LES IMPOTS DU VIEUX MONDE

L'Arsenal du Vieux Monde (WFRP2) p14-15

Les impôts font partie du quotidien des habitants du Vieux Monde. Bien que les collecteurs de taxes soient répandus à travers tout l'Empire, seuls une moitié des impériaux paient effectivement leurs impôts, bien que ce pourcentage soit supérieur en ville. Toutefois, cela ne fut pas toujours le cas. Autrefois, avant l'émergence de la classe moyenne, les paysans de l'Empire n'étaient considérés que comme des propriétés, ils devaient donc fournir une part substantielle de leur production à leur seigneur qui, en échange, assurait leur protection. Néanmoins, depuis l'apparition de la bourgeoisie, les gouvernements du Vieux Monde ont été obligés d'adopter une tout autre approche.

Il existe autant de types d'impôts qu'il existe de moyens de les éviter. En fait, chaque pays possède son propre système de taxation et, parfois même, chaque province. Le taux d'imposition d'une nation reflète la fortune, la volonté ou la personnalité de ses dirigeants. Ces derniers peuvent accabler leur population pour construire un château ou décider qu'il vaut mieux laisser l'économie se réguler par elle-même. Toutefois, les gouvernements ne sont pas les seuls à demander de l'argent, les guildes, les corporations et les cités-états prélèvent également leurs parts de taxes, de même que les organisations criminelles.

Le système d'imposition bretonnien n'a pas changé depuis plusieurs centaines d'années. Les seigneurs féodaux réclament de la main-d'œuvre et une part de la production en échange de leur protection. Le système tiléen, quant à lui, est réputé pour sa complexité et sa corruption. L'Estalie parvient tant bien que mal à conserver les mêmes règles d'imposition sur son territoire, alors que le Kislev et la Norsca possèdent un système pour le moins primitif. Au sein de l'Empire, la concession de licences, l'extorsion et la fraude fiscale se sont progressivement élevées au rang d'art, la population n'ayant de cesse d'échapper au financement des nouvelles armées des Comtes Électeurs et aux caprices annuels de leurs seigneurs.

D'une manière générale, tant que la somme voulue est encaissée, peu de gouvernements se posent des questions sur la manière avec laquelle les fonds ont été levés. De nombreux seigneurs, ou guildes, font confiance à des bandes de mercenaires pour collecter les taxes. Ces hommes sont de redoutables combattants et d'âpres négociateurs. Ainsi, avec le temps, de nombreuses compagnies de mercenaires spécialisées dans la levée d'impôts se sont formées, les plus célèbres étant les compagnies des cités et villages du Stirland. Ces hommes lourdement armés sont réputés pour toujours parvenir à leurs fins, quel que soit leur adversaire, vivant ou mort-vivant.

Les joueurs pourront être conduits à payer certaines, toutes, ou aucune des taxes suivantes, en fonction du meneur de jeu.

La ceinture

Prélevé dans les périodes de disette et de guerre, cet impôt est calculé en fonction du tour de ceinture. En théorie, les personnes en surcharge pondérale doivent s'acquitter de cette taxe, mais en pratique seules les moins riches s'en acquittent car les nantis corrompent généralement les collecteurs, s'offrent un corset ou engagent une doublure.

Le cens

Tous les cinq ans, les habitants de l'Empire doivent rejoindre la grande ville la plus proche pour se faire recenser avec leur famille auprès du gouvernement local. Cela permet au seigneur d'estimer le nombre de ses sujets et d'incorporer des conscrits en cas de conflit. Chaque famille doit payer 1 pa pour chaque homme du foyer, 6 s pour chaque femme et 3 s pour chaque vache. Cet impôt direct a donné lieu à de vastes fraudes, qui consistent entre autres à déguiser les garçons en petites filles, ou même à cacher les enfants jusqu'à ce qu'ils soient en âge de travailler [ce qui peut expliquer les chiffres assez bas dans le Répertoire Géographique]. En période de guerre, les gouvernements locaux maintiennent le cens, ce qui provoque d'inévitables révoltes.

La contribution des fenêtres

Rendu célèbre à cause des émeutes des fenêtres d'Altdorf, cet impôt direct est un moyen rarement utilisé pour prélever des fonds. Les propriétaires sont censés s'acquitter d'une taxe fixe pour chaque fenêtre de leur demeure. On peut y échapper en murant les ouvertures, en corrompant les officiels ou en niant en être le propriétaire. De nombreuses familles nobles affirment ainsi que leurs ancêtres n'ont jamais acheté la maison dans laquelle ils vivent, qu'il n'existe aucune preuve d'achat et, qu'en conséquence, ils n'ont pas à payer cette taxe.

Le dixième et le quinzième

Chaque communauté de la taille d'un village doit remettre au collecteur de taxes un dixième de ses revenus de l'année écoulée. Dans les autres communautés, la population verse un quinzième de ses recettes. Les collecteurs de taxes encaissent la somme directement chez le maire. Ce dernier prélève tous les six mois les revenus nécessaires auprès de la population en attente de la visite du collecteur.

Frais bancaires

Très répandu en ville et dans les cités les plus importantes, cet impôt est aussi impopulaire qu'inévitable. Les taux varient, mais son principe est toujours le même. Un montant fixe est prélevé sur chaque dépôt et retrait en banque. Dans l'Empire, le taux s'élève à 1 co pour l'Empereur, 1 pa pour la banque, et 1 s pour le banquier par tranche de 10 co. Les lettres de crédit et les billets à ordre sont soumis à des taux bien plus élevés, souvent deux à trois fois le montant habituel.

La licence

Assez répandue dans l'Empire, la vente de licences est un moyen pratique de prélever des fonds sur la population. Les licences vont des plus communes, la chasse et la pêche, aux plus étranges, comme le port d'un chapeau ou la possession d'un furet. Elles sont collectées par de nombreux inspecteurs en ville, qui se font bien plus rares à la campagne. Il arrive parfois qu'un seigneur vende une licence à l'année pour accroître ses revenus rapidement mais, généralement, les licences ont une durée de vie assez courte.

L’oreille

Généralement levé sur la population elfe, cet impôt s'élève à une pistole d'argent par oreille, sous peine d'amputation. Les gardes aux portes des villes, les guildes ou les cités-états indépendantes utilisent souvent cet impôt pour insulter et discriminer les maisons marchandes elfes. Évidemment, les collecteurs ne viennent prélever cet impôt que s'ils sont sûrs de pouvoir le faire en toute tranquillité.

Le pourboire

Cet impôt, qui est plus une forme d'extorsion qu'une taxe, est utilisé par les dirigeants qui désirent équiper une nouvelle unité ou financer un conflit armé. Les sergents recruteurs, les hérauts et les sections musicales de l'armée, tambours, fifres et trompettes, s'installent dans une ville et jouent jusqu'à ce qu'ils aient récolté la somme nécessaire en "pourboire". Les officiers peu scrupuleux sont connus pour jouer des jours entiers, envoyant leurs soldats réveiller la population au milieu de la nuit en frappant leurs armes sur leurs boucliers pour leur forcer la main.

La taille

Cet impôt, très répandu dans les quartiers halflings et dans le Moot, concerne les personnes qui ont l'outrecuidance de mesurer plus de 1,20 mètre. Dans la plupart des brasseries, des magasins ou des portes des villes, une marque placée à 1,20 mètre du sol, permet de repérer les contrevenants. Les montants varient, mais il faut généralement payer 4 s par tranche de dix centimètres au-dessus de la taille limite. De rares guildes humaines ont adopté l'impôt inverse, imposant les personnes de petite taille.

A ces impôts, il faut ajouter les divers péages qui sont généralement prélevés à l'entrée des villes, sur les ponts et les écluses.