéficier de ses conseils, et le duc, bien qu’il ne se l’avoue pas, veut garder un œil sur son suzerain.

Le premier duc, Beren, combattit vaillamment contre une embuscade dans la Forêt d'Arden et aucun de ses suivants ne survécu. Lui-même était gravement blessé et perdu. La vision d'un cerf blanc le guida jusqu'à ce qu'il soit en sécurité. C'est cet événement qui est rappelé sur les armes de ses descendants.

Duc Travers de Gisoreux [Inferno n°1 p.27]

Règne en 2254 lorsque sa ville est brièvement assiégé par des morts-vivants menés par une liche.

Le siège de Gisoreux [Inferno n°1 p.27, Dessin de Ralph Horsley]
"Dessiné par Pierre le Roc, ingénieur de siège du Duc Travers de Gisoreux en 2254, pour illustrer le siège de la cité et l'aide que leur ont apporté  les armées du Duc Bonnar d’Arcey. L’arrivée des célèbres chevaliers du duc d’Arcey au sixième jour du siège retourna la situation en faveur des assiégées. Après une horrible nuit de combats intenses, la horde a finalement été mise en déroute le lendemain et la liche a été tuée dans son propre camp au moment où le soleil était au plus haut et ses propres pouvoirs diminués."
siege gisoreux
 Blasons de vassaux [LA Bretonnie V6 p15]

LOCALITÉS DU DUCHÉ DE GISOREUX

Gisoreux

[WFRP1 p.276] C'est la plus grande des cités bretonniennes, avec une population qui atteint les 18000 âmes. La grande majorité de cette population est pauvre, infirme, malade et politiquement instable. En fait, les "gangs Guisoriens" sont des entités particulièrement craintes qui, fréquemment, descendent dans la rue pour se livrer à des orgies de vol et de violence. Stratégiquement, Guisoreux est une cité particulièrement importante; au confluent du fleuve et de la rivière Ois, elle contrôle les 150 km de la brèche qui séparent les Pâles Soeurs des Montagnes Grises. C'est de là que Gilles le Breton entama sa campagne de conquête des régions avoisinantes; celle qui devait mener à la formation de la Bretonnie. Une gigantesque statue de ce puissant guerrier domine la place centrale du marché.

Désormais, en dépit de son histoire illustre et de la place toute spéciale qu'elle s'est attribuée dans les annales de la Bretonnie, la cité de Guisoreux est entachée d'une misère et d'une décadence plus manifeste ici que dans toutes les autres cités de Bretonnie qui n'en sont pourtant pas exemptes. Les agitateurs et les voleurs sont les moins dangereuses des créatures qui hantent les centaines de kilomètres de tunnels désaffectés et d'égouts des souterrains de la cité. Là ce sont les ténèbres de passages effondrés et oubliés qui cachent les agissement des adeptes du Chaos. Généralement, ce sont des aristocrates en quête de nouveaux frissons, qui se sont laissés corrompre au cours de leurs perpétuelles recherches de nouvelles expériences de puissance et d'exotisme. Ils sont nombreux, parmi les nantis, ceux dont le goût pour le bizarre s'étend jusqu'à la vénération des Dieux des Ténèbres et qui ont trouvés, dans les souterrains de Guisoreux, l'abri et la discrétion dont ils avaient besoin. Le labyrinthe de passages constitue également une demeure pour de nombreuses créatures obscures et nuisibles qui cherchent le refuge de la noirceur, vivant des ordures de la cité du dehors, ou sortant furtivement à la nuit tombée pour s'assouvir aux dépens des faibles et des désespérés. Quoique la vénération des Dieux du Chaos ne soit pas ouvertement admise, dans cette abîme de décadence, l'opposition n'en est pas moins molle.

[CdG p.72] La ville de Gisoreux est une cité animée, pleine de négociants et de voyageurs qui font halte dans leur trajet le long de la Grismerie. Il y a plus de marchands impériaux à Gisoreux que dans n’importe quelle autre ville de Bretonnie, et ce pourrait bien être le seul endroit au monde dont les habitants ne pensent pas immédiatement à des marins quand on évoque Marienburg : un certain nombre de négociants faisant route par la terre viennent du Pays Perdu [ou Wasteland] par la trouée de Gisoreux. La cité comprend de beaux établissements de marchands accolés à des taudis décrépits, dont beaucoup étaient autrefois de splendides échoppes. Pour une raison mystérieuse, la prospérité des familles de marchands de Gisoreux ne dure jamais plus d’une génération.

La cité est dominée par le château de Gisoreux, énorme complexe tentaculaire qui court le long de la crête à l’est de la ville. Il ne compte qu’une courtine, mais elle se prolonge sur plus de mille six cents mètres et entoure deux vastes donjons ainsi que de nombreux autres bâtiments. Depuis que le duc a décidé de passer le plus clair de son temps en Couronne, la majeure partie du château de Gisoreux a été fermée. Sir Hincmar, l’intendant du duc, vit dans un des donjons, mais l’autre est désormais abandonné.

La partie de la ville la plus proche du château est réservée aux hôtels particuliers de la noblesse. On y trouve de grandes étendues vides, car la cité n’a jamais attiré autant de nobles qu’on l’espérait. Les seigneurs gisorois semblent préférer la campagne à la ville.

Les descriptions de WFRP1 et de CdG ne sont pas incompatibles : elles ne parlent pas des mêmes choses. Gisoreux est une ville commerciale prospère où les gangs sont réputés pour être particulièrement violents. Dans l'ombre, il existe aussi des cultes du Chaos.

Une loi locale [CdG p33] :

"Dans la ville de Gisoreux, chaque maison doit présenter une torche sur son seuil, censée être allumée quand se présentent les noctecorbes. Les noctecorbes étaient des monstres qui attaquaient les gens par volées, pour les dévorer jusqu’à l’os, mais qui avaient peur de la lumière. La dernière vague fut cependant anéantie par le seigneur Thopas, il y a plus de cinq cents ans, et Gisoreux est depuis ornée de torches que l’on n’allume jamais."

L'Oisillon [WFRP p. 276]

Le grand palais de Charles III Tête d'or est installé à l'Oisillon "à 150km au nord ouest de Gisoreux" (aux pieds des Pâles Soeurs donc).

Même si l'on postule que Charles III ne règne plus, son palais est peut être encore là, au moins quelques ruines.

Le château de Desfleuves [CdG p.72]

Le château de Desfleuves se trouve au centre de la trouée de Gisoreux. C’est le siège du pouvoir du marquis de Desfleuves, un jeune homme chargé d’organiser la défense du col tout entier. C’est un fils unique et un orphelin : sa mère est morte en couches et son père est décédé l’an passé. Jusqu’ici, Frédéric, le marquis actuel, fait honneur aux exploits de ses illustres ancêtres. Chevalier du Royaume, il a commencé à parler de trouver un intendant sûr afin de partir en quête du Graal.

Mais Frédéric Desfleuves a un secret : c’est une femme. Son père ne pouvait supporter l’idée de se remarier : aussi a-t-il élevé son enfant unique afin qu’il devienne son héritier. C’était une excellente décision, sauf sur un point. La seule autre personne vivante à connaître le secret du marquis est sa vieille nourrice, mais Frédéric (Frédérique ?) cherche désespérément quelqu’un à qui se confier, qui pourra l’aider à résoudre son problème : comment diable va-t-elle faire pour donner un héritier au domaine ?

Valfleury [CdG p.72]

Valfleury est une large vallée des Sœurs Pâles. Elle est particulièrement isolée (même pour cette région), bordée sur trois côtés par de hautes falaises, et par une abrupte déclivité au sud. Entrer ou sortir de la vallée nécessite au moins une journée d’escalade dans les montagnes. Toutefois, en raison de son orientation, son climat est curieusement doux : la vallée capture le soleil. La neige ne s’installe ici qu’au plus fort de l’hiver et pendant l’été elle est remplie de fleurs. Les vignobles y sont particulièrement florissants.

Il faut un certain temps pour apprécier le vin valfleuryssois, mais les amateurs ne jurent que par lui. Obtenir de l’authentique vin valfleuryssois est extrêmement difficile : les riches et les marchands de vin engagent souvent des aventuriers pour en convoyer.

Les habitants de la vallée se sont fait une certaine réputation, laquelle doit beaucoup aux agissements d’un chasseur de sorcières suspicieux qui chercha à démontrer qu’ils faisaient partie d’un culte secret. Il affirmait que les autochtones mettaient de la malepierre dans leur vin, mais une enquête prouva qu’il avait souillé le breuvage lui-même. On était sur le point de le noyer dans son propre tonneau souillé, mais comme des branchies lui poussèrent au moment d’exécuter la sentence, les gens se décidèrent finalement pour un bon bûcher. Depuis lors, les habitants accueillent les invités à bras ouverts mais ne font guère d’efforts pour répondre aux besoins de ceux qui désirent prolonger leur séjour.