MONTFORT

Duché de Montfort

Les chevaliers du Graal p76 et suivantes

Le duché de Montfort est presque entièrement sis dans les Montagnes Grises, s’étendant du sud de la trouée de Gisoreux jusqu’au sud du défilé de la Hache. Au nord et à l’ouest des Montagnes Grises, la frontière du duché et de la Bretonnie borde la chaîne de montagnes, tandis qu’à l’intérieur du pays, la région est constituée en partie par une étroite bande de pâturages.

Les terres cultivées sont rares au Montfort et même celles-là ne sont pas particulièrement fertiles. La nourriture produite suffit à peine à nourrir le duché pendant les bonnes années et les importations sont obligatoires dès que la récolte est menacée. Et dans un duché harcelé par les gobelins et les orques, la récolte est souvent menacée.

Heureusement, le duché a deux autres sources de revenus. La première est le péage du défilé de la Hache. Il s’agit du principal itinéraire commercial entre l’Empire et la Bretonnie pour les caravanes qui arrivent du Reikland et prennent ensuite le bateau pour descendre la Grismerie jusqu’en Gisoreux.

Le col porte bien son nom.Sur la majeure partie de sa longueur,la route s’étend au fond d’une vallée encaissée et étroite en forme de V, d’où on ne voit qu’une mince bande de ciel. La route est assez large pour que deux caravanes de marchands passent de front, mais il y a très peu d’espace de part et d’autre de la route. Il faut normalement plusieurs jours pour la traverser, et on trouve donc des auberges le long de la route là où la configuration le permet. C’est ainsi qu’est née la «bande de Ludwig», près du milieu du défilé, là ou le trajet entre deux auberges prend plus d’une journée.Si une caravane met les bouchées doubles, elle peut arriver à temps, et la plupart s’y efforcent. Phénomène presque unique parmi les auberges isolées,ces deux-là (le Nez de Ludwig et les Orteils de Ludwig) ouvrent leur porte une fois la nuit tombée si leur patron est convaincu que les individus qui arrivent sont d’authentiques voyageurs.

La seconde source de revenus vient des mines. Au Montfort, les Montagnes Grises contiennent un certain nombre de riches veines de minerai de fer et d’autres métaux. On y trouve même une mine d’or dont la localisation est tenue secrète.

Les montagnes du Montfort sont aussi escarpées que les Montagnes Grises du Gisoreux, mais si les Gisorois ne tentent pas d’y vivre, les Montfortais n’ont pas le choix. Les étendues de terre plane sont réservées aux cultures et au bétail, pas aux maisons, et les demeures de montagne, y compris les châteaux, sont bâties sur des pentes raides et rocheuses.

On notera que les Montagnes Grises ne sont pas décrites comme riches en minerais. Karak Norn (cela dit, bien plus au sud) est l'un des royaumes nains les plus pauvres.

Dans le Chateau de Drachenfels, on trouve cette carte qui ne situe pas Montfort. On peut imaginer qu'elle se trouve juste à l'extémité ouest de la carte.

Le monstre local : les esprits frappeurs

Dans Les Chevaliers du Graal, le supplément pour WFRP2, quasiment chaque duché de Bretonnie a "son" monstre. Si on trouve ce schématisme un peu ridicule, on peut considérer qu'il s'agit d'une légende locale ou de morts-vivants "normaux" animés par un mystérieux sorcier local.

Les esprits frappeurs sont des morts-vivants, les fantômes de mineurs qui ont péri dans des accidents, en particulier ceux causés par l’imprudence ou l’avidité. Ils sont presque dépourvus d’intelligence et complètement hostiles envers ceux qui ont survécu là où ils ont péri. La tactique habituelle des esprits frappeurs consiste à s’interposer entre les mineurs qui travaillent et la surface, puis à frapper le boisage qui soutient les galeries pour provoquer un éboulement tout en repoussant les mineurs qui tentent de s’échapper. Les esprits frappeurs isolés sont généralement détruits avant d’avoir pu faire s’effondrer les tunnels, mais les grands accidents en font naître des groupes entiers.
Les esprits frappeurs ressemblent à des cadavres putréfiés qui ont été écrasés sous des tonnes de roche avant de se relever. Ils portent généralement des outils et des vêtements de mineur en piteux état. Il est parfois possible de les reconnaître, mais d’ordinaire, leur corps est trop abîmé.
Si les esprits frappeurs semblent naître spontanément, certaines personnes craignent qu’il existe des nécromanciens qui les dirigent pour semer le trouble dans les mines et s’emparer des ressources.
LES HABITANTS

Les Montfortais vivent dans un environnement hostile, et ça se voit.

Ils vivent dans le présent, plus encore que les autres Bretonniens, travaillent extrêmement dur et profitent de la vie avec la même intensité quand ils en ont l’opportunité. Ils vivent dans des communautés isolées, ce qui peut avoir deux conséquences. Soit la communauté devient complètement fermée, soit elle se désintègre sous la pression des rivalités et des querelles intestines. Naturellement, les communautés qui ont survécu sont essentiellement du premier type. Toutefois,rares sont les Montfortais suspicieux à l’égard des étrangers d’apparence humaine.Toutes les communautés ont été secourues au moins une fois par les chevaliers envoyés depuis les châteaux des montagnes,et toutes subsistent grâce à la nourriture qu’apportent les négociants étrangers. Les étrangers non humains, y compris les nains, les elfes et les halflings,risquent de recevoir un accueil plutôt hostile, et les autochtones les prennent pour des sortes d’orques.

Certains Montfortais partent parce qu’ils se lassent de voir les mêmes rochers tous les jours, et d’autres parce qu’ils ne s’entendent pas avec leurs voisins. Un nombre considérable d’aventuriers prennent la route parce qu’ils comptent parmi les rares survivants de l’attaque de leur village.

Les attaques de peaux-vertes font partie de la vie quotidienne au Montfort. Presque tout le monde a l’habitude d’affronter des orques et des gobelins, et les villages sont conçus pour soutenir les assauts assez longtemps pour que les secours arrivent. Le défilé de la Hache est la seule route assez large pour permettre à une armée d’entrer en Bretonnie et il est donc étroitement gardé. La ville de Montfort elle-même en surveille l’extrémité bretonnienne, tandis que des fiefs ont été établis sur toute sa longueur. La plupart de ces nobles ont encouragé l’apparition d’auberges placées sous la protection de leurs châteaux et tirent leurs principaux revenus des taxes et des péages. Quelques-uns ont bâti des châteaux qui surveillent les routes principales menant au col depuis les montagnes. Chacun de ces nobles contrôle normalement une mine, qui est une bonne source de revenus.

Les nobles du pied des montagnes cherchent constamment à étendre leur domaine au-delà de la Grismerie, en Bastogne et en Quenelles.Aucun ne désire toutefois rompre son serment vis-à-vis de son duc et ceux qui réussissent finissent par être repoussés. Quand il reçoit un défi d’un autre duc, le duc Folcard promet qu’il s’en occupera dès que les peaux-vertes lui laisseront un peu de temps. Bien sûr, cela n’arrive jamais.

Les relations avec l’Empire sont excellentes. Une grande partie des revenus du duc provient des négociants qui traversent le défilé de la Hache et il se montre donc impitoyable envers les nobles qui pensent que grignoter sur les terres de l’Empire est une bonne idée. Des nobles poussent de temps à autre jusque dans le Pays Perdu [Wasteland], mais cette terre ne vaut pas grand-chose, et c’est plutôt la Couronne qui inquiète Marienburg. Tant que le duc Folcard désapprouve publiquement ces incursions et ne les laisse pas échapper à tout contrôle, les habitants de Marienburg sont prêts à fermer les yeux.

"Élevé, le tarif ? Je pensais comme vous autrefois. Et un jour, une demi-douzaine de chevaliers accompagnés d’hommes d’armes sont venus nous sauver d’une bande de pillards orques. Maintenant, je paie le prix avec le sourire." - Siegfried de Bogenhafen, marchand impérial au Nez de Ludwig

"Il y a plus d’une mine secrète au Montfort. Et dans la plupart, les mineurs ne cherchent pas des choses aussi courantes que l’or." - Rumeur répandue dans les tavernes de Parravon, Gisoreux et Montfort

LES SOUVERAINS DU DUCHE DE MONTFORT

Le duc Folcard de Montfort [CdG p78 et LA Bretonnie V6 p15]

"Gilles l’Unificateur et ses compagnons ont peut-être combattu ici à cheval, mais nous ne pouvons pas rivaliser avec leurs exploits. Nous devons combattre avec nos moyens, contre les mêmes ennemis, avec le même courage."

Le duc Folcard est une sorte d’anomalie parmi les ducs de Bretonnie. C’est un redoutable guerrier, mais il ne combat presque jamais à cheval. Les montagnes qui recouvrent son duché handicapent gravement les combattants montés, et le duc ne peut se permettre aucun frein dans sa lutte contre les peaux-vertes dont ses terres sont infestées.

Le duc Folcard est peut-être le noble bretonnien le plus aimé de ses sujets. Il semble sincèrement se soucier des villages de paysans et tente de les secourir quand ils subissent une attaque de gobelinoïdes. Il a mis sur pied un réseau de fanaux pour communiquer dans les montagnes, ce qui permet aux troupes de secours d’arriver à temps dans la plupart des cas, et il intervient en personne s’il le peut. Une fois un village libéré, il tient une cour improvisée sur place pour entendre les doléances concernant les injustices et rétablir le bon droit.

Le duc est un homme de haute taille, aux cheveux sombres coupés très courts, et au regard féroce et intense. Bien des jeunes paysannes rêvent de leur duc, comme la plupart des nobles dames.

Bien qu'un château ait préexisté à cet endroit depuis des centaines d'années, ce fut le duc Martrud, Compagnon de Gilles qui fit relever les murs [du château de Montfort] tel qu'ils sont aujourd’hui. C'est ce évènement qu'évoque les armes de sa famille.

Blasons de vassaux [LA Bretonnie V6 p15]

 
LOCALITES DU DUCHE DE MONTFORT

Montfort [CdG p79]

Le château et la ville de Montfort sont situés à l’extrémité bretonnienne du défilé de la Hache, importante ligne de défense contre une invasion potentielle de peaux-vertes ou des habitants de l’Empire. Le château est le bâtiment fortifié bâti de main d’homme le plus impressionnant de tout le Vieux Monde. Le corps principal du bâtiment est situé sur le flanc nord du col, où les murs s’élèvent à plus de vingt mètres au-dessus des roches, disposés sur cinq niveaux dont chacun peut être défendu individuellement. Les trois étages inférieurs sont adossés à la paroi d’une falaise, mais les deux étages supérieurs et le donjon sont bâtis sur un sommet plus étroit et font donc tout le tour du pic. On trouve un puits dans le donjon, et la légende prétend qu’il descend à plus trois cents mètres de profondeur. L’eau vient certainement des profondeurs de la terre.

Des doubles murs s’étendent à partir de l’étage inférieur du château, barrant le col tout entier. Ils sont arrimés par un petit château à l’autre bout et par un vaste poste de garde au centre. C’est la seule façon d’entrer ou de sortir du col, et l’endroit où on acquitte le péage.

Par conséquent, la ville de Montfort est divisée en deux. La ville située à l’intérieur du col achète le fer des caravanes venues des mines et fabrique des articles utiles à l’aide de celui-ci avant de les expédier, car les droits de douane imposés à cet endroit sont inférieurs. La partie de la ville située hors du col fournit des services aux marchands et c’est un endroit plus agréable pour séjourner. Les artisans de la ville intérieure sont les meilleurs de toute la Bretonnie, et on tient en haute estime leurs armes et leurs armures. Les auberges de la ville extérieure sont réputées offrir absolument tous les types d’hébergement imaginables, du moment qu’on arrive à trouver la bonne. Les deux villes communiquent peu l’une avec l’autre, car même les habitants doivent payer pour passer l’entrée. On dit qu’il est plus probable pour un habitant de la ville intérieure d’avoir visité Altdorf que d’avoir vu la ville extérieure. C’est peut-être vrai, car la ville intérieure abrite l’une des plus grandes communautés d’expatriés de l’Empire de toute la Bretonnie, ainsi que le plus grand temple de Sigmar en terre bretonnienne.

Tharravil [CdG p79]

Tharravil est un village de montagne situé sur une des plus riches mines d’or du monde. Le toit des maisons des paysans est fait d’or et les ustensiles de leurs domestiques sont du même métal. Le village lui-même est bâti au flanc d’une montagne d’un blanc éclatant et un cours d’eau coule en son centre pour s’y diviser en une série de pittoresques chutes. De nombreuses saillies sont recouvertes d’un sol très fertile, ce qui fait que les villageois ont rarement besoin de faire du commerce, et quand ils envoient une caravane d’or, ils le font dans le plus grand secret et la remettent directement au duc.

Du moins, c’est ce qu’on raconte. La plupart des gens ne croient pas à l’existence de Tharravil, mais quelques pisteurs et explorateurs jurent qu’ils y sont allés. L’un d’entre eux avait même ce qui ressemblait à une tuile en or massif, mais il fut retrouvé mort quelques jours plus tard. La tuile avait disparu.

Le fort de Garban [CdG p79]

Le fort de Garban est un terrier d’orques et le duc de Montfort donnerait cher pour savoir où il se trouve exactement. Les orques et les gobelins l’ont mentionné sous la torture, et les récents raids semblent avoir été mieux planifiés. Le fort se trouve probablement près du centre du Montfort, et il est possible qu’il soit dirigé par un seigneur de guerre orque. En dehors de cela, le duc ne sait rien et a offert une forte récompense à qui pourrait lui fournir des informations fiables.

Ce pourrait être la bande de Gobrot Pusfoot connue pour hanter les Montagnes Grises (Cf Le Chateau de Drachenfels p94), les maraudeurs de Morglum (WD110 p51 et Chart of Darkness p51) ou encore Les briseurs d'os (MsR p29).