Structure Politique de L’Empire
[La Campagne Impériale]
L’Empereur et Ses Conseillers
En théorie, l’Empereur Karl-Frantz 1er dispose
d’un contrôle absolu sur tous les aspects de la société impériale. En pratique,
son pouvoir est limité par toute une gamme de privilèges spéciaux accordés à
différentes charges par les édits de ses prédécesseurs. En fait la couronne
n’est maintenue en place que par la conscience nationale qu’il s’agit là d’une
nécessité historique. En effet, chaque fois qu’il a manqué à L’Empire une
figurine nationale autour de laquelle tous pouvaient se rassembler, la nation a
failli être balayée par les incursions du Chaos (voir l’historique précédent).
Lorsqu’il s’est assis sous le dais du trône impérial, Karl-Frantz 1er
a fait le serment de « en tous temps gouverner et maintenir la majesté de
L’Empire ». Il s’avère que ce n’est pas une tâche facile.
Le Conseil d’Etat
En gros, l’Empereur a le pouvoir de prélever des impôts, de
lever des armées et de signer des édits. Pour l’aider dans le traitement des
affaires courantes, et pour le conseiller en matière financière, militaire et
autre, il fait appel à un Conseil d’Etat. Les membres de ce Conseil, qui
comprend toujours le Grand Théogone du Culte de Sigmar, sont choisis parmi les
familles des plus anciens lignages. Ils n’ont aucune autorité
constitutionnelle, mais ils n’en détiennent pas moins de grands pouvoirs. En
effet, les Conseillers contrôlent l’audience de l’Empereur et peuvent exercer
sur lui une influence considérable. Le Grand Théogone, qui est sans doute le
personnage le plus puissant de l’Empire, se trouve généralement à l’origine des
recommandations les plus véhémentes du Conseil.
L’Empereur Mattheus II, le grand-père de Karl-Frantz 1er,
croyait fermement en la valeur des principes démocratiques. Il tenta de mettre
au point une Constitution impériale basée sur le Conseil. Cette démarche
éveilla la suspicion des Electeurs Provinciaux et l’idée fut doucement
abandonnée. Quoi qu’il en soit, il faut un Empereur très ferme pour s’opposer
aux recommandations d’un Conseil uni.
Les Plénipotentiaires Impériaux
Occasionnellement, l’Empereur nomme des représentants
spéciaux dans les Provinces et parfois même dans les villes. Ce sont les
Plénipotentiaires Impériaux. Ces nominations servent deux intérêts. Il peut
s’agit de sujets loyaux à l’Empereur et qui veillent sur ses intérêts ou encore
de personnes par trop ambitieuses que l’on envoie dans des endroits plus calmes
pour les mettre dans l’impossibilité de nuire. Mais, quelle que soit la raison
de leur nomination, les Plénipotentiaires Impériaux sont le plus souvent
considérés comme des favoris de cour et rares sont ceux à qui ils inspirent du
respect.
Les Electeurs
Le véritable pouvoir réside entre les mains des 14 Electeurs
Provinciaux (dont l’Empereur fait partie, histoire de compliquer les choses).
Ils sont chargés de choisir un successeur à l’actuel Empereur. Les
nécessités de la politique veulent qu’ils choisissent quelqu’un qui n’exercera
pas totalement son pouvoir; c'est-à-dire que, normalement, le choix se porte
sur le moins accompli d’entre eux. Ce principe est dicté par la volonté commune
de ne pas risquer de mettre en péril les divers privilèges que chacun a acquis.
En pratique, cela signifie que l’excentrique famille Holswig-Schliestein peut
compter conserver la charge pendant un certain temps. Son manque d’ambition est
une garantie acceptable aux yeux des Electeurs.
Car le pouvoir d’électeur n’a qu’une importance secondaire
parmi les fonctions de leurs véritables positions. Tous sont soit des
souverains de provinces importantes, soit de très hauts dignitaires des Cultes
de Sigmar ou d’Ulric.
L’histoire a montré qu’il y avait beaucoup de rivalités
entre les Provinces et de nombreuses disputes entre les deux cultes. En ce qui
concerne les deux religions, on peut considérer que le culte de Sigmar est
parvenu à faire pencher la balance en sa faveur car le Grand Théogone a obtenu
que deux de ses « lieutenants » soient admis au sein des Electeurs,
alors que le culte d’Ulric n’est représenté que par son Grand Prêtre.
Bien que les Electeurs soient en compétition la plupart du
temps, leur position les force à s’unir contre l’Empereur, les villes
indépendantes et les Guildes (nous détailleront ces deux dernières plus loin).
Le pouvoir des Electeurs leur vient des Provinces et des Cités Souveraines et leur titre est donc héréditaire, mais rien
ne définit précisément la manière dont leur héritier doit être désigné.
En théorie, l’Empereur dispose d’un droit de veto sur ce
choix mais, en pratique, il lui serait très difficile de l’exercer. En effet,
sans une véritable majorité pour l’appuyer parmi les Electeurs, l’Empereur n’a
aucune chance de faire valoir son droit de veto. Le dernier à avoir tenter de
le faire fut l’Empereur Léopold et, à cette occasion, la menace d’une guerre
civile a été si pressante qu’il a été contraint de renoncer.
Voici la liste des quinze Electeurs actuels avec leurs
titres et le siège de leur pouvoir.
1. Empereur Karl-Frantz 1er, Grand Prince du
Reikland – Altdorf – 35 ans – Héritier désigné : Prince Wolfgang
Holswig-Abenauer, fils aîné de sa sœur.
2. Grand Théogone Yorri XV du culte de Sigmar – Altdorf.
3. Archi-lector Aglim du culte de Sigmar – Talabheim.
4. Archi-lector Kaslain du culte de Sigmar – Nuln.
5. Grand Prêtre Ar-Ulric du culte de Ulric – Middenheim.
6. Grand Prince Hals von Tasseninck d’Ostland – Wolfenburg –
62 ans – Héritier désigné : son fils unique le Prince Hergard.
7. Grand Duc Leopold von Bildhofen du Middenland – Carroburg
– 46 ans – Héritier désigné : son frère cadet le Baron Siegfried.
8. Grand Duc Gustav von Krieglitz de Talabecland – Hertz
Schloß (juste en dehors de la ville de
Hertzig) – 22 ans – Pas d’héritier désigné.
9. Grande Baronne
Etelka Toppenheimer de Sudenland – Pfeildorf – 51 ans – Héritier désigné :
son fils adoptif, le Baron Olaf Sektliebe.
10. Graf Alberich
Haupt-Anderssen de Stirland – Wurtbad – 15 ans – Pas d’héritier désigné.
11. Grande Comtesse Ludmilla von Alptraum d’Averland –
Averheim – 77 ans – Héritier désigné : sa sœur ainée, la Baronne Marlene.
12. Graf Boris Todbringer de Middenheim – Middenpalaz à
Middenheim – 57 ans – Héritier désigné : son fils cadet, le Baron Stefan.
13. Duchesse Elise Krieklitz-Untermensh de Talabheim –
Talabheim – 31 ans – Pas d’héritier désigné.
14. Comtesse Emmanuelle von Liebewitz de Nuln – Nuln – 27
ans – Pas d’héritier désigné.
15. Ancien Hisme Cœurvaillant de Mootland – Electeur
Halfeling.
Le Prime Etat
Lorsque Boris l’Incompétent tenta de conférer le titre de
Duc à son cheval de course favori, les Electeurs unanimes décidèrent qu’il leur
fallait laisser « traîner » des yeux et des oreilles dans la capitale
pour prévenir d’autres démences de ce genre de la part de l’Empereur. Ils
déléguèrent donc chacun un représentant afin de former un corps de vigilance
qui allait prendre le nom de Prime Etat. Cette institution occupe un splendide
bâtiment de la capitale, ostensiblement ouvert à toute personne de noblesse
reconnue, bien que les « laquais » de l’Empereur en soient très
soigneusement tenus à l’écart. Dans les faits, le Prime Etat est maintenant
devenu une sorte de Cour Suprême. Tous les Edits Impériaux y sont soigneusement
examinés (« dans l’intérêt de l’état ») et des rapports sont
immédiatement adressés aux Electeurs. Ces derniers étant effectivement en droit
de refuser tout édit qui ne leur convient pas, le Prime Etat dispose d’un droit
de veto quasi-complet sur ce que l’Empereur est logiquement à même de décider.
Compte tenu de la présence de ce Prime Etat capable
d’entraver l’application de ses édits, l’Empereur est encore plus frustré. Bien
entendu ; on admet que le Prime Etat a effectivement servi son but de
façon très louable à plusieurs reprises, étant donné que Karl-Frantz 1er
– comme tous les Empereurs – est parfois disposé à commettre quelques projets
insensés avec la même facilité que d’autres qui s’avèrent très acceptables.
Parmi les édits les plus controversés, on peut noter la fameuse Proclamation de
la Licence des Halfelings aux termes de laquelle nul ne pouvait engager un
cuisinier Halfeling sans avoir obtenu une autorisation. Si l’on considère que
99% de la noblesse emploie des cuisiniers Halfelings et que cette Proclamation
a déchaîné un concert de protestations dans le Mootland, on comprend que cet
Edit n’a pas été très loin. Dans ce même chapitre, on pourrait classer
l’imposition de la Taxe de l’Ancre, édictée par l’Impératrice Margaritha. Tout
bateau s’arrêtant dans un port fluvial
de l’Empire était sujet à une taxe de 15 Couronnes par ancre. Le Prime Etat
accepta cette imposition pendant trois mois, puis cessa de l’appuyer lorsqu’on
s’aperçut que les capitaines de navires préféraient se débarrasser de leurs
ancres plutôt que de payer et qu’il devenait très dangereux d’entrer dans les
ports encombrés de bateaux dérivant près
des quais.
Les Provinces
A la lumière de ce qui précède, on aura compris que les
Cités Souveraines de Middenheim, de Talabheim et de Nuln agissent strictement
de la même façon que les autres Provinces Electorales. La seule véritable
différence réside dans la concentration de leur population qui est beaucoup
plus élevée.
Les autres provinces qui composent l’Empire sont toutes
rattachées à l’une ou l’autre des Provinces Electorales. Ce sont :
-
Le Comté de Wissenland (attaché à la Cité Souveraine de
Nuln),
-
Le Comté de Sylvania (attaché au Grand Comté de
Stirland),
-
La Ligue d’Ostermark (attachée au Grand Duché de
Talabecland),
-
La Baronnie de Hochland (attachée à la Cité Souveraine
de Talabheim),
-
La Baronnie de Nordland (attachée à la Cité Souveraine
de Middenheim).
Cela signifie que les souverains de ces régions doivent
répondre de leurs actes tout d’abord devant l’Electeur dont ils dépendent, et
ensuite devant l’Empereur. En d’autres termes, si Karl-Frantz veut se plaindre
du Chancelier Dach d’Ostermark, il devra, au préalable, soulever la question
avec le Grand Duc Gustav de Talabecland. Les provinces non-électorales sont
couvertes par les mêmes immunités et exemptions que leur province-mère et ce,
quel que soit leur statut.
Les provinces les plus grandes sont divisées en divers
comtés, baronnies ou ligues dont les gouverneurs administratifs sont désignés
par le Suzerain de la province. Ces gouverneurs régionaux, à leur tour,
désignent les gouverneurs des villes. Cette pratique, toutefois, n’est pas
universellement répandue; certaines villes, en effet, élisent elles-mêmes leurs
conseils municipaux.
D’importantes rivalités existent toujours entre les
Provinces Electorales. Seuls les Seigneurs d’Averland et de Sudenland peuvent
honnêtement déclarer n’avoir aucune prétention sur la Couronne Impériale, ni
sur l’extension de leurs frontières. Toutefois, et c’est heureux pour l’unité
de l’Empire, les ambitions sont généralement bien maîtrisées – le souvenir des
années de guerres civiles est très présent dans les esprits – et les
machinations politiques se font de façon très prudente.
Les seigneurs provinciaux ont largement la possibilité
d’exercer leur autorité dans les limites de leurs fiefs. Certains sont plus
indépendants que d’autres; cette situation est due à l’accumulation de
privilèges obtenus des différents Souverains Impériaux. Ainsi, par exemple, les
Cités de Talabheim et Middenheim ne versent pas d’impôts aux coffres impériaux
et elles ne sont tenues de fournir des troupes à L’Empire que lorsque toutes
les autres provinces ont épuisé leurs possibilités. A l’inverse, le Comté de
Wissenland est à peine plus qu’une subdivision administrative de la Cité
Souveraine de Nuln.
Le style de gouvernement également varie d’une province à
l’autre. Le Talabecland, par exemple, est fermement autocratique, alors que le
Sudenland dispose de nombreuses institutions démocratiques. En général, cela
n’a que très peu d’influences sur la vie du citoyen de L’Empire, les riches
restent toujours largement privilégiés pendant que les pauvres font tout le
travail.
Les Villes
Pour la grande majorité des habitants de L’Empire, c’est par
la plus proche ville que le gouvernement se manifeste dans la vie quotidienne.
C’est là que les impôts sont collectés, que siègent les tribunaux, que le
service militaire est accompli et que les marchandises sont vendues. La
structure gouvernementale varie de ville en ville. Dans certaines d’entre
elles, le gouverneur désigné par le seigneur de la province exerce une autorité
autocratique, ailleurs c’est un conseil élu qui dirige; dans d’autres, il y a
des Plénipotentiaires Impériaux et d’autres encore semblent se débrouiller sans
structure administrative évidente.
Normalement, les villes tiennent leur charte de l’Empereur –
Kemperbad, dans le Reikland, en est le plus bel exemple – ou appartiennent à la
structure politique de leur province. Certaines grandes villes, toutefois,
peuvent disposer de privilèges et d’exemptions qui défient la Couronne ou toute
autorité provinciale. De telles villes indépendantes peuvent être comme des
échardes plantées dans la chair de l’autorité régionale qui ne peut leur
prélever de taxe ni lever des troupes parmi leurs habitants. On a vu de telles
villes devenir assez puissantes pour partir en guerre contre leur souverain
régional; toutes disposent d’une troupe nombreuse, rassemblée autour de ses
gardes. Aucun seigneur régional ne peut être satisfait de la présence d’une
ville indépendante disposant de ses richesses et de son statut propre; c’est
pourquoi l’on a vu souvent les seigneurs régionaux saisir la moindre occasion
d’intervenir. Lorsque, à la suite d’une récolte désastreuse, Streissen subit de
violentes émeutes populaires (l’année où Karl-Frantz 1er arriva au
pouvoir), la Grande Comtesse Ludmilla d’Averland fit entendre clairement
qu’elle n’enverrait ses troupes en renfort qu’après que le conseil de la ville
aurait déposé tous ses privilèges et son autorité entre ses mains. Le massacre
qui accompagna cette prise de pouvoir fut l’un des plus infâme que l’histoire
récente ait connu.
L’autorité de la ville (quelle que soit sa structure) ne
s’arrête pas aux limites de ses murs. Dans un rayon de 15 à 30 km, toutes les
fermes dépendent de la ville pour leur protection et, en retour, elles sont
sujettes à ses lois et à ses impositions. Cela dit, l’autorité supérieure
interfère souvent dans cet état de chose.
Les Guildes
Dans la société impériale, le quatrième pouvoir est aux
mains des Guildes. Dans chaque ville, les Guildes figurent parmi les
institutions les plus importantes. Normalement, elles ont le monopole du marché
du travail dans le secteur qui les concerne et l’adhésion à une Guilde
appropriée est une condition impérative que doit remplir quiconque souhaite
s’installer pour exercer son activité dans la ville.
En retour, le membre ordinaire
d’une Guilde y gagne la
possibilité de faire entendre sa voix par le conseil de la
ville. Lorsqu’un
travail important doit être entrepris, que ce soit sur
requête de la ville, ou
sur celle d’une autre Guilde, la méthode couramment
pratiquée consiste à en
référer à la guilde concernée plutôt
qu’à un artisan indépendant. C’est elle
qui décide du tarif à appliquer et répartit le
travail entre ses membres sur la
base de contrats de sous-traitance.
La Variété des Guildes
Il existe des Guildes pour à peu près toutes les carrières
existantes; des Alchimistes aux Artisans; des Marchands aux Matelots et, bien
entendu, pour les Voleurs et les Avoués.
Les Guildes des métiers de l’artisanat (tels que les
Menuisiers, Forgerons, Maçons, Joailliers ou Tailleurs) contrôlent également la
qualité du travail. Tout apprenti est soumis à un examen conduit par un membre
de la Guilde avant de recevoir le statut d’ouvrier ou de pouvoir ouvrir un
atelier. Elles vont jusqu’à exiger qu’une personne déclarant avoir suivi un
apprentissage quelque part présente des certificats et des lettres de recommandation
de la Guilde dans laquelle elle a servi.
Les guildes de travailleurs (Manouvriers, Charretiers et
autres) n’exigent pas les mêmes références car les standards de qualité
revêtent une importance moins grande dans leurs domaines. Elles gardent toutefois
un ferme contrôle sur les activités de leurs membres et veillent jalousement
sur leur monopole du travail.
Les Guildes de Marchands fonctionnent de façon assez
similaire à celle des Artisans, supervisant l’apprentissage, etc. Mais leurs
membres sont libres d’exercer comme bon leur semble. La majorité des opérations
commerciales sont centrées sur des familles et, en dehors de ces familles, les
nouveaux membres ne sont guère encouragés. A l’occasion, la Guilde peut
intervenir quand un différent entre deux ou plusieurs de ses membres menace la
réputation de toute la profession mais, en règle générale, elle se contente de
laisser ses membres conduire leurs affaires à leur guise.
Tous les membres des Guildes payent des cotisations
annuelles qui aident à assurer l’entretien des locaux de leur Guilde. En
matière de locaux, il peut s’agit aussi bien d’une luxueuse maison urbaine que
d’une cachette soigneusement dissimulée ou une simple pièce derrière l’atelier
d’un artisan.
De plus, les apprentis doivent régler une certaine somme
lorsqu’ils veulent se présenter devant un officiel de la Guilde afin d’être
autorisés à exercer dans la ville. Dans certaines Guildes, les membres sont
parfois tenus de fournir une journée de travail non rémunérée par an au bénéfice
de l’institution.
Ceux qui se montrent assez fous pour exercer leur métier
dans une ville sans l’accord de la Guilde concernée peuvent s’attendre à toutes
sortes d’ennuis. Cela commence par un simple avertissement verbal qui est suivi
de menaces de violences physiques, lesquelles sont rapidement mises à exécution
si le récalcitrant persiste dans son erreur.
Structures des Guildes
La structure interne de chaque Guilde varie énormément dans
L’Empire; toutefois, dans le Reikland, la plupart d’entre elles suivent un même
schéma, avec très peu de variations. Un Conseil de Guilde comprenant une
douzaine des membres les plus anciens élit un Maître de la Guilde. Celui-ci
préside les Conseils ordinaires qui prennent toutes les décisions d’ordre
général, depuis le montant des « cotisations » annuelles,
jusqu’au jugement de ceux qui transgressent les règlements. Les places vacantes
au Conseil sont relativement rares.
Cela se produit le plus souvent lorsque l’un des membres
vient à décéder. Le remplaçant est généralement choisi selon les volontés du
reste des membres du Conseil qui se réunissent pour l’occasion. Toutefois,
certaines Guildes ont un nombre de membres trop faible pour justifier une
organisation aussi formelle et, dans de tels cas, il n’est pas rare que ce soit
la Guilde de la ville la plus proche qui étende son contrôle jusque sur les
villages voisins.
Le pouvoir des Guildes est subtil mais néanmoins efficace.
En tant que représentantes de ceux qui possèdent la compétence de travail – et
la richesse monétaire – elles se sont appliquées à altérer les volontés de
l’Empereur, des souverains provinciaux et des autorités municipales en de
nombreuses occasions.
On sait qu’elles ont parfois été à l’origine d’émeutes, de
révoltes et de grèves et ce sont là les manifestations les plus évidentes de
leur force. On reconnaît généralement qu’il existe une lutte d’influence pour
le pouvoir suprême entre les intérêts des propriétaires terriens – représentés
par la noblesse et, dans une certaine mesure, par la Couronne –, les
oligarchies urbaines qui régissent les villes et les Guildes. C’est d’autant
plus vrai que ces dernières ont été exclues des charges et des privilèges que
les deux autres ont reçus.
Impôts et Taxes
Les impôts peuvent être levés à différents niveaux.
L’Empereur lève des impôts pour entretenir sa cour et financer ses armées; les
souverains provinciaux le font pour leur cour et leurs armées, mais aussi pour
l’entretien et la création de routes, de canaux, etc. Les conseils municipaux
prélèvent des taxes pour financer les Gardes, les Patrouilles Rurales ainsi que
les murs de leurs villes, les bâtiments et services municipaux, etc.
Il n’est pas surprenant de constater que la liste des choses
qui peuvent être taxées est quasiment infinie. Les citoyens de L’Empire
acquittent une taxe indifférenciée de une Couronne d’Or par personne; les
péages sont taxés pour l’utilisation des routes, ponts et canaux; l’entrée et
la sortie des villes donnent droit à la perception d’une taxe pour tous les
non-habitants. Il en va de même pour les ventes de marchandises que réalisent
les marchands, etc.
Comme il est de notoriété publique que seules les classes
laborieuses sans propriétés et n’appartenant pas à des Guildes acquittent
effectivement toutes les taxes, on comprend que la charge qui pèse sur les
pauvres est incroyablement lourde. Les nobles ne payent pratiquement aucune
taxe et les exemptions libèrent nombre de villes et de Guildes d’impôts
spécifiques. C’est en grande partie pour cette raison que l’Empereur es forcé de
créer de nouvelles taxes aussi fréquemment.
En fait, il existe tant de provinces, de cités, d’individus
et de charges qui bénéficient d’une exemption de paiement de taxes et de
l’obligation de fournir des troupes à l’Empire qu’il s’est produit de longues
périodes pendant lesquelles la défense du royaume n’était plus assurée.
Karl-Frantz, comme nombre de ses prédécesseurs, a été forcé d’ordonner à ses
agents du trésor de concevoir de nouvelles taxes (sur l’imprimerie, la poudre,
la prostitution, les paris dans les arènes, etc.). Cela fait, il a dû concéder
diverses exemptions à des groupes d’intérêts qui se sont unis pour le défier.
De nouvelles taxes sont créées tous les mois et il existe une
« corporation » d’escrocs qui voyagent de ci de là afin de prélever,
pour leur compte, des taxes que l’Empereur n’a pas encore songé à créer.
La Loi dans L’Empire
Les différents corps de représentant de la loi (Patrouilles
Rurales, Gardes des villes et des cités, etc.) ont largement de quoi se tenir
occupés et s’en remettent souvent au principe qui veut qu’un suspect soit
présumé coupable jusqu’à ce que son innocence ait été prouvé (les Profils de
quelques-uns de ces personnages figurent sur la Feuille de PNJ standard). Les
aventuriers devront se montrer prudent face à un représentant de la loi. Même
s’ils sont innocents, un comportement arrogant ou condescendant est le plus sûr
moyen de se faire arrêter.
Les personnages coupables devront se montrer encore plus
précautionneux. Si le délit est de nature bénigne, la corruption peut être une
solution – spécialement si elle est présentée comme le paiement immédiat d’une
« amende » –, mais si cette offre est refusée les choses peuvent
aller encore plus mal. Les délits plus graves (vol, effraction, etc.) mènent souvent
– mais pas toujours – devant le plus proche magistrat. Si le personnage décide
de résister à l’arrestation, il est probable que les représentants de la loi
choisiront de rendre justice sur place.
Cela se termine généralement par l’enterrement du fautif
dans une tombe anonyme. Des crimes tels que les vols de chevaux, les meurtres
et autres sont considérés avec une telle haine que l’on peut souvent s’attendre
à ce que les représentants de la loi rendent la justice sur place.
Les personnages en état d’arrestation peuvent ou non être
jugés. Cela dépend souvent de leur condition sociale et des preuves rassemblées
contre eux. A moins que les preuves ne soient véritablement irréfutables, il
est très rare que des nobles ou de riches marchands soient jugés; quelques Couronnes
bien placées suffisent souvent à faire abandonner les procédures.
Les pauvres, eux non plus, ne sont que rarement présentés à
un tribunal; soit ils croupissent en prison pendant des années, soit ils sont
envoyés dans des colonies pénitentiaires où ils cassent des cailloux ou
réparent des routes. A l’occasion, un pauvre pourra se retrouver face à un
tribunal, mais ce sera pour répondre à des accusations à la place d’un noble
coupable qui a pu, à force de pots-de-vin, convaincre la justice de trouver un
autre coupable. Il est assez courant de voir des gens de classe moyenne amenés
devant un tribunal pour répondre d’une accusation précise, se faire accabler
par toutes sortes d’accusations diverses. En effet, il est d’usage d’ajouter à
l’accusation principale autant de charges que possible afin de couvrir des
crimes jusque là insolubles.
Les personnages amenés devant un tribunal ont toutes les
chances de faire face à des procédures longues et très coûteuses. En dehors de
toutes preuves, les personnages ne disposant pas de fonds substantiels ou d’une
solide réputation publique risquent fort d’être déclarés coupables à moins
qu’il n’y ait un autre suspect, de préférence de moindre standing. Suivant la
nature du crime, le verdict sera habituellement l’exécution, ou une longue
période d’incarcération. Parfois, des innocents pauvres retrouvent la liberté
mais, le plus souvent, ils finissent par être punis pour des crimes qu’ils
n’ont pas commis.