MARIENBURG

LE QUARTIER TEMPELWIJK

Marienbourg à vau-l'eau, p95 à 105
Merci Rincevent

"Qui s’attendrait à ce qu’un lieu regroupant des temples et un collège soit des plus excitants, hein ? Mais entre les fêtes d’étudiants, les agitateurs toujours prêts à lancer le chahut et les mendiants qui s’accrochent à vos basques, on pourrait prendre Tempelwijk pour une fosse à snotball, ou quelque chose de ce genre. Je me sentirais plus en sécurité sur la Mer des Griffes."
- Templier Embarqué de Manaan
 
"C’est un des plus vieux quartiers de la ville. Mais ça n’a rien à voir avec le Suiddock – le Stadsraad et le Directorat s’intéressent à l’apparence de Tempelwijk. Les bienfaiteurs se bousculent pour payer afin que des prières soient dites en leur nom, ou qu’un oratoire ou une salle d’étude soit baptisé en leur honneur. J’imagine qu’ils veulent rappeler aux dieux le volume de bénéfices qu’ils engrangent."
- initié de Myrmidia

 

Tempelwijk est le centre intellectuel et spirituel de Marienurg. Alors que le Suiddock gagne de l’argent et que le Directorat le dépense, les citoyens de Tempelwijk veillent sur l’esprit et l’âme de la cité. A l’intérieur des temples, les prêtres et les laïques pratiquent respectueusement leurs dévotions, pour entretenir les bénédictions des dieux – un article du grand contrat, selon les Marienbourgeois. Dans les amphithéâtres de l’université, les savants docteurs d’une douzaine de domaines et leurs étudiants travaillent à maintenir la position de Marienburg dans le monde intellectuel – les Marienbourgeois sont quasiment les seuls habitants du Vieux Monde à penser qu’une solide éducation mène à la force économique. Et sur les esplanades, dans les auberges, les salons de thé, les cafés et les tavernes qui parsèment le quartier, prêtres et érudits se côtoient avec une amabilité rarement rencontrée ailleurs.

Tempelwijk est un site majestueux, dominé par trois grandes structures : la Cathédrale de Manaan, avec sa grande flèche dorée, l’ostentatoire temple de Haendyk et l’ancien palais qui abrite le Collège de Navigation et Magie Maritime du Baron Henryk, l’université universellement réputée de Marienburg. En plus des autres temples de taille plus modeste, Tempelwijk abrite aussi brasseries, auberges, librairies, magasins d’antiquité, imprimeries et scriptoria (deux catégories d’entreprises notoirement hostiles), pensions pour les étudiants, les enseignants et les prêtres – en bref, tous les établissements nécessaires à une clientèle éduquée. Le quartier accueille aussi le grand port de Manaanshaven, où sont basés les vaisseaux de guerre et templiers au service du Grand Prêtre de Manaan.

Tempelwijk connaît une activité permanente, même tard dans la nuit quand des groupes d’étudiants ivres régalent le voisinage des dernières chansons paillardes. Le jour, le trafic engorge les rues et les canaux. Les prêtres se pressent de remplir les missions confiées par leurs supérieurs, les professeurs se dépêchent d’aller donner leur prochain cours, suivis d’une troupe d’étudiants empressés, et des escadrons de combattants embarqués vont prendre leur tour de garde dans les divers temples. Les centaines d’employés qui assurent la bonne marche du quartier et les visiteurs qui y ont affaire grossissent encore la foule. Sans mentionner les mendiants – les très nombreux mendiants qui peuplent les alentours recherchés du Grand Hôpital.

La nuit souligne le côté plus sinistre de Tempelwijk. Brigands et cambrioleurs de la "Guilde Dont J’n’ai Jamais Entendu Parler"trouvent ici des occasions profitables en abondance, tandis que les étudiants se réunissent dans leurs diverses confréries pour évacuer une dure journée de labeur par une dure soirée de beuverie. Les Coiffes Noires et Censeurs Universitaires doivent presque chaque nuit interrompre une bagarre entre marins et étudiants éméchés. Les Assises de Quartier de Tempelwijk sont réputées pour leur volume d’amendes record.

La nuit fait aussi sortir les Répurgateurs. La quête du savoir conduit souvent les faibles ou les corrompus sur le chemin de l’hérésie et les Répurgateurs de la Cour du Temple sont constamment à l’affût des marques du Chaos. Il est arrivé plus d’une fois qu’une personne disparaisse en pleine nuit, avec pour toute épitaphe une brève annotation sur le registre de la Chambre Etoilée : "Affaire Classée".

Il existe toutes sortes de raisons pour que les PJ se rendent à Tempelwijk. Ils peuvent vouloir apprendre une compétence intellectuelle et ils y trouveront les meilleurs tuteurs (et les plus chers). Tempelwijk est aussi le lieu idéal pour ceux qui cherchent à faire identifier un objet magique obscur ou traduire un document ancien. Et peut-être seront-ils en manque de réconfort spirituel.

Du travail y est aussi proposé : les érudits de Tempelwijk embauchent souvent des aventuriers comme explorateurs ou gardes du corps. Ils peuvent enfin s’intéresser aux sombres secrets enfouis sous le Collège Henryk ou dans les cryptes de temples – les Répurgateurs ne sont pas seuls sur la piste des savoirs interdits.

LIEUX REMARQUABLES

Cathédrale de Manaan

Le "Joyau de la Couronne" de Marienburg, la splendide Cathédrale de Manaan, est sans contexte le centre du culte du Dieu de la Mer du Vieux Monde – même la Grande Chapelle de Miragliano reconnaît sa suprématie. Datant de plus de deux mille ans, sa première pierre aurait été posée par Marius en personne : un acte pieux après sa victoire sur les Fimirs. Elle se dresse à l’extrémité sud de Heiligeiland ("l’Île Sacrée"), là où le Doodkanaal se jette dans le canal principal et ensuite dans la baie. Le bâtiment actuel a été construit en granit après que des mercenaires eurent réduit en cendres le temple originel, lors de l’évacuation bretonnienne de 1602. La façade est couverte d’un calcaire blanc étincelant et trois grands clochers couverts d’or pointent vers le ciel depuis la crête du toit, en limitation du trident de Manaan, Zeeoogster ("Moissonneur des Mers"). Les grandes portes sont ouvertes jour et nuit et ne sont refermées que dans les pires conditions météorologiques. Elles sont gardées par deux Templiers de Marine appartenant à l’escouade qui patrouille dans le temple, chaque escouade assurant huit heures de surveillance.

"Nous nous trouvons ici au cœur du culte qui a permis à Marienburg d’être ce qu’elle est – tout ce que nous sommes, nous le devons au Seigneur des Vagues et des Tempêtes ! Pourtant, nous sommes gouvernés par des compteurs de pièces qui considèrent la Grande Mer comme un de leurs biens ! Blasphème ! Nous sommes à l’âge de la décadence, le Maelström nous attend, et même notre Archiprêtre est trop aveugle pour comprendre que le temps est venu de se révolter."
- un prêtre de Manaan mécontent

L’intérieur de la cathédrale comprend deux vastes salles. La première est la nef où les fidèles se rassemblent les jours sacrés et serviteurs divins, des chapelles privées dans lesquelles les requérants peuvent prier seuls ou demander une cérémonie avec prêtre. Vu l’importance et le prestige associés à la Grande Cathédrale, seuls les gens très riches ou particulièrement appréciés par le culte bénéficient d’un tel privilège.

A l’extrémité de la nef, neuf marches montent vers l’abside où est installé le grand autel, sculpté dans un bloc de pierre sur lequel, selon la légende s’est tenu Marius quand il a proclamé la fondation de la cité et sa loyauté envers Manaan. Des reliquaires d’or et d’argent encadrent l’autel, des chefs-d’œuvre ouvragés renfermant d’importantes reliques comme les doigts ou les dents des saints, des reliques plus particulièrement honorées lors de certains jours saints.

Mais c’est derrière l’autel que se trouve la véritable attraction de la cathédrale. A la place de la statue de Manaan (détruite dans l’incendie de 1602), le mur incurvé de l’abside encadre une vaste plaque de verre transparente qui donne sur un immense aquarium, un bassin installé derrière le temple contenant des centaines de milliers de litres d’eau salée et une variété étourdissante d’animaux marins, symbole vivant du royaume de Manaan. L’aquarium est un don du Roi Phénix d’Ulthuan, un remerciement pour le soutien du culte au Traité de Commerce et d’Amitié. Les sorciers du Vieux Monde s’émerveillent encore devant l’incroyable magie qui a permis de créer et d’entretenir le verre, le bassin et la pureté de l’eau. Cet exemple typique de la magie elfique dépasse même tout ce que pourraient faire les pontes du Collège des Couleurs d’Altdorf.

L’Archiprêtre de Manaan, Wouter Berkhout, est le porte-parole reconnu des cultes de Marienburg. Les cultes d’Haendryk, de Véréna et de Shallya sont représentés au Directorat, mais quand les temples doivent parler d’une seule voix, ils savent qu’il vaut mieux ne pas manifester un désaccord public avec Berkhout. Les autres directeurs évitent aussi de contrarier l’Archiprêtre de Manaan : son autorité religieuse est renforcée par une douzaine de vaisseaux de guerre et plusieurs compagnies de Templiers de Marine. Même Jaan van de Kuypers prend soin de garder les bonnes grâces du temple.

Collège de Navigation et Magie Maritime du Baron Henryk

Situé à l’extrémité maritime de Tempelwijk, près de l’entrée de Manaanshaven, le Collège de Navigation et de Magie Maritime du Baron Henryk (souvent simplement appelé "Collège Henryk" ou "l’Université") est un des principaux centres d’enseignement du Vieux Monde. Depuis 1947 C.I., il occupe les bâtiments et le terrain de l’ancien palais de la mère du Baron Henryk, la Contessa Esmeralda Cioppino de Miragliano, que beaucoup appellent encore "La Donna Grossa", en raison de sa générosité financière et de ses formes. Après sa mort, le Baron accorda divers dons à l’Université, au nombre desquels ce palais, à condition qu’elle devienne un "centre pour l’étude de la Mer et des voyages maritimes, car c’est dans le domaine de Manaan que se trouve le véritable avenir de Marienburg".

"Cher papa, envoie de l’argent."
- lettre aux parents type

Le cursus traditionnel en trois ans ressemble beaucoup à celui des autres universités du Continent : les estudiants en sortent avec un diplôme de MPN ("Magister Philosophiae Naturalis") après avoir étudié les sujets principaux : Rhétorique, Logique, Grammaire, Musique, Histoire, Occidental Classique et Astronomie. Des cours facultatifs permettent aux futurs MPN d’acquérir les compétences indiquées dans la carrière d’Estudiant.

Mais c’est dans le domaine des études avancées que le Collège Henryk surpasse les autres universités du Vieux Monde. En coopération avec les guildes et les temples de Marienburg, l’Université a soutenu nombre de travaux de recherche. Des docteurs utilisent les installations du Grand Hôpital de Shallya pour enseigner la médecine et la chirurgie, la Faculté de Droit forme de nouveaux avoués, etles prêtres de Haendryk professent une science nouvelle : l’Economie. Le domaine le plus important reste cependant l’étude de la Navigation et de la Cartographie, les deux grandes passions de feu le Baron Henryk. Pour être enregistrés à la Guilde des Pilotes et Marins de Marienburg, les navigateurs doivent avoir réussi les examens du Collège Henryk. La Guilde et l’Université exigent un tel niveau que les navigateurs formés à Marienburg sont demandés dans tout le Vieux Monde. Il arrive même que des Elfes des Mers de Sith Rionnasc enseignent ici.

"Il y a ici tout ce qui attire les hommes de savoir – des érudits seraient prêts à vendre leur âme pour avoir accès à nos bibliothèques. C’est même arrivé une fois, mais l’homme a été découvert et brûlé à temps. Et dois-je mentionner le coût généreux de l’enseignement ? En comparaison, les universités d’Altdorf et de Nuln ne sont que des maternelles. Le Collegium Theologica de Middenheim ? Ne me faîtes pas rire !"
- un fier universitaire

Le Collège Henryk soutient aussi la recherche en sorcellerie appliquée et s’intéresse tout particulièrement aux sortilèges propices aux marins et au commerce maritime. Cela n’inclut pas seulement la magie illusoire et élémentaire : les dangers inhérents aux voyages à travers le monde donnent beaucoup de valeur aux sorciers de bataille. Le Directorat, qui subventionne l’Université sous le couvert de donations de la Bourse, s’assure que les fonds ne manquent pas pour la formation de magiciens loyaux envers Marienburg, et, bien sûr, chacune des Maisons des Dix. La Démonologie et la Nécromancie sont naturellement interdites et les temples guettent les moindres signes de recherches illégales.

La vie des estudiants tourne autour des études et du statut social – la vie est une lutte constante pour maintenir notes et apparences. L’argent est omniprésent. Les estudiants doivent non seulement payer leurs professeurs, qui reversent une partie des honoraires perçus à l’Université, mais aussi financer leur vie sociale dans les divers clubs et confréries qui les accueillent selon leurs sources d’intérêt, classe sociale et – plus important – l’argent qu’ils ont à dépenser. L’argent est donc souvent un problème pour les estudiants, surtout pour les boursiers des classes moyennes ou inférieures. Mais il n’est pas vraiment possible de se montrer à l’Académie des Buveurs et Duellistes, peut-être la plus huppée des sociétés de l’université, en portant le même col que l’année précédente, n’est-ce pas ? Il n’est malheureusement pas rare de voir de jeunes érudits désespérés s’engager dans des activités douteuses ou franchement illégales pour se procurer quelques guilders supplémentaires.

Le Collège de Navigation et Magie Maritime du Baron Henryk commandite souvent des voyages d’exploration aux quatre coins du monde. Par l’intermédiaire de la Société Géographique des Wastelands – une association financée par l’université et regroupant explorateurs, capitaines de marine, érudits et toute personne qui s’intéresse aux lieux étrangers et peut payer l’inscription – les connaissances du Collège sur le monde extérieur s’accroissent de jour en jour. Les PJ qui désirent esquiver pour un temps certaines complications Impériales peuvent envisager de s’engager dans cette expédition qui se lance à la recherche du royaume sigmarite perdu du Prêtre Johann dans les Terres du Sud. 

Temple de Haendryk

Le temple de Haendryk est extraordinairement majestueux pour un culte si modeste, mais il faut bien réaliser l’importance de ce dernier à Marienburg. Avec le culte de Manaan, il représente un des deux piliers de la prospérité de la cité : la mer et le commerce. Ce culte qui ne concerne ailleurs que les marchands et les colporteurs reçoit ici l’hommage de toute une population bien décidée à respecter son injonction : "Faîtes fortune au plus vite !". Le temple a été enrichi par des générations de gens reconnaissants d’avoir connu la réussite ou espérant bénéficier des faveurs de Haendryk : il rivalise maintenant de splendeurs avec la Cathédrale de Manaan.

Le temple est le cœur du culte de Haendryk dans le Vieux Monde – c’est de loin le plus vaste site sacré de ce dieu et peut-être un des seuls qui soit géré en permanence par des prêtres. Les oratoires de la plupart des villes et des cités sont généralement administrés par des frères lais, même si des prêtres font des tournées régulières pour renforcer la foi des fidèles et collecter les dimes.

L’intérieur du temple est inhabituel : il accueille aussi une banque. Parmi les décorations d’or et d’argent et dans la lumière dorée des coûteuses verrières teintées, des initiés sont installés à des tables où ils dispensent conseils financiers ou prêts. Il est considéré comme particulièrement propice d’en tirer parti pendant les offices. En échange d’une donation, de riches demandeurs peuvent se faire conseiller par des prêtres de haut rang, voire par l’Archiprêtre Simon Goudenkruin. Le culte s’est forgé une réputation méritée de discrétion et nombreux sont ceux qui viennent demander conseil sur des affaires délicates.

Le temple a souvent ouvert de nouvelles voies dans le domaine des affaires : ses prêtres enseignent la nouvelle science de l’Economie au Collège Henryk et, récemment, a été introduite l’utilisation des lettres de crédit dans la vie quotidienne des citoyens privés. L’année dernière, il a présenté au public la "Carte d’Or de Marienburg", un document certifiant que le porteur dispose d’un certain montant de crédit, etc. – que l’on presse dans de la cire à cacheter chaude à la conclusion d’un contrat. Le culte se charge alors e régler le marchand, tandis que le porteur doit rembourser le culte. Ce dernier y trouve son avantage car il n’est pas obligé de tout payer d’un coup. Les cartes sont en train de devenir très populaires et les Maisons Marchandes envisagent d’introduire leurs propres cartes.

Les Gentilshommes Entrepreneurs sont bien sûr intéressés par le potentiel de ce nouveau moyen de paiement et ils ont demandé à leurs faussaires de reproduire les dessins délicats et les numéros de code figurant sur chaque carte. Malgré leur manque de succès, le Stadsraad a récemment voté, à la demande du temple, une loi rendant la fabrication ou la détention d’une fausse carte punissable d’une condamnation à perpétuité dans l’Île de Rijker.

La Cathédrale de Véréna et la Grande Bibliothèque

A l’extrémité est de Tempelwijk, sur la berge de la Baie de Sackbut, brille un des joayux de Marienburg, la Cathédrale et Grande Bibliothèque de Véréna, un des trésors intellectuels du Vieux Monde septentrional. De style classique, le bâtiment évoque un des tribunaux des cités-états de Tilée. Sa façade à colonnes est surmontée d’une frise de chouettes et son entrée de la balance de la justice.

L’intérieur est un modèle de dignité et simplicité, très éloigné de la puissance écrasante de la Cathédrale de Manaan ou de la décoration criarde du temple de Haendryk. Une arche modeste relie la nef à la Grande Bibliothèque, tandis que d’autres passages mènent aux quartiers et aux bureaux de la douzaine de clercs qui résident ici ou à des salles de réunion mises à la disposition du public pour une somme modique.

L’extrémité du temple est dominée par l’autel et la statue de Véréna, représentée assise sur son trône, une lance dans la main et une chouette posée sur l’épaule. Sculptée dans un marbre importé d’Estalie et peinte par les meilleurs artisans de Marienburg, c’est une œuvre d’art splendide et incroyablement vivante. Les visiteurs signalent souvent qu’ils ont le sentiment que la déesse les regarde par les yeux de la statue et qu’elle lit leurs pensées et leurs intentions.

Le temple et son personnel jouent un rôle important dans l’enseignement et l’administration de la justice à Marienburg. Par tradition, la fonction de Juge Suprême de la Haute Cour est réservée au prêtre le plus ancien qui désigne donc les juges pour chaque affaire. Actuellement, le poste est détenu par Frère Kenrol Stonius, 87 ans, qui officie depuis vingt-cinq ans. Cet érudit réputé reçoit le respect de tous ceux qui préfèrent la justice à la lettre de la loi : il est aussi connu pour ses accès de somnolence pendant les sessions.

Le temple supervise aussi le Barreau, l’association des avoués autorisés à pratiquer à Marienburg. Le culte contrôle la compétence professionnelle et probité éthique des avoués à travers le Conseil des Examinateurs. En dehors des examens de qualifications des nouveaux avoués, le conseil n’intervient cependant que lorsque les plaintes s’accumulent contre un avoué spécifique ou si l’un d’entre eux commet un acte particulièrement stupide en public.

La Cathédrale entretient des liens étroits avec l’Université. Des prêtres de Véréna ou des laïques dévots enseignent dans chacun des départements du Collège Henryk et guettent l’apparition du moindre signe d’hérésie parmi leurs collègues ou les étudiants. On soupçonne, mais cela n’a jamais été prouvé, que les Vérénans conservent des dossiers très complets sur les activités et les attitudes de tous les ressortissants du Collège – y compris sur leurs frères de culte.

"Bien sûr que nous supervisons les Avoués ! Vous ne pensez quand même pas que nous les laisserions sans surveillance ? Dame Véréna est après tout la Déesse de la Justice."
- un chanoine de la Cathédrale

La Cathédrale est également réputée pour sa Grande Bibliothèque, une institution bien différente des bibliothèques du Collège Henryk. Beaucoup plus ancienne, elle n’est qu’en partie – une section regroupant surtout des archives publiques ordinaires et des textes de loi – accessible au public. Le reste ne peut être consulté que par les prêtres du temple et par des visiteurs extérieurs qui ne sont agréés qu’après rédaction d’un projet de recherche détaillé et entretien avec le Bibliothècaire en Chef.

Cette pratique a récemment soulevé la controverse, un membre de la cour bretonnienne s’étant vu refuser l’accès aux collections pour "projet de recherche mal défini". Il a fallu plusieurs mois d’échanges animés entre le Directorat et le Palais d’Oisillon pour que retombe l’émoi diplomatique.

Pourquoi un tel secret ? Officiellement, le culte se retranche derrière le manque de personnel qui suffit tout juste à satisfaire les vrais érudits et la nécessité de préserver le matériel fragile de la collection. Certaines rumeurs prétendent que la Grande Bibliothèque recèle aussi de terribles secrets, des documents capables de rendre fous la plupart des hommes.

Certains parlent même d’une bibliothèque spéciale surnommée "Collection van Eyyck" que seuls les membres d’un culte intérieur clandestin sont autorisés à voir. Cette bibliothèque secrète serait installée sur une île du Rijksweg. Les plus sensés considèrent qu’un tel lieu démontre assez l’improbabilité de son existence de son existence, mais les rumeurs persistent.

Voir aussi la Bibliothèque Cachée de la Confrérie Antique des Lecteurs Illuminés.

Les PJ peuvent avoir besoin de la Cathédrale et de sa Bibliothèque, et réciproquement. Des érudits de haut rang peuvent vouloir accéder à la collection interdite ou les PJ venir chercher la réponse à un problème ou à une quête. La Cathédrale peut désirer se procurer des tomes rares et mystérieux et des objets magiques découverts par les aventuriers et elle a même chargé des hommes de confiance de rapporter de lieux lointains les objets désirés. Il lui arrive aussi de lancer des agents rémunérés sur la piste d’érudits soupçonnés d’avoir volé des livres ou autres documents – en une occasion jusqu’en Ind.

"Vous pouvez y trouver la réponse à n’importe quelle question – n’importe laquelle ! Il faut juste faire attention aux questions que vous posez."
- un estudiant de Tempelwijk

 

Cathédrale de Shallya

La Cathédrale de Shallya et l’hôpital qui lui est rattaché se situent à l’écart des autres églises de Tempelwijk, entre les ponts Groeneketter ("Hérétique Vert") et Doolweg ("Mauvais Chemin"), en face d’Oudgelwijk. Contrairement aux églises de Shallya situées sous des climats plus hospitaliers, les bâtiments sont protégés des éléments.

Le temple proprement dit, appelé la "Chapelle Blanche", est une structure toute simple de briques blanchies à la chaux, avec le symbole du cœur rouge gravé et peint au-dessus des portes principales. Il est relié à l’hôpital par une cour fermée où les malades peuvent sortir prendre l’air et profiter du soleil quand le temps le permet.

L’hôpital, lui aussi, est peint en blanc, comprend les locaux du chirurgien et de l’apothicaire et des dortoirs pour les malades. Le premier étage est réservé aux modestes quartiers des prêtres et prêtresses. Les portes des deux bâtiments sont ouvertes à toute heure du jour et de la nuit, une pratique bénie par ceux qui ont besoin d’aide ou d’un refuge et qui fait de ce lieu un havre pour les exclus et les mendiants – à la grande consternation du voisinage et des autres temples du secteur.

La Chapelle Blanche est un lieu de guérison réputé dans tout le Vieux Monde, et pas seulement pour les compétences des prêtres. Au pied de la statue de la Dame, un vaste bassin d’eau pure est régulièrement alimenté par une source mystérieuse qui aurait été invoquée par la première Grande Prêtresse, il y a des siècles de cela.

Les estropiés et les infirmes viennent de tout le Vieux Monde se baigner dans les eaux du bassin, espérant désespérément qu’un miracle soulage leurs misères. Les béquilles suspendues aux chevrons témoignent des guérisons qui se sont produites ici. En réalité, le nombre de miracles est très faible – un ou deux par mois – comparé à celui des pèlerins, mais c’est assez pour entretenir la réputation des lieux.

La Chapelle Blanche est le siège de la Grande Prêtresse de Shallya dans les Wastelands, Sœur Anneloes van de Maarel, un membre du Directorat bien connu pour sa défense des droits des pauvres. L’édifice abrite également l’Office de Santé Publique, créé par Sœur van de Maarel et dirigé par le Dr. Anders Vesalion.

L’Office est au cœur d’une controverse depuis qu’il réclame au Stadsraad la tutelle de la profession médicale à Marienburg, une tutelle traditionnellement exercée par le Collège des Médecins et Barbiers qui défend bien sûr férocement ses droits acquis.

Mais le temple n’inspire pas que de bons sentiments : c’est là que la prêtresse hérétique Astrid von Nimlsheim a publiquement soutenu sa doctrine visant à accorder soins et pitié à tous, y compris aux mutants. La fureur populaire avait été telle que même le droit de sanctuaire ne pouvait suffire à la protéger et elle n’a échappé que de justesse aux Répurgateurs de la Chambre Etoilée. Le temple ne s’est pas encore remis des dommages infligés à son influence politique et des graffiti louant les Chevaliers de la Pureté ont récemment été gravés sur ses murs.

"Saletés de miséreux ! C’est une église où les braves gens viennent prier ! Comment peuvent-ils laisser ces estropiés aller et venir, quémander de l’argent et souiller le temple de Shallya avec leurs manières immondes ? C’est dégoûtant."
- un Chevalier de la Pureté rentrant chez lui à Oudgelwijk

Temple de Myrmidia di Mari

Le temple de Myrmidia est un ajout récent à la vie religieuse de Marienburg. Bâti au XXIVe siècle par les mercenaires tiléens en poste à l’île de Rijker, c’est une basilique rectangulaire surmontée à son extrémité d’un clocher pentagonal. Chaque angle de la tour porte un aigle doré, tandis qu’une statue de Myrmidia en armure tiléenne se dresse sur le pinacle. A la différence des autres temples du quartier, celui-ci est gardé par deux membres de la garnison de Rijker remplacés toutes les semaines.

"Un de leurs prêtres enseignait ici l’Histoire de la Grande Incursion en se servant de petites statues de plomb pour illustrer les batailles – il les déplaçait sur une table ensablée, avec des arbres et des bâtiments minuscules, et les estudiants choisissaient leur camp. Il y avait des figurines représentant les cavaleries impériales et kislévites, des Hommes-bêtes et même une représentation de Magnus ! Elles étaient magnifiquement ouvragées avec peinture à l’avenant. La mode a pris d’ailleurs. Sur le canal Priesterlijk, il y a un atelier spécialisé qui ne fabrique que ces petites figurines – et ils font un argent fou ! Certainement la plus étrange méthode de conversion que j’ai jamais vue !"
- un universitaire

Les casernements qui jouxtent le temple accueillent les quartiers des prêtres à l’étage, tandis que le rez-de-chaussée abrite les cuisines et une salle de classe destinée à l’enseignement de la tactique et de la stratégie. L’intérieur du temple est orné de frises représentant des armes, des aigles et des vaisseaux de guerre. Comme dans le culte de Sigmar, aucun banc n’attend les fidèles : ces derniers font face à l’autel où officient les prêtres, soit au garde-à-vous, soit à genoux. L’autel est surmonté d’un superbe triptyque représentant Myrmidia sous ses trois aspects de Déesse de la Guerre : la Capitaine Idéale, la Maîtresse du Champ de Bataille et la Guerrière Résolue.

Généreusement doté et financé par les dons des fidèles et du Directorat, le culte de Myrmidia n’intéresse cependant qu’une congrégation restreinte. Hormis les Tiléens et les Estaliens, la plupart des membres du culte sont des soldats, des combattants embarqués et des gardes et, plus souvent, leurs officiers. Cela donne au culte et à ses chefs une influence potentielle considérable sur ceux qui protègent les dirigeants de la cité – un fait dont sont bien conscinets les Capitaines-Généraux du Grand Temple de Magritta.

Les PJ peuvent venir au temple pour obtenir une formation dans diverses compétences martiales ou pour se faire des contacts dans l’élite militaire de Marienburg. Le culte possède aussi d’importantes archives sur l’histoire militaire du Vieux Monde septentrional – les PJ pourraient y découvrir des indices concernant des champs de bataille perdus et des armes légendaires.